Eco entretien : futur levier de business pour les réseaux

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Avec le procédé d’éco entretien désormais gravé dans le marbre de la loi, l’éco diag et les possibles prestations qui en découlent pourraient redonner un grand bol d’air aux ateliers. Bien conscientes du potentiel offert, car concernant le parc roulant diesel mais aussi essence, les têtes de réseaux d’entretien-réparation apparaissent comme une arme de déploiement massif de la prestation sur le territoire…

C’est un fait : l’éco entretien, un concept longtemps nébuleux mais aujourd’hui clairement matérialisé, va rapidement prendre de l’épaisseur. Tout autant porté par l’actualité mettant en avant les pics de pollution ou les nouveaux obstacles quotidiennement créés pour empêcher les automobilistes de rouler dans les villes, que par les textes de loi – le premier remontant à 2009, avec la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement ; le deuxième, à 2015 avec l’article 65 de la loi relative à la Transition Energétique pour la croissante verte− il a, plus récemment encore, été remis sur le devant de la scène lors des Assises de la Mobilité souhaitées par le gouvernement, notamment dans le cadre de son atelier baptisé « Mobilités plus propres ».

Pourquoi ? Parce qu’il s’avère le seul moyen de réduire significativement les émissions des polluants (gaz à effets de serre comme particules nocives pour la santé) en agissant directement sur le parc roulant. Une approche trop longtemps laissée de côté, mais autrement plus pragmatique qu’un quelconque espoir de rapide renouvellement du parc par le biais de l’achat de véhicules hybrides ou électriques.

Un potentiel significatif

D’abord, quelques chiffres pour éclairer la pertinence du concept : le parc roulant français tous véhicules confondus revendique presque 40 millions d’unités et affiche un âge moyen de presque 9 ans ! Et parmi la tranche du parc des VL plus de 4 ans, soit environ 22 millions de véhicules, nombreux sont ceux qui risquent bien de se faire recaler au prochain contrôle technique. En premier lieu les véhicules diesels âgés. Les 10 ans de tests et d’analyses opérés dans les ateliers pilotes de Genelec, sous la houlette de son ancien patron Jacques Rifflart aujourd’hui président de l’Association Eco Entretien (AEE) ont révélé qu’au moins 60% des diesels diagnostiqués méritaient une intervention !

Mais ce ne sera pas, loin s’en faut, la seule population de véhicules concernée : les motorisations essence comme les diesels modernes le sont tout autant car les réglages très fins des moteurs de dernière génération sont (trop) souvent sujets à des dérives qui mènent à une surconsommation…

A cet égard, le durcissement prochain du contrôle technique va s’avérer un formidable outil de promotion de l’éco entretien : plus strict, couvrant un spectre de défauts potentiels plus importants, la nouvelle mouture du contrôle technique mise en œuvre dès le mois de mai prochain va ainsi, sur la fonction pollution/niveau sonore, inaugurer l’analyse 5 gaz des véhicules. Selon l’AEE, plus de 5 millions d’entrées-atelier pourraient ainsi être générés par les pré-contrôle et autres contre-visites nées du durcissement du prochain contrôle technique…

Un maillage à créer d’urgence

Dans cette optique, les têtes de réseaux ne peuvent ignorer l’aubaine que représentent l’éco-diagnostic et l’éco-entretien du parc roulant pour les ateliers de leurs adhérents. Nombreux sont donc les réseaux à se positionner sur ce sujet. Ou l’ont déjà fait : Mobivia Group, qui détient l’enseigne Norauto, a été le premier à se positionner sur cette thématique dès 2013 au travers de sa prestation EcoPerformance. Quant au réseau de fast fitters Speedy, autre pionnier de l’éco-entretien, il baptisera quelques temps plus tard sa prestation d’éco entretien du nom d’Eco Clean. Plus récemment, c’est le réseau Point S qui annonçait sa volonté de proposer une prestation similaire, baptisée S Eco, dès cette année.

S’il est logiquement plus simple pour une tête de réseau de déployer de tels concepts lorsque le format relève d’une franchise, les groupements de distribution et leurs cohortes de réparateurs indépendants, tous ou presque membres eux aussi de l’AEE (Alliance Automotive Group, Autodistribution, Autolia ou encore le réseau ‘équipementier’ Bosch Car Service) y réfléchissent forcément eux aussi.

Car les têtes de réseau sont en effet les seuls à pouvoir fédérer suffisamment et déployer ce concept très structuré, imposant formation, équipement et certification, selon l’ambitieux timing défini par l’AEE. L’association avait annoncé en décembre dernier qu’un maillage de 4 à 5 000 garages s’avérait nécessaire pour prétendre traiter correctement l’ensemble du parc roulant français… à l’horizon 2019 !

Les têtes de réseau ont donc une belle carte à jouer : car ce sont bel et bien elles (et, pour les groupements de distribution, les distributeurs en région), qui pourront tout autant servir de prescripteurs techniques auprès de leurs réparateurs, qu’assurer leur formation et l’accès au matériel référencé par l’AEE, comme la mutualisation des coûts pour l’investissement que tout cela représente pour les ateliers.

Mais au regard du potentiel de business additionnel qui s’offre aux professionnels, ce coût pourrait vite se transformer en un judicieux investissement…

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