Nexus sur le Tour Auto: une vitrine pour professionnaliser la « pièce classique »

Quand on dirige un groupement international cumulant 28 milliards de chiffres d’affaires ou une carrosserie de 7 millions d’euros, on ne fait pas le Tour Auto seulement pour le plaisir de gagner sa catégorie et de monter sur le podium du général. Gaël Escribe, patron de Nexus Automotive International était copilote de Victor Fernandes, DG de la carrosserie BSR, pour tous deux aider la pièce classique à gagner son rang croissant de véritable marché…

Victor Fernandes, directeur général de la carrosserie BSR et Gaël Escribe, CEO de Nexus Automotive international, devant leur lancia Fluvia gagante au Tour Auto 2020.

Victor Fernandes, directeur général de la carrosserie BSR et Gaël Escribe, CEO de Nexus Automotive international, devant leur lancia Fulvia gagnante au Tour Auto 2020.

On pourrait hâtivement croire qu’à l’occasion du dernier Tour Auto, Gaël Escribe, le planétaire CEO de Nexus Automotive International, s’est juste assis “pour le fun” quelques jours aux côtés du carrossier-pilote Victor Fernandes (DG de la carrosserie BRS, voir encadré) dans une Lancia Fulvia aux couleurs du groupement international. Histoire de s’offrir quelques jours de détente passionnée parmi le vénérable plateau automobile de l’événement.

Mais ce serait ignorer qu’il n’y a pas de hasard ni de temps perdu possibles quand on pilote également un ensemble de près de 28 milliards d’euros fédérant 182 membres-distributeurs dans 138 pays. Pour lui qui s’inquiète régulièrement et légitimement de contredire le car bashing et l’absence d’attractivité de l’après-vente automobile, le Tour Auto aura été une révélation : «Il a cette même dimension populaire et fervente qui fait le Tour de France, explique Gaël Escribe ; des milliers de personnes nous attendaient tout au long du parcours, heureuses de voir tous ces véhicules et rassemblées par et pour l’automobile».

Copilote des équipementiers

S’il s’est donc installé à la droite du pilote-carrossier, c’était sans quitter sa casquette Nexus où, se plaît-il à rappeler, il est aussi «copilote des équipementiers». Sa volonté d’emmener sur près de 2 000 km l’image de 7 marques-partenaires dans ce voyage dans le temps -à savoir Bosch, Clas, Mecafilter, Motul, Osram, SKF et TMD avec Mintex Classic, tous forts de leurs gammes ou de leur appétence pour les pièces dites “classiques”- est d’autant plus récompensée.

Ensemble, ils ont pu ainsi toucher le cœur, l’âme et le marché de la pièce de collection. Un marché en pleine croissance (voir encadré ci-dessous) car à la fois toujours plus exigeant et rémunérateur (oldtimers) qu’en voie de démocratisation (youngtimers). Et cela, bien au-delà des seules routes françaises.

Une magie automobile intacte

Car en ces temps ou la notion de “véhicule statutaire” qui a fait la force de l’industrie auto se dilue dans le trivial et seul usage comme elle se désagrège dans les caricatures polluantes, le véhicule ancien oppose, lui, une magie aussi puissante qu’intacte. Il est donc une clé d’attractivité : «Nous devons nous appuyer sur lui pour redonner du crédit à l’automobile, pour susciter de la passion et pour attirer des talents».

Et pour rappeler donc qu’avant tout, la compétence équipementière de 1er rang fait plus que jamais, en dernières technologies comme en rajeunissement des aînées du parc, la performance et la fiabilité du patrimoine automobile passé comme en devenir. Sans oublier non plus que le véhicule ancien offre une fantastique proue incarnant la pertinence de tout l’après-vente, dont la pénurie de main d’œuvre pourrait aussi trouver une solution dans la noblesse et la finesse des gestes techniques qu’exigent “l’entretien-résurrection” de ces carrosseries et de ces mécaniques d’antan.

Une expérience pérennisée

Évidemment, rien n’interdit jamais de joindre l’agréable à l’utile. Au terme des 5 jours du Tour Auto, Le duo Gaël EscribeVictor Fernandes a remporté sa catégorie (régularité, groupe G) et s’offrait même une troisième place au classement général. L’occasion de remercier tout particulièrement l’Atelier Storico, spécialisé en véhicules anciens et crée cette année à Bordeaux, d’avoir si bien préparé leur Lancia au succès.

