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Pièces en ligne : Originauto est mort, vive Vroomly Parts?

Mobivia vient de baisser définitivement le rideau d’Originauto racheté en 2018. Vroomly Parts, la dernière née des marketplaces PR, prend le relais pour traiter sa clientèle. Avec un double défi : réussir là où Originauto n’a pas pu -ou pas su- convaincre le marché ; mais aussi et surtout imposer une vente de pièces en ligne BtoB face à une distribution traditionnelle qui remplit déjà l’espace…

Depuis quelques jours déjà, le site Originauto renvoyait ses visiteurs vers la solution Vroomly...

Depuis quelques jours déjà, le site Originauto renvoyait ses visiteurs vers la solution Vroomly…

Mobivia a donc tranché. Des deux startups qui se télescopaient en son sein, il garde Vroomly et ferme l’expérience Originauto. La récente évolution de Vroomly vers la vente de pièces (Vroomly Parts) avait déjà semé un premier indice : forte de cette nouvelle compétence, la plateforme d’intermédiation devenait définitivement plus concurrente que complémentaire d’Originauto. Et pourquoi d’ailleurs lui avoir ajouté cette fonctionnalité propre à Originauto si ce n’était en envisageant déjà de confier à Vroomly le rôle du “tout-en-un” ?

l’appétence culturelle de Mobivia pour le BtoC -et sa faible agilité en BtoB- auront probablement achevé de signer le destin d’Originauto. Mais le géant du retail savait-il seulement vraiment par où prendre cette plateforme de ventes de pièces en ligne à destination des réparateurs héritée du rachat peu coûteux mais finalement peu prolixe d’Autopass ?

L’impératif besoin de services associés

Originauto avait effectivement une faiblesse : pour pouvoir faire son trou face à ses concurrents “physiques” de la distribution dite traditionnelle, il lui fallait impérativement déployer une panoplie de services complémentaires le rapprochant des habitudes d’achat des réparateurs.

C’était d’ailleurs l’objet de sa stratégie de relance de septembre 2020 et de son excellent slogan « tradigital » (voir « Originauto : l’avènement d’un ambitieux distributeur “tradigital” »). Nicolas de Gaudemont, le DG d’Originauto de l’époque, expliquait vouloir ainsi « réconcilier le meilleur des deux mondes. Le meilleur de la distribution traditionnelle synonyme de proximité, de conseils, de support technique et le meilleur du commerce en ligne ». Mais pour cela, probablement fallait-il encore investir en équipe terrain, en bases de données, en communication, en logistique de proximité…

La démonstration reste à faire

Vroomly prend donc le relais avec, certes, l’avantage d’avoir déjà près de 4 000 réparateurs inscrits à sa plateforme d’intermédiation. Ils constituent autant de prospects pour la vente de pièces, auxquels s’ajoute la bonne -mais finalement faible- centaine de réparateurs déjà clients d’Originauto. Vroomly a aussi un atout que n’avait pas Originauto : celui du confort d’un relatif autofinancement après avoir levé 5 millions d’euros début 2021.

Reste que Vroomly se retrouve face au même défi que n’a pas pu ou su relever Originauto : convaincre lesdits réparateurs de se fournir sur sa marketplace de pièces quand ils sont déjà largement couverts -et satisfaits- par les services de la distribution traditionnelle.

Car la question de la viabilité de la vente BtoB de ventes de pièces en ligne reste posée (voir « Originauto, Otop, Partakus… : du rêve à la -dure- réalité ? »). Vroomly, aussi confiant soit-il (voir encadré), doit encore prouver la viabilité d’un sourcing digital fait de multidistributeurs aux stocks et aux capacités de livraison mutualisés par un seul système de commande en ligne.

A suivre donc…

 

Vroomly, l’héritier confiant

Chez Mobivia, on ne souhaite pas commenter cette cessation d’activité. Pourquoi Vroomly ? Outre les raisons évoquées ci-dessus, sans doute aussi parce que Mobivia est aussi actionnaire de la startup et « parce que nous avons la même approche du marché », complète Alexandre Douchez, dirigeant d’Originauto. « Il s’agissait aussi pour Mobivia d’assurer une continuité de service. Ce choix est un signe de confiance et valide notre process qui est reconnu par ses pairs (et concurrents) comme une solution crédible et fiable », se réjouit Alexis Frérejean, CEO et créateur de Vroomly.

Concrètement, selon nos informations, Vroomly hérite ainsi d’une centaine de garagistes “Originauto” en portefeuille dont une partie aurait déjà accepté d’être contactée pour changer d’e-fournisseur. Mais pas de quoi non plus bouger les lignes pour la marketplace qui revendique le matelas de clients putatifs avec ses 3 950 garagistes connectés à son service d’intermédiation.

Le passage de relais à Vroomly semble en tout cas donner un avantage au modèle BtoBtoC dans lequel Mobivia est probablement plus à l’aise. « Nous passons d’une phase test à un business qui se pérennise et qui prend de l’ampleur », poursuit Alexis Frérejean.

En terme d’offre, Vroomly oppose aux 300 000 références issus de 70 fournisseurs que promettait Originauto il y a un an son catalogue porté à 500 000 références, agrégation des stocks de ses partenaires distributeurs qui peuvent ainsi promettre une livraison en H+4. Le patron vise plus de 3 M€ de CA 2021 avec un panier moyen de 800 € par mois et « avec un objectif atteignable de 15 M€ en 2022, si nous restons sur le trend actuel ».

Caroline Ridet

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