A la Une Conjoncture et conjectures

Fabien Guimard – Réseau AD : « Des carnets de rendez-vous encore fournis »

L’Observatoire de Sortie de Crise AM Today a constaté un bonne dynamique sur début septembre. Nous avons donc décidé d’interroger des réseaux leaders de chaque secteur de la réparation multimarque pour en prolonger et en affiner la tendance. Début de cette série avec Fabien Guimard, directeur des réseaux de réparation automobile d’Autodistribution (AD et Autoprimo) au titre des enseignes de distribution.

Fabien Guimard, directeur des réseaux de réparation automobile d’Autodistribution, lors du Congrès AD de Malte en 2018.

«Les carnets de rendez-vous sont encore fournis», rassure d’emblée Fabien Guimard qui dirige les réseaux de réparation automobile chez Autodistribution, à savoir l’enseigne AD (mécanique comme carrosserie) et Autoprimo. Et son analyse corrobore les deux premières bonnes semaines de rentrée constatées par l’Observatoire AM today, conçu avec EBP MéCa, pour suivre au plus près l’activité pièces+main d’œuvre des ateliers des MRA.

Bon mois de septembre après un août soutenu

Pour lui, septembre va s’achever sur un bon mois pour les ateliers d’entretien-réparation mécanique, d’autant plus bienvenu qu’août, plutôt soutenu, n’a pas selon lui démérité. Il confirme ainsi l’ensemble des constats de l’Observatoire AM Today qui, semaine après semaine, a déjà quantifié l’excellente tenue du marché au cours des 4 mois et demi déjà écoulés depuis la sortie du confinement.

Si Fabien Guimard constate donc «qu’il y a encore du stock en matière de prestations sur le marché» puisque les carnets de rendez-vous continuent à se maintenir, il sait aussi que la vague de rattrapage des entrées-atelier, suspendues durant les deux mois de Covid, finira par refluer.

Faire la fourmi avant que la bise ne vienne

Il craint évidemment que la morosité économico-sanitaire ne vienne aussi finir par clore, voire détricoter cette période euphorique. Et il enjoint d’ailleurs les professionnels de la réparation à jouer autant que possible les fourmis. «Il ne faut pas qu’ils perdent de vue que ce regain d’activité, donc de trésorerie, doit rester mobilisable pour rembourser au mieux charges décalées et autres PGE». En gros, si ce qui est repris n’est plus à prendre, il ne faut pas non plus oublier tout ce qui reste à rendre.

il est moins serein en ce qui concerne l’activité du réseau Carrosserie AD. Il se félicite certes d’un mois d’août là aussi plutôt correct («La préparation des congés de septembre ?»), et surtout «d’une activité issue des apporteurs d’affaires qui vient d’atteindre, durant la première quinzaine de septembre, un niveau comparable à la bonne facture des deux premières vraies semaines de janvier dernier», souligne-t-il.

Mais même s’il se réjouit là encore de carnets de rendez-vous encore porteurs, il note toutefois qu’ils sont moins denses que ceux des confrères “mécaniques”, un ratio d’ailleurs nettement inversé par rapport à la normale.

Réparation-collision : les grosses structures sont les plus exposées

Il ne veut donc pas se réjouir trop vite. «Les mois à venir demeurent incertains, plus encore en carrosserie», tempère-t-il. En réparation-collision, les apporteurs d’affaires semblent avoir compris qu’il faut actuellement aider les carrossiers à passer la difficile période. Il y a eu la rétribution des forfaits sanitaires ou ces efforts d’anticipation d’augmentation de main d’œuvre.

Mais F. Guimard tient aussi à les alerter de ce paradoxe à la fois conjoncturel et contre-intuitif : «Les plus menacés ne sont pas nécessairement les petites carrosseries comprenant un couple de patron et un salarié ou apprenti. Leurs faibles charges fixes vont leur permettre de faire le dos rond en attendant des jours meilleurs, prévient-il. Paradoxalement, les plus ébranlées par la crise sanitaire et les plus structurellement menacées par une baisse d’activité sont les grosses structures, celles qui ont pu et qui ont su faire les investissements nécessaires, doivent les amortir en ayant en outre à maintenir de fortes masses salariales

sanctuariser la main d’œuvre

Suivez donc sa pensée : si les apporteurs d’affaires, assureurs comme flottes, veulent garder des compétences capables de traiter les volumes de véhicules récents si exigeants technologiquement et “serviciellement”, il leur faudra aussi, bon gré mal gré, rester durablement attentifs aux fragilités de ces “grosses” carrosseries comme de plus petites qui font l’effort d’assumer tous les défis de la montée en gamme.

Car elles seules sont et seront, qualitativement comme quantitativement, capables d’accompagner la vertigineuse montée en compétences technologiques qu’imposent le marché. Et cet accompagnement, il commence par la juste rétribution de la main d’œuvre

Prochain rendez-vous de notre série d’articles «conjoncture et conjectures» : Christophe Rollet (Point S) : «Excellente tenue des centres Point S depuis le déconfinement»

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