PRE : vers un marché multiplié par deux ?

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Dans le cadre d’une table ronde organisée par l’Association de Journalistes Techniques et Economiques (AJTE) sur le thème de la pièce de réemploi (PRE), les perspectives de progression du marché ont été abordées avec l’imminente entrée en application de l’article de la loi sur la Transition Energétique…

 L'AJTE a tenu une table ronde sur la pièce de réemploi (PRE) le 16 novembre dernier.

L’AJTE a tenu une table ronde sur la pièce de réemploi (PRE) le 16 novembre dernier.

Au 1er janvier prochain, les professionnels de l’entretien-réparation automobile seront dans l’obligation de proposer à leurs clients automobile des pièces de réemploi (PRE) dans le cadre de l’entretien ou de la réparation de leur véhicule. Si le décret d’application (NdlR : qui n’est toujours pas paru à l’heure d’écrire ces lignes…) devrait se montrer moins contraignant qu’initialement présenté, déclenchant alors une levée de bouclier unanime des organisations professionnelles, la montagne ne devrait pas accoucher d’une souris pour autant. En clair, le marché de la pièce de réemploi, qui représente actuellement 2 à 3% en valeur du marché total de la rechange automobile (mais il représenterait d’ores et déjà environ 10% en volume !), sera inévitablement impacté par cette mesure. Et ce pour plusieurs raisons.

30 millions de véhicules concernés

D’abord, parce que cette nouvelle obligation est -tout ou partie- encore inconnue du grand public. Dès lors que les professionnels auront l’obligation d’informer leurs clients de cette possibilité nouvelle pour eux, ces derniers devraient s’y intéresser. De la même manière, les grands média nationaux n’ont pas encore pleinement joué leur rôle sur ce thème ; ils ne devraient assurément pas tarder… Et que dire enfin des donneurs d’ordre, eux qui visent constamment la maitrise des coûts sinistres ? « Si le professionnel pourra toujours trouver une justification valable pour ne pas utiliser des pièces issues de l’économie circulaire dans le cadre d’une prestation sur un véhicule, il aura quand même une certaine forme de pression supplémentaire», déplore ainsi Yves Riou, responsable du pôle contrôle, maintenance et réparation au CNPA.

Ensuite – et surtout- parce que le parc visé par la nouvelle loi est énorme. « Dans le cadre de la rédaction du décret, toutes les organisations professionnelles étaient tombées d’accord sur le fait que la loi sur la transition énergétique devait s’appliquer sur une partie du parc seulement, c’est-à-dire sur les véhicules de plus de 8 ans, se souvient Patrick Poincelet, vice-président délégué au CNPA également président de la branche recycleurs de l’organisation professionnelle. Cette position n’a pas été retenue par les pouvoirs publics, qui n’ont exclu du décret que les véhicules sous garantie… » Ces derniers représentant 5 millions de véhicules sur un parc tournant aux alentours des 35 millions d’unité, le parc roulant concerné par la loi sur la transition énergétique est donc énorme : rien moins que 30 millions d’automobiles…

Objectif marché PRE : 1 milliard d’€

Le marché de la PRE, aujourd’hui estimé à 500 M€, pourrait rapidement doubler selon les estimations des deux professionnels du secteur réunis autour de la table, Patrick Poincelet et Philippe Renaud, président du réseau Careco. Pourquoi un doublement ? D’abord parce que certains réseaux d’entretien-réparation ont d’ores et déjà mis en place des concepts pour leurs adhérents réparateurs, soit par le biais d’un rachat pur et simple d’un déconstructeur comme cela a été le cas pour Alliance Automotive Group, soit par le biais d’un partenariat privilégié, comme annoncé dans le cadre de la dernière convention du réseau de carrossiers Axial, qui s’est rapproché de Caréco pour faciliter l’approvisionnement de ses membres en pièces de réemploi. Caréco, seul réseau indépendant sous enseigne sur ce secteur d’activité, est d’ailleurs approché par de nombreux réseaux de réparation en vue de la prochaine obligation qui s’imposera à leurs membres…

Ensuite parce « que le taux de récupération des pièces de réemploi par véhicule ne représente aujourd’hui que 10% en moyenne du poids du VHU », précise le vice-président délégué. « Or, ce taux peut atteindre 30, voire 31% chez les meilleurs acteurs de la déconstruction », ajoute-t-il. L’offre n’est donc pas encore optimale, et pourrait se renforcer à l’avenir. Reste qu’avec 1,1 millions de véhicules recyclés annuellement, elle ne saurait répondre qu’à un nombre limité de situations.

Enfin, pour que le décret soit réellement appliqué sur le terrain et qu’il ait donc un impact significatif sur les volumes de pièces montées dans le cadre de l’entretien-réparation du parc roulant français, une condition sine qua non devra être remplie : faire en sorte que le professionnel y voit une opportunité de business supplémentaire d’avantage qu’une contrainte de plus dans son quotidien.

Ce qui doit notamment passer par une rentabilité identique entre la vente d’une pièce neuve et la vente de son homologue issue de l’économie circulaire…

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