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Avis de lecteur - L’atelier, trop souvent «mal nécessaire»?

Carl Edouin, le patron de 4X4 Edouin près de Carsix dans l’Eure (27), nous a livré ses réflexions autour des primes à la casse et de l’activité atelier. Elles nous ont paru suffisamment pertinentes et «charpentées» pour vous en faire part...

Carl et Laurent Edouin (4X4 Edouin) apres-vente-auto.com

Quand nos lecteurs nous écrivent, c’est très souvent avec le bon sens et l’expérience de ceux qui vivent le marché au quotidien. C'est le cas de Carl Edouin qui a réagi à notre article du 21 septembre dernier («Entrées-atelier: la crise est-elle en train d'arriver?»).

«(...) Vendeur à la succursale Citroën Rouen de 1964 à 1968, chef des ventes chez le concessionnaire Peugeot de Bernay (27) de 1968 à 1971, gérant d’une agence Citroën à Nassandres (27) de 1971 à 1977, et «à mon compte» depuis cette date, je crois connaître un peu l’après-vente automobile au point de m’enhardir à vous faire part de quelques réflexions.

Globalement, je vous félicite pour votre combat, mais la tâche est rude car aussi bien du côté des réseaux des constructeurs qu’ailleurs, les responsables au plus haut niveau considèrent l’atelier comme un mal nécessaire. Résultat : les salaires y sont largement inférieurs par rapport aux services commerciaux, ce qui a pour conséquence une absence quasi-totale de vocation.

Ayons le courage de le dire : nos compagnons sont dans l’atelier par défaut.

(...) Lors d’une discussion au début de la prime à la casse avec des concessionnaires, je tentais de les mettre en garde sur ses effets nocifs à retardement du fait qu’elle faisait disparaître un important gisement de véhicules «gourmands» en après-vente. «Entre quatre-yeux», ils répondirent qu’ils préféraient gagner trois sous en vendant des petites voitures neuves fortement remisées, que gérer du personnel dans l’atelier !

Je ne crains pas d’écrire que ce sentiment a été fortement encouragé par... [NDLR : nous avons retiré le nom de cette organisation professionnelle pour des raisons d’obligation légale] qui s’est révélé être plus au service des actionnaires des constructeurs qu’à celui des agents et MRA.
Le lobbying effréné qui a eu pour conséquence la tragique prime à la casse (300 millions de pertes directes pour nos finances) illustre parfaitement la perméabilité de nos dirigeants politiques à des arguments fallacieux.

J’en profite pour poser la question : qui s’est trompé dans les prévisions selon lesquelles le malus sur les grosses voitures devait équilibrer le bonus sur les petites ?

En plus des 300 millions évoqués plus haut, les conséquences [des primes à la casse] sur le chômage se révèlent beaucoup plus graves et durables. D’une part, du fait que les petites voitures proviennent en quasi-totalité de pays «inavouables» avec l’impact que l’on subit maintenant sur :
•  l’emploi chez les équipementiers de 1er, 2ème et 3ème niveau ;
•  les entrées-atelier comme développé
[par] votre magazine de novembre ;
•  et d’autre part, problème non moins grave, sur la disparition, pour les budgets modestes, de véhicules pouvant encore rendre de grands services (...).

Carl Edouin
www.4x4edouin.com

N.D.LR.: dans son courrier, Carl Edouin faisait aussi quelques remarques acides sur le contenu d’un message publicitaire de l’un de nos annonceurs. Qu’il nous pardonne de ne pas publier ces commentaires-là : d’une part, parce que nous voulons assumer pleinement notre rôle de «modérateur» en évitant les attaques directes quand elles ne sont pas nécessaires ; d’autre part, parce que l’annonceur en question n’a guère le choix sur le contenu de la publicité décidée par le siège de sa société.

Mais que Carl Edouin soit rassuré : l’intégralité de sa prose sur ce sujet a été transmise à l’entreprise en question pour qu’elle puisse en prendre pleinement connaissance...

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