Pneus usagés: Aliapur dit «stop»!
Dans le cadre de la présentation d’une analyse du cycle de vie des pneus usagés, Eric Fabiew, le directeur général d’Aliapur, est revenu sur les menaces pesant sur la filière de collecte des pneumatiques, menaces déjà évoquées ici par Gérard Polo, président de la FNAA…


Depuis sa création, l’organisme en charge de la valorisation des pneus usagés se base sur les tonnages de l’exercice précédent pour définir les volumes à collecter pour l’année en cours. Or, depuis sa création en 2004, Aliapur a surcollecté l’équivalent de 30000 tonnes de pneus. Coût de cette collecte excédentaire en six ans: 7 M€!
«Entre ceux (importateurs et distributeurs) qui ne jouent absolument pas le jeu, ceux qui sous-déclarent les volumes mis sur le marché, les pneus issus de l’ensilage, les pneus récupérés sur les VHU et les différents sites internet, quelque 20 à 25000 tonnes de pneus non déclarés sont ainsi annuellement mises sur le marché en France», explique Eric Fabiew. Ce qui lui fait aujourd’hui dire «stop». Pour 2010, Aliapur a modifié ses consignes aux 44 collecteurs: les ordres de collecte seront désormais trimestriellement définis (et non plus annuellement), avec un arrêt du financement de la collecte dès que les volumes sont atteints…

Des sanctions?
Le DG d’Aliapur s’est donc rendu au ministère de l’Environnement début janvier afin de trouver une solution viable à ce problème qui menace sérieusement la filière. «Notre proposition est d’introduire dans la future loi Grenelle II des sanctions pour ceux qui ne joueraient pas le jeu des déclarations. La proposition d’Aliapur porte une sanction pécuniaire de 1,5 € par kg de pneu importé non déclaré», annonce Eric fabiew. Soit une sanction «suffisamment importante pour que le distributeur abandonne ces pratiques (cette sanction correspond aux 2/3 de la marge brute), mais pas trop élevée pour qu’elle ne s’avère pas non plus 'mortelle' pour les sociétés», précise le DG.
«Aliapur est une société de services, poursuit Eric Fabiew. A ce titre, elle n’a pas vocation à faire la police. Aussi, les contrôles vérifiant que les volumes mis sur le marché correspondent aux volumes déclarés, devraient être effectués par les services des douanes français.»

Internet: qui doit payer?
Estimés à 5 à 6000 tonnes par an, les volumes de pneus achetés sur la toile posent un réel problème. «Le décret étant français et non européen, il est impossible d’imposer à une société étrangère de payer une quelconque taxe permettant le financement de la filière», déplore Eric Fabiew.
Selon lui une des solutions envisagée par le DG d’Aliapur serait de faire payer les garagistes montant ces pneus…
Diverses réunions doivent avoir lieu avec les acteurs de la profession (CNPA, FNAA, bureau des professionnels du pneu), afin de les persuader d’aller dans ce sens...

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Valorisation : des bénéfices significatifs
Le rapport concernant l’Analyse du Cycle de Vie (AVC) des pneus usagés non réutilisables (PNUR), conduit par le service Recherche et Développement et présenté le 2 février dernier, met en lumière les gains plus que significatifs des diverses voies de valorisation des PNUR.
A travers 8 indicateurs environnementaux, les bilans démontrent que quelle que soit la voie de valorisation envisagée, et quel que soit l’impact environnemental auquel on s’intéresse, la gestion des pneus en fin de vie engendre des gains environnementaux significatifs. Ainsi par exemple, chaque tonne de PNUR valorisée en gazon synthétique correspond à une économie de 70% de la consommation énergétique annuelle d’un Français moyen; chaque tonne de PNUR valorisée dans la filière des objets moulés correspond à une économie de 70% de la consommation d’eau annuelle d’un Français moyen, etc.