Pièces captives (suite) : la Feda pousse le dossier à la DGCCRF

Suite à une enquête menée auprès de ses adhérents, la Feda a transmis à la DGCCRF divers éléments militant en faveur d’une ouverture du marché des pièces captives. Au premier rang desquels un prix des pièces en moyenne 30% plus cher en France que chez ses voisins…

Suite à la promesse du Premier ministre Edouard Philippe le 5 mars dernier de revenir sur le monopole des pièces de carrosserie dans l’objectif de redonner du pouvoir d’achat aux automobilistes, la Feda a annoncé avoir communiqué à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), les résultats d’une enquête sur ce thème menée auprès de ses adhérents distributeurs.

Des pièces captives «30% plus chères»

Lors d’une rencontre le 18 mars dernier avec deux représentants de cette administration en charge du dossier, l’organisation professionnelle a pu lui transmettre divers éléments à même de les éclairer sur la nécessité de revenir sur cette situation qui n’a plus cours dans la plupart des pays européens. Une situation qui permet aux constructeurs de commercialiser leurs pièces au tarif qu’elles jugent le plus opportun. Depuis les révélations de notre confrère Mediapart, il semblerait que ce soit davantage en fonction d’un très abscons seuil d’acceptabilité par le consommateur que d’un très concret et (trop) pragmatique coût de fabrication…

Selon les distributeurs sondés dans le cadre de cette enquête, le surcoût engendré par ce monopole est estimé à 30% par rapport à un prix normalement concurrencé. Certains expliquent que, pour répondre à la demande de leurs clients réparateurs, ils doivent s’approvisionner sur d’autres marchés où la concurrence permet de trouver des pièces à des tarifs autrement plus acceptables. Et ces mêmes distributeurs considèrent que le consommateur final profiterait d’un gain d’environ 15% sur ces pièces si elles étaient concurrencées…

Distorsion de concurrence

Et c’est d’un manque à gagner évident et conséquent qu’il s’agit. Car parmi les éléments de réflexion transmis à la DGCCRF par la Feda, il ressort qu’au moins une pièce captive est demandée aux distributeurs indépendants dans la moitié des demandes qui leur sont adressées par leurs clients. Conséquence directe pour les premiers : ils ratent un nombre important de ventes faute de pouvoir disposer de ces pièces ; mais ils ratent également la vente d’éventuelles pièces périphériques additionnelles nécessaires à la réparation.

Par ricochet, les distributeurs indépendants déplorent une perte d’image par rapport à leur capacité à répondre à l’intégralité des demandes de leurs clients. A l’heure où s’impose la logique du «one-stop-shop», la distorsion de concurrence est manifeste: en face, les constructeurs peuvent, eux, s’aventurer librement sur le terrain de la rechange indépendante en commercialisant des pièces équipementières concurrencées.

Convaincre le ministère de l’Économie et des finances
Agnès Pannier-Runacher

Agnès Pannier-Runacher

Si, dans son communiqué, la Feda tient à remercier la DGCCRF pour son écoute des problématiques rencontrées par les adhérents distributeurs, elle entend maintenir la pression. Elle annonce d’ores et déjà un rendez-vous le 17 avril prochain avec Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances. L’occasion, espère la Feda, de répondre aux éventuelles dernières interrogations du gouvernement avant la finalisation de la loi d’orientation sur les mobilités (LOM).

Car c’est dans le cadre cette loi que l’organisation professionnelle appelle de ses vœux «la rédaction de l’amendement gouvernemental qui devrait voir le jour vers le mois de juin et acter définitivement la libéralisation des pièces captive».

1 commentaire concernant “Pièces captives (suite) : la Feda pousse le dossier à la DGCCRF”

  1. Visiblement les distributeurs n’ont que faire de la qualité des pièces revendues, seule la course au chiffre d’affaires compte. Inacceptable pour le dernier maillon de la chaîne, dixit le réparateur, et à lui seul reviendra le choix de la pièce qu’il souhaitera installer, en son âme et conscience!
    « Je ne connais personne qui ne soit pas heureux de faire du beau travail » (François MICHELIN)

    NdlR: les distributeurs indépendants auxquels vous faites référence ne demandent pas à pouvoir distribuer des pièces de qualité moindre: ils demandent juste à ce que la législation française leur permette de distribuer les fameuses pièces dites captives, les mêmes que celles distribuées exclusivement par les réseaux de marques constructeurs.
    A ce titre-là, il adhèrent comme vous à la jolie maxime de François Michelin !
    🙂

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Jérémie Morvan