Les ADAS au menu du 25è congrès Five Star

Prestation qui s’annonce de plus en plus indispensable dans le secteur de la réparation-collision à mesure que le taux d’équipement progresse, le recalibrage des systèmes d’aide à la conduite, autrement appelés ADAS, constitue un véritable obstacle à franchir pour les carrossiers indépendants, tant en termes d’investissement que de technique. Aussi, Five Star a tenu à éclairer ses adhérents lors de son 25è congrès, du 14 au 17 juin dernier à Samoëns 1 600, en Haute-Savoie (74).

La première table ronde du 25è Congrès Five Star s'est longuement attardée sur la problématique du recalibrage des ADAS.

La première table ronde du 25è Congrès Five Star s’est longuement attardée sur la problématique du recalibrage des ADAS.

Les “Advanced driver-assistance systems” (ADAS), ou systèmes d’aide à la conduite, sont de plus en plus nombreux à équiper les véhicules légers, même les moins premium. En quelques années, ils sont devenus omniprésents et constituent tout autant des éléments de sécurité que des arguments commerciaux pour les distributeurs VN.

A l’occasion du 25è congrès Five Star, qui s’est tenu dans la station de haute montagne Samoëns 1 600, en Haute-Savoie (74), du 14 au 17 juin, une table ronde a été organisée sur le sujet, afin de donner la parole aux différents partenaires du GIE concernés de près ou de loin par ces fameux ADAS. Car, en cas de choc, il faut procéder à leur recalibrage à l’aide de bancs spécifiques, prérogative qui revient notamment aux carrossiers.

S’équiper et se former au recalibrage des ADAS

«Aujourd’hui, 50% du parc roulant est équipé d’un système de freinage d’urgence, a souligné devant une assemblée de quelque 600 personnes Franck Cazenave, président de l’association Megacities Institute et directeur Smart Cities Bosch France et Benelux, invité pour l’occasion par Five Star pour introduire la première table ronde du congrès. Et le nombre de capteurs d’aide à la conduite ne va qu’en augmentant et il faut, dès aujourd’hui, former le personnel des carrosseries et déployer le matériel de recalibrage. »

Et compte tenu de la progression des ADAS dans le parc, disposer de ce savoir-faire pourrait, à terme, selon Franck Cazenave, «pousser les assureurs à corréler leurs agréments à la capacité du réparateur de procéder au recalibrage de ce type d’équipements».

Avec l’aide des assureurs ?

Une phrase qui a dû faire passer un frisson dans le dos de bon nombre des carrossiers Five Star présents dans la salle, bien peu équipés, comme la plupart de leurs confrères de la réparation indépendante, en bancs de recalibrage des ADAS. La faute à des tarifs élevés de ce type de matériel, pouvant atteindre les 15 000 euros tout équipé !

Mais les assureurs, au travers de Covéa et de sa filiale Cesvi France, tous deux présents autour de la table ronde, se sont voulus rassurants, rappelant par la voix d’Eric Blaizeau, responsable du pôle électronique embarquée du techno-centre Cesvi à Poitiers, «proposer les clés aux professionnels de la réparation pour maîtriser le recalibrage, ainsi que la géométrie des trains roulants», qu’exige un recalibrage en bonne et due forme.

S’appuyer sur les temps barémés constructeurs

L’autre assureur présent autour de la table, Allianz, a en revanche pressé les adhérents Five Star d’adopter cette technologie de réparation. «Aujourd’hui, nous constatons que toujours plus de sinistres que nous assurons concernent les ADAS, et cela augmente chaque année ; aussi, demain, il se peut qu’il y ait une prime à la compétence pour nos réparateurs agréés», ose même Karine Martin, directrice de l’indemnisation automobile chez Allianz.

David Thévenot, responsable service technique auto chez Covéa, évoque de son côté le chiffre de 650 000 interventions vitrage par an assurées par la SGAM qui regroupe MMA, Maaf et GMF, soulignant ainsi le nombre important de recalibrages d’ADAS -les capteurs et caméras étant souvent intégrés ou liés au pare-brise- dans le cadre des bris de glace.

L’inévitable avènement des ADAS

«Les volumes sont encore faibles chez l’enseigne numéro 1 du vitrage (NdlR : Carglass), qui n’est équipée de bancs de recalibrage que depuis 2016, reconnaît-il. Mais il y aura de vraies difficultés pour les carrossiers s’ils n’acquièrent pas rapidement la capacité de recalibrer les ADAS.» Et David Thévenot de déplorer que «le forfait actuel est sans doute trop élevé : nous voulons au contraire nous appuyer sur les temps barêmés constructeurs», petite phrase que l’on imagine également adressée à l’un peu trop puissant Carglass.

Des temps barémés que pratique BMW, comme le souligne George Bogey, marketing service specialist de la marque : «tous nos véhicules embarquent des ADAS et nous ne facturons que sur la base de ces temps barémés. Nous avons des espaces dédiés uniquement au recalibrage des ADAS dans les ateliers des concessions».

Les partenariats constructeurs pour appuyer les Five Star

Autre constructeur, autre marque, partenaire depuis cette année de Five Star, Opel a démocratisé les ADAS dès 2008 sur l’Opel Insignia, et désormais sur la quasi-totalité de ses modèles, avec l’Opel Eye, caméra capable de lire les panneaux.

«Chez Opel, nous avons trois niveaux de formation des techniciens : bronze, argent et or, auxquels s’ajoute un quatrième niveau “Expert” appelé platinum», qui inclut donc les compétences de recalibrage des ADAS selon Daniel Keller, chef de produit marketing Opel France. «L’accord que nous avons signé cette année avec Five Star permet donc aux adhérents du réseau de recourir aux services de nos techniciens pour la reprogrammation des boîtiers et le recalibrage des ADAS.»

Vers un “T4” ?

Intervenant sur la fin de la table ronde consacrée aux systèmes d’aide à la conduite, Alain Bessin, président du GIE Five Star, est naturellement revenu sur les notions de formation, d’amélioration des compétences techniques et de facturation. «Un temps barémé, c’est bien ; mais si cela n’est pas adapté au niveau de compétences des réparateurs, il faudra peut-être envisager un T4 pour revaloriser le taux de main d’œuvre, a-t-il avancé. Opel a créé des techniciens Platinum, preuve que la haute technologie, ça se paye.»

Une déclaration qui a généré les applaudissements de l’assemblée d’adhérents du réseau cinq étoiles.

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À propos de l'auteur

Romain Thirion

Journaliste diplômé du CFJ de Paris, Romain Thirion couvre l'actualité automobile depuis 2011, et s'est spécialisé dans l'après-vente en 2012.

Particulièrement intéressé par les problématiques de réparation-collision, il suit les péripéties du secteur de la carrosserie et de l'expertise avec attention. Par ailleurs, il se fait fort de couvrir l'actualité des enseignes de centres auto, de réparation rapide et de pneumaticiens.

Depuis 2017, il est également président de l'Association des journalistes techniques et économiques (AJTE).

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