Contrôle technique : les tarifs ont bondi de plus de 12%

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A l’occasion de la publication de sa quatrième étude nationale sur les prix du contrôle technique, le comparateur en ligne Simplauto.com constate que les tarifs de la prestation auraient augmenté de 12,3% au niveau national entre 2017 et 2018, année de la réforme de la grille d’analyse. Un constat nuancé selon les départements et par le temps plus important passé par les contrôleurs…

Les investissements consentis par les professionnels du contrôle technique en prévision des évolutions réglementaires ne sont pas pour rien dans les augmentations de prix de la prestation.

On le sait : les chiffres issus de l’exercice 2018 en matière de contrôle technique sont à prendre avec des pincettes… Après le grand rush des automobilistes dans les centres de CT avant le 20 mai 2018 –date d’entrée en vigueur de la nouvelle grille d’analyse des défaillances– le nombre de contre-visites avait certes augmenté, comme en témoignait encore l’UTAC-OTC en avril dernier (+22,7% sur le parc d’environ 20 millions de VP contrôlés), sur les sept derniers mois de 2018… Mais la comparaison entre le taux de contre-visites de l’année 2017 (18,56%) et celui de l’année 2018 dans son ensemble (+18,99%) révélait une certaine constance.

Passé le constat des contre-visites, qu’en est-il de la hausse des tarifs du contrôle technique, maintenant ? Là, le chiffre devrait moins faire plaisir aux automobilistes… Du moins, si l’on en croit les statistiques fraîchement révélées par le comparateur en ligne Simplauto.com, spécialisé dans l’étude des prix du CT. Le site web, qui vient de faire paraître sa quatrième étude nationale consacrée aux tarifs du contrôle technique, pointe une hausse de 12,3% du prix moyen de la prestation en 2018 par rapport à l’année précédente. En effet, la moyenne des tarifs pratiqués par les plus de 3 600 centres étudiés par Simplauto.com révèle que le prix du contrôle est passé de 69,08 euros en 2017 à 77,62 euros en 2018…

De fortes disparités à l’échelle nationale

«Cette hausse de 12,3% est historique et inédite depuis que nous publions ces statistiques, affirme d’ailleurs Simplauto.com dans un communiqué. À l’échelle nationale, on observe une forte disparité des prix, puisqu’ils peuvent varier de 45 euros à 110 euros pour une même prestation.» Pour certifier la légitimité de ses chiffres, la start-up rappelle que les tarifs ont été relevés sur les sites officiels des réseaux de contrôle technique, ne prennent en compte aucune réduction, et que l’étude en question porte sur un échantillon de 57% du parc total de centres de CT (les fameux 3 600 sus-cités). «Les résultats sont donc représentatifs», insiste Simplauto.com.

Sans surprise, les plus faibles hausses tarifaires sont recensées dans trois des quatre départements d’outre-mer étudiés (+1,67% en Guyane, +1,82% en Martinique, +3,66% à La Réunion) ainsi que dans plusieurs départements d’Île-de-France (+2,43% dans les Hauts-de-Seine, +3,52% en Seine-Saint-Denis, +5,73% dans les Yvelines, +7,05% à Paris, +7,28% dans le Val-de-Marne, +8,04% dans le Val d’Oise), où les prix sont déjà parmi les plus élevés de l’Hexagone.

La Haute-Savoie, reine du contrôle technique cher

Mais certains départements où les tarifs flambaient déjà trouvent malgré tout moyen d’être dans le peloton de tête des plus fortes augmentations ! C’est le cas de la Haute-Savoie, département où le CT est le plus coûteux avec 97,49 euros (+18,54% d’augmentation !), devant la Corse (92,45 euros), qui accuse la plus forte hausse de l’année 2018 avec +24,93% sur la facture moyenne ! Au total, quatre autres départements ont vu leurs tarifs moyens dépasser les 20% de hausse : les Alpes-Maritimes (+21,45%), l’Aube (+21,43%), le Haut-Rhin (+21,24%) et l’Aude (+20,02%).

A l’inverse, c’est en Moselle que l’on dépense le moins, en moyenne, pour faire contrôler son véhicule : 67,09 euros, malgré une augmentation de 10,56% du prix entre 2017 et 2018. Désormais, il n’y a plus que sept départements où le tarif moyen du contrôle technique est inférieur à 70 euros… Outre la Moselle, on trouve l’Ariège (68,87 euros, +13,65% d’augmentation), l’Indre-et-Loire (69,52 euros, +11,02%), la Loire (69,59 euros, +13,71%), le Loiret (69,64 euros, +4,53%), la Martinique (69,75 euros, +1,82%) et le Pas-de-Calais (69,96 euros, +7,98%).

Sortir des villes pour trouver moins onéreux ?

Côté villes, c’est à Nice, dans les Alpes-Maritimes (06), que l’on paye le plus cher son contrôle technique, en moyenne, avec un tarif de 95,90 euros relevé par Simplauto.com, soit 5 euros de plus que dans la deuxième ville la plus chère, qui n’est autre que Chambéry, en Savoie (73) ! Simplauto.com indique toutefois que les tarifs élevés constatés dans une ville donnée ne sont pas une fatalité et que les automobilistes n’ont pas forcément à les subir puisque «dans les villes où le contrôle technique est très cher, il suffit parfois de se rendre dans un centre en dehors de l’agglomération pour payer son contrôle technique moins cher».

La start-up pose toutefois la question de la durabilité de ces hausses de tarif, surtout compte tenu de la baisse de fréquentation constatée dans les centres au cours des mois qui ont suivi l’entrée en vigueur de la réforme… Aussi, «certains d’entre eux proposent déjà des promotions pour pallier à ce manque d’activité [même si] les tarifs restent malgré tout supérieurs aux prix constatés avant la réforme».

Équipement des centres et durée du contrôle en cause

Bien sûr, si les prix moyens du contrôle technique ont augmenté, c’est aussi parce que, comme l’ont rappelé Dekra, les enseignes du groupe SGS ou encore Actia, fournisseur de matériel de contrôle, en amont de la réforme de mai 2018, les professionnels du secteur ont dû se former et s’équiper en conséquence. Un mouvement qui n’est pas terminé puisqu’au 1er juillet prochain, les nouvelles mesures du contrôle d’opacité doivent entrer en vigueur, elles qui avaient été repoussées de six mois suite aux annonces de décembre 2018 du Président de la République, Emmanuel Macron, dans le cadre de sa réponse au mouvement des gilets jaunes.

En outre, l’augmentation de la durée du contrôle pour faire face aux nouvelles obligations réglementaires du phrasier a mécaniquement renchéri la main d’œuvre facturée par les centres de CT. L’augmentation ne vient donc pas de nulle part… Mais une fois les réformes du contrôle technique toutes entrées en vigueur et la plupart des centres équipés du matériel nécessaire à l’examen des véhicules, il y a fort à parier que les années suivantes devraient connaître des hausses tarifaires moins élevées que celles de 2018 ou que celle qui s’annonce en 2019.

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