Parts Advisor (Renault) lance sa place de marché multimarque en France

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Après avoir fait ses armes pendant près de deux ans sur le marché italien, la start-up Parts Advisor, détenue par la seule Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, lance sa place de marché en France. Avec pour but de faciliter la disponibilité des pièces de rechange pour les réparateurs en les connectant au stock des distributeurs de leur secteur.

«Nous ne sommes là ni pour prendre la place des distributeurs, ni pour désintermédier la distribution de pièces de rechange.» Julien Dubois, directeur général de Parts Advisor Europe et ancien directeur marketing et communication de Speedy France, tient à être très clair : la start-up qu’il dirige n’a aucunement l’intention de venir casser l’organisation du marché de la pièce en France. Le modèle Amazon, très peu pour lui.

Au contraire, en lançant sa place de marché en France, parts-advisor.com, après l’avoir déployée dès 2017 en Italie, la jeune société, dont l’actionnariat est entièrement entre les mains de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, entend fluidifier encore davantage l’accès du professionnel à la pièce qu’il recherche, en s’appuyant sur les acteurs du marché qui les fournissent : les distributeurs et les plateformes.

Parer au plus pressé

Fort d’une expérience de plusieurs années chez Speedy, réseau qui connaît bien l’exigence d’une réparation rapide en mobilisant le moins possible le véhicule du client, Julien Dubois assure qu’en dépit d’un taux de service puissant assuré par les enseignes et les groupements, «les 9 millions de références nécessaires à couvrir le marché dans son intégralité obligent à fédérer plusieurs acteurs».

Car comme l’ajoute le directeur général, «le garagiste a le plus souvent besoin de la pièce en 2 à 4 heures pour ne pas prendre le risque de perdre son client : c’est donc une course contre la montre qui s’engage pour lui».

Raison pour laquelle, selon Julien Dubois, «le prix de la pièce ne compte pas tant pour le réparateur que la possibilité de l’obtenir le plus vite possible».

Mais en dépit de la performance des catalogues électroniques et des outils de recherche de pièce des différents groupements de distribution, «ceux-ci obligent le pro à entrer dans un tunnel dont il ne peut sortir et ne permettent pas de répondre totalement à l’urgence de l’approvisionnement du garage, c’est pourquoi nous avons développé notre catalogue en ligne en croisant plusieurs bases de données», précise le dirigeant.

Gratuit pour les réparateurs, à la commission pour les distributeurs

Comment Parts Advisor fonctionne-t-il ? Pour le réparateur, c’est simple : il lui suffit de s’inscrire et de compléter son profil sur le site parts-advisor.com pour pouvoir accéder au catalogue de pièces très étendu que propose la start-up, et de constater la disponibilité des pièces parmi les distributeurs partenaires du site.

L’identification du véhicule de son client peut se faire par reconnaissance optique de la plaque d’immatriculation, par le numéro de série du véhicule, par son modèle, et la fonction mains-libres de la solution permet de formuler sa demande directement à l’oral !

En outre, tout est gratuit pour le garagiste ou le carrossier : le seul paiement qu’il effectue est à destination du distributeur ou de la plateforme auprès desquels il commande sa pièce. Pour les grossistes, en revanche, qu’ils soient “jobbers”, distributeurs d’importance ou même plateformes, ils doivent s’acquitter d’une commission variable selon le niveau de commandes, «mais de toute façon trois fois moins élevée que le niveau de commission d’Amazon», tempère Julien Dubois. Mais le grossiste et le nom de son fournisseur restent pleinement visibles.

Parts Advisor rodé en Italie

Désormais présent en Italie, en Espagne, au Maroc et donc en France, Parts Advisor compte sur plus de 4 000 ateliers partenaires dans les quatre pays, même si c’est dans la Botte que 75 % de ces garages et carrosseries sont concentrés, pour l’instant.

«L’Italie nous a servi de laboratoire efficace car il s’agit, selon nous, du marché le plus complexe d’Europe en matière de logistique, estime Julien Dubois. Or, puisque notre ambition est d’intercaler Parts Advisor entre les strates de la distribution existante, il était important de se frotter d’abord à un pays où celle-ci est compliquée.»

Tenir compte des deux groupement leaders en France

Mais le directeur général reconnaît que, bien que moins complexe, le marché français «beaucoup plus concentré autour des deux principaux groupements que sont Parts Holding Europe et Alliance Automotive Group», rend plus ardue la tâche de rapprocher les réparateurs de la variété de distributeurs, sous enseigne ou non, établis dans sa zone de chalandise.

Car sur les 5 à 6 000 espaces de stockage répartis dans l’Hexagone, un bon nombre d’entre eux sont sous l’une des enseignes de l’un ou l’autre des deux groupements. Raison pour laquelle ce sont d’abord des distributeurs indépendants qui lui font confiance et que des plateformes régionales pourraient suivre le mouvement.

Exadis référencé

«La plupart des grossistes qui nous suivent, pour l’instant, sont de petites structures qui génèrent en moyenne 1 million d’euros de chiffre d’affaires. ils ont donc besoin de nos services pour élargir la visibilité de leur stock, précise Julien Dubois. Exadis est également référencé sur notre plateforme.» Logique, quand on sait que l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est l’unique actionnaire de Parts Advisor.

Néanmoins, l’offre à laquelle Parts Advisor a accès lui a déjà permis de construire une solution d’approvisionnement en pièces de rechange équipementières, en pièces de réemploi (PRE), en pièces de carrosserie et est actuellement en discussion avec un fournisseur national pour développer une offre de pneumatiques.

Renault à son tour dans la pièce équipementière

Parts Advisor sait cependant qu’il lui sera plus compliqué de séduire les réparateurs sous enseigne d’un groupement que les réparateurs indépendants… Mais il a déployé une force de vente, qu’il essaye actuellement de faire grossir. «Car ce que les réparateurs attendent, c’est que l’on vienne les voir, qu’il y ait une relation humaine avec nous», souligne Julien Dubois. «Nous voulons construire une communauté d’utilisateurs et l’animer du mieux possible pour créer de la valeur à la fois pour les réparateurs et pour les distributeurs.»

Une certitude en tout cas : via sa start-up et même si c’est par une stratégie prudent d’intermédiation, le groupe Renault vient ainsi d’officialiser, après PSA et sa stratégie aftermarket, sa présence sur le marché de la distribution de pièces équipementières…

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