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Yakarouler : le suspens continue…

Il faudra encore attendre quelques jours, quelques semaines au plus, pour connaître le destin et le repreneur de Yakarouler, le 3ème pure-player français de la vente de pièces en ligne. Il sort certes de deux années difficiles, mais également d’une période d’investissements qui le rendent, aux dires de ses dirigeants, particulièrement performant et donc, séduisant pour qui veut cocher la case digitale ou renforcer ses positions sur ce canal de vente…

Il y a quelques mois, Yakarouler révélait avoir croisé la route des approvisionnements du puissant distributeur polonais Inter Cars (voir « Yakarouler pourrait s’appuyer sur la puissance du Polonais Inter Cars »).

L’éclaircie d’un sourcing alliant variété des gammes et références avec des prix d’achats attractifs était alors le bienvenu sur la route devenue financièrement difficile pour le site. Yakarouler avait encaissé de plein fouet une année 2019 compliquée par l’agressivité tarifaire de ses concurrents, une année 2020 ravagée par les effets pervers du confinement, le tout aggravé par la dure surprise d’un refus de PGE. Et ce, malgré 14 courriers adressés au gouvernement sans réponse ni explication de sa part. « N’est pas Air France qui veut », ironise Marjorie Lily Poprawski, la directrice générale de l’entreprise qui cumule également les fonction de marketing et des achats depuis de nécessaires réductions d’effectif.

Pendant la crise, les investissements continuent

Si le 3ème site français de la vente de pièces en ligne venait ainsi de trouver un second souffle en Pologne et, parallèlement, le soutien d’une large partie de ses fournisseurs ayant accepté d’abandonner leurs créances pour aider le site à finaliser ses projets, l’avenir restait donc incertain. D’ailleurs, quelques mois avant le 1er confinement, Yann Gyssels avait déjà mandaté la banque d’affaires Vulcain avec mission de trouver repreneur ou au moins, d’intégrer un nouvel actionnaire, de préférence industriel, pour le soutenir dans ses projets de redéploiement.

Architecte et ingénieur du site, Yann Gyssels, le P-dg et fondateur, s’était effectivement retrouvé confronté à une crise de croissance au pire moment. Dans l’univers nécessairement agile du e-commerce où arrêter d’investir devient vite mortifère, il venait en outre de sortir d’un nécessaire mais coûteux plan d’investissement de plus de 2 millions d’euros pour repenser et réécrire totalement le site « afin de le rendre particulièrement performant dans l’environnement fortement technologique des pure-players », souligne Lily Poprawski, directrice générale du 3ème pure-player français.

Atouts technologiques

Dans ce contexte de fragilité, les rumeurs les plus folles circulent à nouveau. Autant d’ailleurs sur le destin immédiat de Yakarouler que sur l’identité du possible repreneur de la société. Interrogée sur le sujet, la DG ne souhaite pas communiquer. Mais elle confirme qu’il ne faudra sûrement plus attendre longtemps, en laissant entendre que l’identité du repreneur serait connue dès le milieu du mois de février.

Convaincue par les intérêts multiples que suscite “l’opportunité Yakarouler”, elle tient en outre à relativiser la situation. Le site n’est pas le seul pure-player à rencontrer des problèmes de rentabilité, rappelle-t-elle. Sans vouloir lister ces frères digitaux d’infortune, elle concède juste que de plus gros que lui, en France comme en Europe, sont confrontés peu ou prou aux mêmes problématiques.

Et à l’écouter, les atouts d’un Yakarouler reboosté par les talents de “digital wizard” (“magicien digital”) de Y. Gyssels sont plus séduisants que jamais : « La société s’est dotée aujourd’hui d’une technologie qui fait bien des envieux dans sa profession. Yakarouler est probablement l’un des plus performants et des plus rapides parmi les grands pure-players européens de la pièce auto. Il est capable d’interagir en quelques secondes, dispose d’une liberté totale dans la gestion de son catalogue et de ses tarifs, le tout doublé d’une rare capacité à acheter au meilleur prix en temps réel », énumère-t-elle.

Présence phygitale

Sans oublier non plus la dimension “phygitale” du site. Son magasin historique de Thiais affiche chaque année « un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, ce qui confirme la qualité de son emplacement par l’appétence régionale d’une clientèle en recherche de prix », détaille-t-elle. Le site s’appuie également sur un réseau de 1 000 réparateurs-monteurs qui élargissent d’autant son empreinte commerciale et la largeur de ses débouchés commerciaux.

Comprendre donc que, fort de cette complémentarité pure-players / magasin / centre de montage, Yakarouler peut permettre à tout partenaire ou repreneur de gagner un temps précieux. « Il faut aujourd’hui plusieurs années et un investissement financier important pour atteindre une telle position dans le e-commerce ; un acteur qui souhaiterait se lancer aujourd’hui “from scratch” (NdlR : “ex-nihilo”… en bon Français) devrait investir quelques millions d’euros dès le démarrage sans garantie d’atteindre suffisamment rapidement les mêmes positions ».

Les constructeurs, les distributeurs, les enseignes voire les équipementiers qui n’ont pas encore coché la case digitale sont donc, avec les concurrents qui pourraient s’enrichir par la technologie et les parts de marché du site, des candidats crédible au rachat imminent de Yakarouler. Il n’y a donc plus qu’à patienter deux à trois semaines pour connaître l’identité de celui qui donnera une seconde vie…

 

Marjorie Lily Poprawski reste encore aux commandes!

Autre question : mais que fait encore Marjorie Lily Poprawski à la tête de Yakarouler ? Fin 2020, elle s’était elle-même annoncée partante pour un constructeur automobile. Sans vouloir la non plus entrer dans les détails, elle confirme qu’après avoir accompagné le site durant de longues années, son envie est réelle d’une nouvelle aventure.

Mais actuellement, nécessité fait loi. Elle reste pour l’instant aux commandes : « quand la situation du Covid qui nous a tous touchés de plein fouet en mars 2020, il m’a semblé logique de mettre en suspens mes projets personnels pour accompagner Yakarouler jusqu’à sa cession et sa transition et être présente chaque jour sur le terrain pour soutenir les équipes ».

2 commentaires concernant “Yakarouler : le suspens continue…”

  1. L’entreprise Yakarouler est en redressement judiciaire depuis le 3 février.

  2. Que dire un véhicule immatriculé depuis plus de 2 ans ne figure pas dans leur base ( test fait avec 2 immatriculations distinctes) ….

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