LKQ : des résultats 2018 en demi-teinte

Derrière l’habituelle et spectaculaire croissance de son chiffre d’affaires annuel (+22% en 2018 pour 11,9 milliards de CA), LKQ Corporation va sûrement encore devoir rassurer. Notamment en ce qui concerne ses activités européennes, moteur essentiel de ses résultats, alors que son bénéfice a reculé de 10,4%…

LKQ Corporation vient d’annoncer ses résultats 2018. Dominick Zarcone, président du distributeur américain leader en Europe, s’est félicité d’avoir enregistré «le chiffre d’affaires annuel le plus élevé de l’histoire de la société».

La barre des 10 milliards franchie
Dominick Zarcone, président de LKQ Corporation

Dominick Zarcone, président de LKQ Corporation.

Il atteint en effet 11,9 milliards de dollars, soit +22% par rapport aux 9,7 milliards de 2017. En dollars comme en Euros, il passe la barre magique des 10 milliards (10,46 Mds d’euros)…

La croissance organique a été de +4,4%, le reste étant dû aux acquisitions, dont celle de Stahlgruber qui s’est achevée en juin dernier et a donc concouru pour une partie conséquente à cette progression pour les 6 derniers mois de 2018.

Résultat en baisse de 10,4%

En revanche, le résultat de l’entreprise recule de 10,4% à 485 millions de dollars, contre les 540 millions de l’an dernier. «Bien que je reconnaisse que les résultats de 2018 n’ont pas été à la hauteur de nos attentes initiales en raison de difficultés opérationnelles dans certains secteurs de l’activité et de facteurs économiques, en particulier en Europe, a confessé le président, je pense que nous prenons les mesures nécessaires pour positionner la société de manière à ce qu’elle continue à prospérer».

Malgré tous ses efforts, LKQ Corporation n’a pas encore réussi à vraiment inverser la tendance baissière de cours (source : Figaro Economie)

Malgré tous ses efforts, LKQ Corporation n’a pas encore réussi à vraiment inverser la tendance baissière du cours (source : Figaro Économie).

Bien sûr, LKQ n’a pas oublié ses actionnaires, qui subissent depuis de long mois la dépréciation de l’action (voir le tableau du cours des trois dernières années ci-contre). Au cours du quatrième trimestre de 2018 et afin de soutenir son cours, l’entreprise a racheté environ 2,3 millions d’actions à un prix moyen par action de 26,41 dollars, rapportant environ 60 millions de dollars de capital à ses actionnaires.

Et ces derniers ont pu bénéficier d’un dividende de 2,19 dollars par action, soit une augmentation de 16,5% par rapport au 1,88 dollar de 2017.

La grande dépendance européenne

Reste la question de l’Europe qui ne sourit guère à un LKQ dont la croissance constante du chiffre d’affaires est un moteur essentiel.

Sur l’année 2018, la croissance organique du groupe au niveau mondial a été de 4,4% (4,1% à nombre de jours comparable). Mais ses activités européennes se sont contentées de +2,9%, quand l’Amérique du Nord affichait +5,7%. Et au dernier trimestre 2018, l’Europe “organique” ne pesait plus que +0,3% et le continent nord-américain, +3,7%.

En revanche, ce sont les acquisitions dans cette même Europe qui ont tiré le chiffre d’affaires de LKQ. Sur l’année, elles ont pesé pour 36,7% de la croissance d’activité quand les USA se contentaient de 0,8%. Au dernier trimestre 2018, le déséquilibre s’est encore accru : 49,7% pour l’Europe contre 0,3% de l’autre côté de l’Atlantique.

Rassurer Wall Street

Autant dire que si LKQ veut éviter de trop décevoir Wall Street et continuer de faire sourire ses actionnaires, il lui faut trouver encore des proies à la taille et aux résultats conséquents façon Stahlgruber pour soutenir de bons chiffres de croissance, ou/et accroître ses marges à marche forcée. Sa réussite européenne est donc au cœur de son destin.

Et voilà qui explique certainement les récentes difficultés annoncées au Royaume-Uni (voir «LKQ Europe : démissions emblématiques et vague de licenciements»). Comme d’ailleurs les promesses de Dominick Zarcone lors de la présentation des résultats 2018 : «Au cours de l’exercice 2019, nous continuerons de mettre en œuvre nos initiatives de productivité dans chaque secteur opérationnel et resterons concentrés sur la croissance des revenus rentables, l’amélioration de la marge, une excellente conversion des flux de trésorerie et l’optimisation de notre stratégie d’allocation du capital.»

Le communiqué de LKQ a ainsi rappelé que «le 26 novembre 2018, la Société a annoncé qu’elle révisait sa facilité de crédit pour atteindre une disponibilité totale de 3,5 milliards de dollars. La modification a augmenté le montant disponible aux termes de la facilité de crédit renouvelable de 2,75 milliards de dollars à 3,15 milliards de dollars et a ramené l’emprunt à terme à 350 millions de dollars».

Comme d’habitude, nous vous tiendrons au courant…

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À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

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