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Nexus Automotive France: une 3ème voie pour nourrir distributeurs, ateliers… et équipementiers

Mettre les outils du premier groupement international mondial −Nexus Automotive International− au service de celui qui se revendique déjà comme 3ème groupement de distribution français, voilà l’objectif du jeune et ambitieux Nexus Automotive France (NAF). Philippe Guyot, son président, a bien voulu évoquer avec nous ce qui fait la spécificité de ce nouveau drapeau fédérateur et nous aider à en décoder les atouts…

Philippe Guyot.

Philippe Guyot.

Au sein de l’État-major de Nexus Automotive International, la naissance de Nexus Automotive France (NAF) était en réflexion depuis 2014. La décision de franchir le pas était prise lors d’Equip Auto 2019 et probablement la crise sanitaire a-t-elle juste légèrement différé son lancement.

« Nous disposions alors déjà d’une base d’adhérents solides (Ndlr : Alternative Autoparts, ID Rechange, Apprau, Aniel) et nous avions une demande des équipementiers en recherche d’une “troisième voie” permettant de sortir de la bipolarité du marché (PHE/Autodistribution et GPC/Alliance Automotive Group) », se souvient Philippe Guyot, président du nouveau groupement français de distribution indépendante.

Parce que lesdits équipementiers souhaitaient s’affranchir des conditions croissantes exigées par les deux leaders ultra-concentrés de la distribution indépendante ? Là n’était pas la question majeur pour les fournisseurs, corrige Philippe Guyot. Il s’agissait surtout d’offrir des opportunités à des équipementiers de première monte qui se sentaient potentiellement ou déjà centrifugés par les grands accords internationaux de ces deux groupes de distribution. Et ainsi, d’assurer une offre concurrentielle correspondant aux attentes multiples des réparateurs.

Le seuil mythique du milliard d’euros

Mais cela supposait aussi que Nexus Automotive France naisse suffisamment fort pour offrir d’emblée la même qualité de service que les deux groupes précités et une puissance de vente à la hauteur des espérances de ses fournisseurs.

Et c’est peut-être là qu’il faut trouver en grande partie l’explication de l’a priori surprenante présence d’Exadis en nouvel adhérent. Car au sein de NAF, ce troisième réseau de 8 plateformes vient ainsi se frotter aux 5 déjà déployées par Apprau et aux 14 disséminées dans toute la France par Alternative Autoparts. Le groupement recèle à lui seul 27 des quelque 110 plateformes régionales qui, en réseaux, criblent la carte hexagonale…

Mais dès sa naissance incluant les nouveaux venus que sont Mannes et donc Exadis, Nexus Automotive France peut ainsi déjà aligner 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. A une encablure du mythique seuil du milliard d’euros qui ouvre la porte à des accords avantageux et suscite l’intérêt des plus grands fournisseurs.

«Plus personne n’est assez fort pour rester seul»

Nul doute que NAF souhaite atteindre, voire même dépasser ce seuil. D’ores et déjà, en incluant presque de fait Feu vert, Speedy et First stop, adhérents de Nexus Automotive International, le nouveau groupement français revendique une assise de 2 milliards d’euros, expliquait Gaël Escribe, CEO de Nexus Automotive International dans le communiqué de lancement de NAF.

Ces 3 réseaux dits “retail” constituent eux aussi un potentiel de dépannage que ne peuvent ignorer les distributeurs adhérents d’ID Rechange ou d’Alternative Autoparts, ni d’ailleurs les 27 plateformes fédérées par NAF… Et d’ailleurs, « des accords de coopération sont déjà en cours de discussion », souligne le président de NAF.

Car dans ce monde des concentrations galopantes, « Il faut être réaliste, souligne Philippe Guyot : plus personne n’est assez fort pour rester seul ». A commencer d’ailleurs par les équipementiers premières monte frappés par les effets de la pandémie mondiale et dont les taux de services s’effondrent partout (voir « Comment le Covid-19 accélère le grand basculement de l’équipementier vers la distribution »). Et dans leur chasse frénétique au moindre euro, certains gros équipementiers ont même déjà cassé leurs accords internationaux historiques pour mieux les renégocier, voire y renoncer si c’est impossible…

Économies d’échelle

NAF ne compte pas attendre pour saisir les opportunités que peuvent apporter cette crise aux distributeurs de pièces. La naissance du groupement français est aussi, en ce sens, une illustration de ces temps nouveaux où concentrations mondiales ne disqualifient toutefois pas les spécificités locales.

Car n’oublions pas la filiation de NAF avec Nexus International. A ce titre, le jeune groupement français va pouvoir aller vite en important à moindre coût les structures organisationnelles et les services déjà rodés depuis 6 ans par le groupement planétaire aux presque 30 milliards de chiffres d’affaires cumulés.

« Nous pouvons ainsi déployer, rapidement et sans avoir besoin d’investir de coûteux moyens, une multitude de services tels des achats optimisés, une logistique solide évidemment, mais aussi des clés d’avenir tels que la facturation centralisée, un accompagnement digital ou tous les services de back office pour les réseaux de réparation », liste Ph. Guyot. Avant d’ajouter à cette corbeille des pépites telles Renovatio (pièces “classiques”) ou marketparts (place de marché)…

Respect des identités

Pas question pour autant d’imposer des standards “corporate” ou une discipline “verticale”. « Notre ADN est de fédérer des entrepreneurs, rappelle Ph. Guyot. Nous construisons l’avenir avec eux, en associant les réussites d’entreprises pilotées par des patrons souvent visionnaires. Nous cherchons donc à optimiser tout ce qui peut leur être commun sans nuire à ce qui fait leur spécificité ». Il rend d’ailleurs hommage au grand concentrateur qu’est LKQ Europe : « Il est vrai que le leader européen va mettre du temps à ordonner l’organisation de son puzzle d’acquisitions européennes. Mais il y parviendra parce qu’il a su conserver les équipes et qu’il avance au rythme de l’adhésion de chaque entreprise à l’objectif commun de performance »…

Nexus Automotive France n’a évidemment pas vocation à orchestrer des rachats. Juste donc de mettre en commun de multiples ressources. « Bien sûr, nous allons encourager la consolidation des volumes et promouvoir l’harmonisation des stratégies, insiste Philippe Guyot. Mais toujours dans cet esprit de gagnant-gagnant sans abimer les histoires et les projets de chacun ».

Une activité PL

Dans cette dynamique où ce qui rapproche les concurrents doit devenir chaque jour plus fort que ce qui les sépare, Nexus Automotive France a l’ambition de grandir rapidement. Pour cela, le groupement compte à la fois sur les déçus des grands ou des trop petits groupements et sur la venue de tous les distributeurs qui ont compris que l’union fera leur force. Et parallèlement, il va chasser sur les terres du poids lourd en mettant en place une activité dédiée « entre le dernier trimestre 2020 et le premier de 2021 », annonce le président.

Tous ceux qui se sentent trop petits chez des trop gros ou trop isolés dans un monde hostile savant donc maintenant qui Philippe Guyot les incite à appeler…

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