Pièces de carrosserie: SRA jette un pavé dans la mare des prix
Jeudi, 26 Janvier 2012 14:45
Voilà des chiffres venant de l’indiscutable SRA qui vont sûrement alimenter le débat sur le monopole des pièces captives: en 6 ans, son «panier de pièces» liées à la réparation-collision a augmenté de 30,5% pendant que l’inflation affichait «seulement» ±10%.
(*) Moyenne différente, car calculée sur les 150 modèles du panel SRA total, alors que
les marques citées dans ce tableau ne représentent que 93 de ces modèles.
Sources: SRA, France-inflation.com et INSEE
SRA est une association qui regroupe toutes les assurances et mutuelles de France pour qui elle réalise des études techniques et statistiques. Et elle vient d’étudier l’évolution des prix, entre 2006 et 2011, de son panier de pièces (pièces captives + pièces concurrencées liées à la réparation-collision) qui lui sert à mesurer l’évolution des coûts de la réparation-collision.
3 fois plus vite que l’inflation!
Résultat de l’analyse : en moyenne, ce panier a augmenté de 30,5% en 6 ans, soit de + 4,5% par an. Et comme pendant ce temps-là , l’inflation progressait, elle, en moyenne de 1,7% par an et de ± 10% en 6 ans, SRA constate logiquement que le prix des pièces liées à la réparation-collision a augmenté plus de 3 fois plus vite !
Comme le montre notre tableau ci-dessus, certains constructeurs sont plus gourmands que d’autres. A commencer par Citroën et Peugeot, qui trônent en haut du hit-parade avec respectivement + 37,2% et + 30,6% en 6 ans. Mais surprise : Renault est loin derrière avec «seulement» +21%, à peine plus du double de l’inflation!
Etonnantes variations...
En outre, le tableau SRA détaillé par constructeur et par modèle permet d’identifier facilement les grosses augmentations sur les principales variations, indiquées en rouge (Pour télécharger ce tableau, cliquez ici). En 6 ans, la palme revient ainsi aux + 24,68% du panier des pièces de la Peugeot 206 XR 1.4 5 portes (2006). Et quand on regarde ces variations de prix dans le détail, on est frappé par de grandes incohérences de modèles et d’époque dans les décisions d’évolutions de prix. Soit ces divers constructeurs ne sont pas soumis aux mêmes moments aux mêmes augmentations de prix de leurs fournisseurs (???), soit le mystère de ces évolutions de prix trouve sa source ailleurs que dans les coûts de matières premières (pourtant généralement mondiaux).
En tout cas, ces décisions ne peuvent résulter de la recherche d'un positionnement concurrentiel voulu avantageux puisque, justement, ces pièces ne sont pas, pour la plupart, concurrencées. On n’oserait tout de même pas penser que le prix des pièces captives ne varie en fait qu’en fonction des exigences de rentabilité du moment...
100 € de pièces captives génèrent 22 € de pièces concurrencées
A ce propos, l’analyse de SRA est un peu frustrante car elle ne détaille pas les évolutions des pièces captives. Mais c’est déjà une indication intéressante des coups de curseur excessifs que les constructeurs ont donné ces dernières années non seulement aux prix des pièces captives, mais aussi, quand ils le peuvent, aux pièces concurrencées touchées par les chocs. Car il ne faut pas oublier ce que nous expliquait Philippe Peigney, directeur qualité et services France de Renault, sur Equip Auto : «Un chiffre d’affaires de 100 € en carrosserie génère en moyenne 22 € de pièces mécaniques».
Il faudrait peut-être regarder comment se comporte le prix de ces pièces concurrencées impliquées dans les réparations d'accidents. Voilà en tout cas qui peut par exemple expliquer pourquoi Cora lançait une gamme thermique (refroidissement et clim') sur Equip Auto. Ces pièces, généralement abimées par les chocs avant, ont aussi besoin de concurrence pour voir leurs prix baisser...














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