Feda : la connectivité sera un des chevaux de bataille pour 2017

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La Feda a profité de son traditionnel point presse de début d’année pour souligner les enjeux capitaux pour la distribution indépendante de l’accès aux données des véhicules connectés. Et s’aligne sur l’alliance européenne anti ACEA-CLEPA…

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La Fédération des Syndicats de la Distribution Automobile (Feda) a profité de sa traditionnelle conférence de presse de début d’année pour annoncer les grands chantiers de l’année. Ainsi, en marge des thème de la pièce de réemploi ou du travail de fond concernant la garantie constructeur préservée, l’organisation professionnelle a désigné la connectivité des véhicules et ses enjeux comme l’un de ses principaux combats pour cette année 2017.

Si le thème n’est pas nouveau à la Feda, son importance devient prépondérante au regard de la formidable accélération technologique de ces derniers mois, que tous les visiteurs de la dernière édition du CES de Las Vegas ont pu observer en ce début d’année. Un thème dont «l’impact sera majeur pour le secteur de la distribution indépendante, selon Alain Landec, car cette technologie va définitivement faire basculer l’entretien des véhicules du curatif vers le préventif» ; un entretien qui présuppose donc un accès plein et entier aux fameuses big data…

La libre concurrence menacée ?

Et cet accès aux informations délivrées par le véhicule n’ira vraisemblablement pas de soi selon l’organisation professionnelle. En effet, en fin d’année dernière, l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles) et le CLEPA (l’association européenne des équipementiers européens) s’étaient rapprochés pour défendre l’idée selon laquelle les impératifs en matière de sécurité et de sûreté du véhicule imposeraient l’utilisation d’un serveur appartenant au constructeur, par lequel transiteraient ensuite les informations du véhicule vers un serveur « neutre » auquel auraient accès les autres acteurs du marché.

Une architecture qui, d’emblée, n’avait pas convaincu la Figiefa (Fédération internationale des grossistes, importateurs et exportateurs en fournitures automobile), aujourd’hui membre d’une coalition d’organisations professionnelles en Europe et regroupant l’ADPA (Association européenne des éditeurs de données indépendants), le CERCA (Conseil européen du commerce et de la réparation automobile), l’EGEA (Association européenne des fabricants d’équipements de garage), la FIA ( Fédération internationale de l’Automobile), Insurance Europe (Fédération européenne de l’assurance et de la réassurance) ainsi que Leaseurope (Fédération européenne des associations de société de leasing). Selon elle, ce dispositif technique pourrait limiter la concurrence que se livrent réseaux de marques et acteurs indépendants sur le marché de l’entretien-réparation automobile, car impactant le libre choix du consommateur.

Risques de distorsion de concurrence

Bernard Bruneaux, vice-président de la Feda en charge des relations avec la Figiefa au niveau européen, voit deux types de risques dans une telle architecture : «d’abord est-ce que toutes les informations passant par le serveur du constructeur arriveront bien sur le serveur neutre» ? L’idée de voir en effet certaines informations confisquées par les constructeurs n’est pas saugrenue compte tenu des efforts déployés par la filière indépendante pour se faire reconnaître l’accès à toutes les données techniques des constructeurs… «Ensuite se pose la question de la temporalité de l’accès à l’information pour les indépendants, poursuit Bernard Bruneaux : il suffirait en effet que les informations mettent « un peu trop de temps » à migrer vers le serveur neutre pour que les réseaux de marque disposent d’un coup d’avance dans le traitement des données.» Et que naisse, ipso facto, une distorsion de concurrence entre acteurs sur le marché.

Aussi, afin de garantir la nécessaire sécurisation des données transmises par les véhicules tout en permettant une concurrence pleine et entière ainsi que le droit du consommateur à choisir librement son réparateur, la coalition d’organisations professionnelles plaide pour la création d’une plateforme digitale embarquée, inter-opérable, standardisée et ouverte, conforme à la réglementation européenne concernant le dispositif eCall. Et c’est cette position que la Feda, membre de la Figiefa, entend relayer au plan national auprès des pouvoirs publics, du ministère des Affaires européennes et des élus afin de les sensibiliser à cette nouvelle tentative des constructeurs de cadenasser l’accès aux informations techniques des véhicules.

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