15 ans de l’Observatoire des déchets de l’auto : un engagement croissant

Alors que cette année 2018 voit l’Observatoire national des déchets de l’automobile (ONDA) fêter sa quinzième année d’existence, celui-ci a tiré le bilan forcément positif d’une décennie et demie d’action. En soulignant l’engagement croissant de toute la filière automobile dans la prise en compte des enjeux environnementaux liés aux différents types de collecte de déchets et au recyclage de ces derniers.

Un bilan partiel, en image, des efforts de collecte réalisés depuis 15 ans sous le regard attentif de l’Observatoire national des déchets de l’automobile.

S’il a officiellement célébré ses quinze ans en 2018, l’Observatoire national des déchets de l’automobile (ONDA), créé par le CNPA en partenariat avec la plateforme Autoéco, chargé de la traçabilité du recyclage automobile, du traitement des données et de l’accompagnement des entreprises référencées dans leurs déclarations annuelles, s’est construit sur des origines plus anciennes. En l’occurrence sur les Relais Verts Auto, mis en place en 1995 par le même CNPA, qui se sont notamment appuyés sur les distributeurs Peugeot pour procéder aux collectes.

Si ces Relais ont continué d’exister après la création de l’ONDA, c’est bien ce dernier qui a repris l’essentiel de leur action et fait figure d’observateur principal des stratégies des réseaux constructeurs, les réseaux de distribution indépendants et divers centres VHU pour l’élimination des déchets. Ses objectifs ? Mettre en évidence les efforts de la profession en matière de gestion desdits déchets, établir un bilan des filières les plus et les moins performantes et fournir des axes d’amélioration, et enfin sensibiliser les professionnels au tri et à la collecte des déchets.

Plus de 37 000 entreprises référencées par l’ONDA

Avec un nombre toujours croissant d’entreprises suivies par l’Observatoire chaque année, ce sont désormais plus de 37 000 sociétés (37 148 en 2017), qui lui remontent leurs chiffres, contre seulement 4 807 en 2003, année de sa création. Des entreprises représentant plus de 40 marques et réseaux de distribution et qui font récolter leurs déchets par plus de 140 collecteurs partenaires, traitant pas moins de 32 filières de déchets. Et certaines de ces filières ont vu leurs niveaux de collecte exploser en quinze ans.

Ainsi le volume de liquides de refroidissement est passé de 228 tonnes récupérées en 2002 à 5 671 tonnes l’an dernier. Les pare-brise collectés l’ont été à hauteur de 6 371 tonnes en 2017, contre seulement 1 238 en 2002. Les filtres à huile, eux, ont vu leurs volumes passer de 2 052 à 7 700 en quinze ans, et les pare-chocs de 550 tonnes à 2 825 tonnes sur la même période.

Des filières à la gestion complexe

Sur les pare-chocs, justement, en vertu des objectifs de recyclage fixés par l’Union Européenne, «les constructeurs eux-mêmes ont fait l’effort d’uniformiser la matière employée pour ces pièces et leur marquage, car il suffit d’un marquage déficient pour perturber la chaîne d’identification et casser toute la filière», souligne Thomas Lehoucq, responsable commercial national du groupe Chimirec, collecteur et recycleur qui représente avec Veolia Sevia (également membre d’Autoéco) près de 80% du marché français.

Quant à la filière huiles usagées, dont la collecte est désormais payante mais peut être refacturée au client automobiliste «car il est normal que le producteur du déchet en paye une partie, à condition que cela lui soit bien expliqué», sa collecte équivaut à quelque 210 000 tonnes aujourd’hui. «La gratuité de la collecte ne pourra pas revenir avant plusieurs mois car les cours pétroliers ne le permettent pas, reconnaît Thomas Lehoucq. Même si les collecteurs n’ont pas d’intérêt intrinsèque à maintenir une facturation des huiles usagées car cela rend tout le traitement administratif de la filière plus compliqué.»

La filière batterie toujours complexe à gérer

Si le volume de batteries collecté, lui, a été multiplié par quatre en quinze ans, passant de 2 524 tonnes collectées à 10 309, l’essentiel de la matière ne passe toujours pas par la filière autorisée… Seuls 30% des volumes totaux sont déclarés alors qu’il y a bien quasiment 100% du plomb vendu qui est récupéré par les sociétés chargées de le fondre. Ce qui donne une idée du poids des filières parallèles, certes rodées à la récupération du plomb mais forcément inadaptées à la récupération de l’acide et du plastique…

«Nous avons tous fait un effort sur la valeur de rachat des batteries pour orienter au maximum les volumes vers une filière saine, insiste Frédéric Lebrun, chargé de développement des comptes nationaux de Veolia Sevia. Dans tous les cas, pour le garage auprès duquel nous récupérons les vieilles batteries, cela représente un gain financier. Le principal problème pour les réparateurs reste le stockage, qui doit être fait en intérieur, là où l’espace leur manque…»

En attendant, Autoéco et le CNPA insistent auprès des professionnels de la réparation sur les conséquences positives d’une gestion optimale des déchets, «car cela a de vraies répercussions sur le patrimoine des entrepreneurs qu’ils sont et sur la valeur de cession de leur affaire», rappelle Francis Bartholomé, président national du CNPA.

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À propos de l'auteur

Romain Thirion

Journaliste diplômé du CFJ de Paris, Romain Thirion couvre l'actualité automobile depuis 2011, et s'est spécialisé dans l'après-vente en 2012.

Particulièrement intéressé par les problématiques de réparation-collision, il suit les péripéties du secteur de la carrosserie et de l'expertise avec attention. Par ailleurs, il se fait fort de couvrir l'actualité des enseignes de centres auto, de réparation rapide et de pneumaticiens.

Depuis 2017, il est également président de l'Association des journalistes techniques et économiques (AJTE).

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