Un résultat qui les encourage évidemment à renouveler l’expérience. Ils préparent donc déjà la prochaine édition du Tour Auto, qui se déroulera en avril prochain, avec l’appui et l’envie renouvelés des équipementiers. On ne change ni une équipe, ni une vitrine qui gagne, surtout si les deux peuvent ainsi « œuvrer à professionnaliser le marché de la pièce classique », conclut Gaël Escribe.

 

La pièce classique : 13 milliards d’euros en Europe
Benjamin Abitbol et Alexandre Garat, co-fondateurs de Renovatio et Bakelit.eu.

Benjamin Abitbol et Alexandre Garat, co-fondateurs de Renovatio et Bakelit.eu.

+15% par an… le marché de la pièce “classique” ne cesse de croître, constate Benjamin Abitbol, CEO de Renovatio. «Avec 13 millions de véhicules classiques en Europe, le marché des pièces de rechange représente 12 milliards d’euros par an, explique-t-il. A titre d’exemple, en France, les véhicules de plus de 20 ans représentent plus de 20 % du parc, même si cette proportion tombe à 5 % pour les véhicules réellement en circulation».

Une dimension économique non négligeable qu’avec l’appui de Nexus, la startup Renovatio a su saisir en devenant, en 2 ans, le 1er groupement d’achat spécialisé dans la pièce pour “anciennes”. Les équipementiers-fournisseurs y trouvent les compétences nécessaires à la mise en avant de leurs marques sur un marché où 50 % des pièces distribuées sont encore des «marques blanches», loin des spécifications et des performances de l’origine. L’adaptable n’est plus adapté aux exigences des collectionneurs…

A cela s’ajoute Bakelit.eu, qui se revendique 1ère place de marché continentale 100% dédiée aux références classiques. Avec plus de 10 000 connexions par mois en France, Bakelit.eu, déjà vitrine des marques historiques auprès du grand public de passionnés, était logiquement partenaire de l’aventure évangélisatrice de Nexus sur le Tour Auto.

 

Carrosserie BRS : de la flotte à la course
La carrosserie BSR, bien que spécialisée dans les flottes auto, a un évident faible pour les véhicules "classiques" (cliquez pour agrandir l'image).

La carrosserie BSR, bien que spécialisée dans les flottes auto, a un évident faible pour les véhicules « classiques » (cliquez pour agrandir l’image).

Ce n’est pas parce qu’on réussit à monter et développer une carrosserie automobile employant 70 personnes qu’on ne doit pas aussi pouvoir se passionner pour la compétition automobile.

Côté carrosserie, l’entreprise animée par son président Christophe Quey et son DG Victor Fernandes est exemplaire. Elle réalise 7 M€ de chiffre d’affaires en excellant dans une double spécialité : les flottes et le B2B. BRS traite ainsi plus de 1 000 véhicules par mois, répartis sur 4 sites (Roissy, Achères, Vélizy et Blyes). Toutes les compétences y sont réunies : réparation-collision, reconditionnement VO, logistique et convoyage, capacités industrielles synonymes de maîtrise des coûtds et des délais, etc (voir photo ci-contre).

Sur le site de Roissy où Nexus et ses partenaires débriefaient leur aventure sur le Tour Auto règne une organisation tout industrielle où la formation est élevée en religion.

En la matière, le meilleur séminaire reste le travail sur les carrosseries anciennes, souligne en substance un Victor Fernandes qui regrette d’ailleurs que cette compétence aussi spécifique que formatrice soit encore mal intégrée par les cursus de formations professionnelles. «C’est pourtant sur de tels véhicules que se forgent à la fois la compétence et la passion du métier», souligne le DG qui, dans cet esprit, confie des rénovations complète à des équipes d’apprentis dans le cadre de l’activité BRS Classic Cars.

Les deux chefs d’entreprise envisagent d’ailleurs de créer, dès 2021, un atelier de carrosserie dédié aux véhicules classiques, afin de répondre aux nombreuses demandes clients mais également pour «mettre en valeur le talent de nos carrossiers et de nos peintres, et leur permettre de transmettre le savoir-faire», confirme Christophe Quey.

Prendre le temps nécessaire pour ressusciter de vénérables autos n’empêche pas d’aller vite sur les pistes et les circuits. En 2019, les deux hommes ont fondé l’écurie BRS Racing, vice-championne de France de la 308 Cup dès sa première saison !

BRS Racing engage cette année 4 voitures en Clio Cup et 308 Cup. « L’écurie est un lieu de rencontre et de partage privilégié, autour d’une passion commune, avec nos clients partout en France, souligne Victor Fernandes. Mais c’est également une magnifique vitrine du savoir-faire et du savoir-être de nos salariés, impliqués dans une aventure autant technique qu’humaine ».

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