A la Une Conjoncture

Baromètre FFC/GiPA : début 2021 anxiogène pour les carrossiers

Achevé sur un recul de 15 % en chiffre d’affaires comme en flux clients selon le dernier baromètre FFC Carrosserie réparation GiPA, l’exercice 2020 a cédé sa place à une année 2021 qui n’offre qu’une visibilité très limitée à des réparateurs plutôt anxieux.

Après celui du CNPA et Solware Auto, c’est au tour du baromètre réalisé conjointement par la FFC et le GiPA. Il confirme que l’année 2020 s’est conclue sur un recul d’environ 15 % sur le marché de la carrosserie. 15 % de moins en chiffre d’affaires mais aussi -15 % en termes de flux clients.

Qu’il s’agisse de CA (-14 %) ou d’entrées-atelier (-13 %), ce sont les réparateurs indépendants qui s’en sont le moins mal sorti, quand leurs homologues concessionnaires (-16 % de CA et de flux) et agents (-18 % de CA, -17 % de flux) ont davantage souffert. Reste que, côté facturation moyenne, les RA1 ont quand même tiré leur épingle du jeu, avec une hausse de 1 % quand les RA2 ont signé une baisse de 1 % et les indépendants sont parvenus à rester étals.

L’inquiétude prime pour 2021

L’année 2021 a débuté sur un recul plus prononcé, comme l’ont rappelé les participants à notre table ronde du 9 mars dernier. Il est entendu que le mois de janvier dernier s’est avéré encore plus dur que le mois de décembre 2020, avec un recul de 26 % de l’activité carrosserie sur douze mois glissants, pièces et main d’œuvre comprises, selon le baromètre CNPA/Solware Auto du mois de février.

Une tendance que la FFC Mobilité Réparation ne dément pas. Son secrétaire général, Christophe Bazin, relève même au micro de nos confrères du J2R que « la baisse d’activité de 20 à 25 % de ce début d’année, due notamment au télétravail et à la baisse de sinistralité, impacte les ateliers de carrosserie, qui n’ont pas plus de 2 à 3 jours de visibilité sur leur agenda. Certains travaillent même au jour le jour ».

La crainte de coupes franches

La vision qu’ont les professionnels de leur marché est marquée par l’inquiétude. 54 % des entreprises du panel FFC/GiPA estiment que le nombre de carrossiers va baisser dans les prochains mois ou années, alors qu’ils n’étaient que 18 % à le penser en 2019. « La volumétrie de sinistres ne baisse pas, c’est leur typologie qui se déplace des gros chocs vers les petits chocs. Ils sollicitent moins de temps de main d’œuvre. Nous verrons une fois les prêts garantis d’Etat (PGE) remboursés ce qu’il reste des effectifs ; mais nous ne nous attendons pas à une baisse de plus de 10 % du nombre de carrossiers », tempère Christophe Bazin.

Les sondés jugent que le nombre de sinistres va continuer à baisser et que le volume d’activité des gros chocs reste toutefois dominant. Dans le même temps, 44 % du panel jugent que les exigences des assureurs vont augmenter… Pour ceux qui se retrouveront entre l’enclume d’une sinistralité en baisse et le marteau de la pression assurantielle, l’urgence sera de se diversifier et de maximiser leur activité hors assurance.

Se diversifier et surtout se former

« La crise a réveillé l’instinct des réparateurs agréés d’aller chercher du business ailleurs, notamment dans la restauration de véhicules anciens. Ils sont nombreux à faire appel à leur réseau pour traiter les VP des artisans, qui représentent une énorme manne de clients et qui font peu réparer leurs véhicules, et à envisager l’activité restitution ainsi que le spot repair », souligne le secrétaire général de la FFC Mobilité Réparation.

Pour pouvoir saisir de nouvelles opportunités, les carrossiers sont pour la plupart conscients de la nécessité d’investir dans la formation et le recrutement. Un serpent de mer dans le secteur, mais qui semble avoir enfin fait surface avec la crise née de la pandémie de Covid-19. 40 % des sondés du baromètre FFC/GiPA affirment vouloir se former pour accueillir les véhicules hybrides et électriques. 25 % envisagent de le faire sur les ADAS et 24 % veulent se former aux différentes techniques de peinture. Enfin, 20 % jugent nécessaire d’investir dans du matériel d’atelier.

Le bris de glace en forte baisse

De toutes les activités pratiquées par les carrossiers, c’est le bris de glace qui a connu la plus forte baisse, compte tenu du recul du kilométrage moyen. 51 % des professionnels sondés par le GiPA pour la FFC ont déclaré une baisse en 2020 par rapport à 2019. Et cette fois, ce sont bien les indépendants qui ont le plus peiné : 55 % d’entre eux ont déclaré leur activité de réparation et de remplacement de vitrage en baisse, contre 52 % pour les RA2 et 44 % pour les RA1.

A noter que, des trois catégories de réparateurs considérés par le baromètre, ce sont les agents de marque qui s’affichent les plus impactés, toutes activités confondues ou presque. La majorité des RA2 sondés ont déclaré un recul des activités de remplacement de pièces détachées, de réparation-collision et de peinture. Leurs homologues concessionnaires et indépendants, dans leur majorité, estimaient ces activités stables.

Ce qui n’empêche pas qu’au périmètre de tous les réparateurs interrogés, aucune activité n’a échappé à la baisse l’an dernier…

Cliquez sur le tableau pour le télécharger

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


*

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (Pas encore de votes)
Loading...

À propos de l'auteur

Journaliste par vocation, diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris en 2010, il fait ses armes dans la presse quotidienne régionale et nationale avant de s'orienter vers la presse automobile, d'abord grand public puis professionnelle.

Intéressé depuis tout petit par l'auto, il est spécialisé dans l'actualité du secteur de la réparation-collision et dans les réseaux de garages sous enseignes multimarques.

+33 1 41 88 09 06

rthirion@apres-vente-auto.com