Pièces captives (suite) : après les révélations, les premières réactions

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La Feda et l’association de consommateurs HOP font entendre leurs voix suite aux révélations de Mediapart concernant l’optimisation du prix des pièces captives de carrosserie par plusieurs constructeurs. Selon elles, il y a urgence à libéraliser…

Stock de pièces de carrosserie

Le sujet était bien trop important pour que personne ne s’en émeuve. Mais les réactions tardaient cependant à venir… Or, coup sur coup, la Feda et une association de consommateurs baptisée HOP (pour Halte à l’obsolescence programmée) se sont positionnées sur l’enquête en deux volets de notre confrère Mediapart révélant que certains constructeurs, dont nos deux fleurons nationaux Renault et PSA, auraient utilisé une même solution logicielle, fournie par le cabinet de conseil Accenture, pour optimiser le pricing de leurs pièces de carrosserie de façons apparemment trop homogènes…

«Statu quo injustifiable»

Dans un récent communiqué, la Fédération de la distribution automobile vient donc d’exhorter le gouvernement à prendre la parole sur cette affaire. Elle qui porte depuis des années le combat sur la libéralisation des pièces de carrosserie, voit certainement une nouvelle -et opportune- fenêtre de tir pour remettre ce dossier sur la table du législateur. Un dossier trop longtemps et trop souvent écarté par les gouvernements successifs…

Selon elle, «le statu quo est devenu injustifiable». Rappelant que les principaux marchés en Europe –Allemagne, Italie, Espagne ou encore Royaume-Uni– appliquent en droit ou de fait la libéralisation du marché des pièces visibles, la Feda estime que «l’ouverture des marchés des pièces visibles produirait non seulement une baisse très significative des prix de vente de ces pièces –et donc un gain de pouvoir d’achat pour les automobilistes, mais qu’elle dynamiserait aussi considérablement l’après-vente automobile en établissant enfin des conditions de concurrence loyale entre les opérateurs indépendants et les réseaux des constructeurs».

HOP saisit l’Autorité de la concurrence

Et si l’on attendait une prise de parole de 40 millions d’Automobilistes, d’habitude si prompt à prendre la parole pour défendre les intérêts des automobilistes, c’est une autre association de consommateurs, HOP, qui  -assez curieusement car pour des motifs relativement obscurs- est la première montée au créneau.

Pour Laetitia Vasseur, déléguée générale et co-fondatrice de l’association HOP, «l’obsolescence programmée touche aussi le secteur automobile. Face aux plaintes de consommateurs et aux enjeux écologiques, nous formulons des propositions et appelons le gouvernement et les entreprises à des avancées concrètes pour améliorer la durabilité et la réparabilité du secteur automobile».

Et voilà l’obsolescence programmée

Selon l’association de consommateurs en effet, ces derniers «se sentent de plus en plus victime d’obsolescence programmée, étant face à des équipements moins durables : pannes prématurées, plaquettes de freins et pneus à remplacer de plus en plus fréquemment, GPS ou systèmes embarqués inutilisables…»

Passons rapidement sur l’incertaine obsolescence programmée des plaquettes ou des pneumatiques (dont le critère de durabilité premier demeure le mode de conduite de l’automobiliste…), pour relever la proposition formulée par HOP : «l’ouverture contrôlée et progressive à la concurrence du marché des pièces détachées visibles, afin de donner l’accès aux consommateurs aux pièces détachées à un prix raisonnable et d’encourager la réparation».

Soit exactement ce que martèle la Feda depuis des années, et conclusion à laquelle s’était rendue l’Autorité de la Concurrence lorsqu’elle dévoilait en 2012 ses préconisations suite à l’ouverture d’une enquête sectorielle sur l’après-vente automobile.

Sans qu’il n’y ait jamais eu de suite jusqu’à présent…

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