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Covid-19 : le confinement source d’une véritable foire aux questions

Aussi bien les professionnels qui nous lisent que les particuliers qui suivent incidemment nos articles continuent de s’interroger quant au flou laissé par les autorisations de circuler et de maintenir son activité dans le cadre du confinement instauré pour limiter la propagation du coronavirus Covid-19. Nous nous en faisons donc écho ici-même…

FAQ. L’acronyme réservé à la “Foire aux questions” dans le paysage d’internet peut aussi s’appliquer à ce que nous enregistrons sur Après-Vente Auto depuis que la France est passée au stade 3 de l’épidémie de coronavirus Covid-19 et plus encore depuis que le Président de la République, Emmanuel Macron, a instauré ce mardi 17 mars des mesures de confinement pour la majorité de la population, exception faite des professionnels exerçant une activité indispensable au fonctionnement de la nation.

Parmi celles-ci, les professions de réparateur automobile et de distributeur d’équipements auto, logiquement autorisées à pratiquer pour des raisons de maintien de la mobilité des VP, VUL et VI dédiés au transport des biens de première nécessité et des personnes engagées dans la lutte contre le virus. Cependant, l’autorisation d’ouvrir les ateliers de réparation ainsi que l’autorisation de circuler laissée dans certains cas génère une cohorte d’interrogations de la part de nos lecteurs professionnels… Ainsi que des particuliers qui, comme souvent lorsque nous abordons des thématiques dépassant notre seul secteur, arrivent sur notre site.

Ouvrir ou ne pas ouvrir, telle est la question

Des questions d’autant plus légitimes que les réseaux d’entretien-réparation n’ont pas tous la même approche du problème. S’il est entendu que les showrooms et surfaces de vente au détail doivent être fermées au public et que les concessionnaires, agents de marque et centres auto l’ont tous fait, certaines enseignes ont poussé la logique jusqu’à fermer aussi leurs ateliers. Ainsi en va-t-il de Feu Vert et des réseaux du groupe Mobivia, Norauto et Carter-Cash. Résultat : encore plus d’interrogations déposées sur nos articles. « Par exemple, Renault Minute, 50 clients par jour, doit-il rester ouvert ? », se demande ainsi VK sur notre fil info de la journée de dimanche. Le constructeur au Losange a certes interrompu sa production de VN mais son réseau de garages n’a pas été enjoint, pour l’instant, à cesser ses activités.

« J’ai un garage de réparation de voitures, ai-je le droit d’être ouvert ? », se demande carrément Tatiana Fernandez, réparatrice, à l’instar de Mme. Meyer, distributrice, qui s’interroge : « j’ai un commerce de pièces auto pour particuliers et pro. Est ce que je peux ouvrir ? » Si les mesures prises par le gouvernement proscrivent le service au comptoir aux particuliers, les professionnels, eux, peuvent continuer de recourir aux services de son établissement et de l’ensemble des distributeurs de pièces et d’équipements auto de France. Mais cela ne coule visiblement pas de source, malgré les précisions de l’arrêté ministériel du 16 mars stipulant quelles activités peuvent continuer d’accueillir du public et lesquelles ne le peuvent pas.

Grand flou sur le contrôle technique…

La principale interrogation qui planait, aujourd’hui, sur le secteur des services de l’automobile concerne cependant l’activité du contrôle technique. Plusieurs informations contradictoires ayant successivement circulé, nous n’avons encore pas été en mesure de donner une réponse ferme et définitive à M. Assaby et Catherine Le Coz, qui nous ont questionné à ce sujet. « On nous dit que les centres de contrôle technique restent ouverts. OK, moi je suis salarié. L’Etat a-t-il fourni masques et gants aux gens qui doivent travailler en recevant du public ? Nous, on peut mourir ? On est indispensable au bon fonctionnement de la vie [du pays]… N’importe quoi », s’exaspère ainsi M. Bazile.

« Les centres de contrôle technique devront-ils finalement fermer ce soir en Île-de-France compte tenu du confinement ? », nous demandait Danneels quelques minutes avant l’adresse d’Emmanuel Macron aux Français. Idem pour Claire, inquiète : « étant donné qu’à partir [du 17 mars à] 12 h nous ne pourrons plus nous déplacer que pour certaines obligations, qu’en est il du contrôle technique de ma voiture ? J’ai rendez-vous le 19 mars, date de péremption de mon CT, si je suis les mesures imposées par le gouvernement je n’ai pas le droit de me rendre au centre de contrôle, donc dès la reprise de la circulation “normale” je serai en infraction, sans compter le délai pour obtenir un nouveau RDV… » Dans le doute et dans l’attente d’informations de la part de son ministère de tutelle, le réseau de contrôle technique Autovision a décidé de suspendre l’activité de ses centres en propre et l’activité des centres PL.

…ainsi que sur la location de véhicules

Autre métier sur lesquelles les informations circulant étaient contradictoires, jusqu’à aujourd’hui : la location de voitures. « Je travaille chez un concessionnaire au service de location dans un showroom et c’est ouvert, nous signalait Tarton. On nous a fourni masque et gants. La location de véhicule est elle considérée comme indispensable ? » Sans présumer de son indispensabilité, reste que l’activité de location et de location-bail de véhicules automobiles conserve l’autorisation d’ouvrir, selon l’arrêté ministériel du 16 mars. Dans ce contexte d’interrogations, c’est toutefois autour de la réparation auto que les arguments pour et les contre l’ouverture s’opposent, qui par nécessité de maintenir la mobilité des véhicules nécessaires au transport de marchandises de première nécessité et de personnels soignants, qui par nécessité de protéger la santé des collaborateurs.

« J’ai quand même du mal a comprendre cette logique […] quand on demande à un vendeur qui, lui, voit environ trois à quatre clients par jour, de rester chez lui alors que nous, personnels de l’après-vente qui touchons clefs, poignés, leviers de vitesses, volant des véhicules clients, devons êtres ouverts ! N’est-ce pas un vecteur de contamination gratuit ? », s’offense LB, professionnel de l’entretien mécanique. Carole Musso abonde : « et pourquoi miser sur la peur des gens pour diminuer les contacts plutôt que de fermer directement ? Quelle est l’urgence vitale à faire réparer son véhicule quand les déplacements sont limités. Rester ouvert incite les gens à venir. Du grand n’importe quoi. Vous continuez à mettre en danger les salariés ».

De quoi irriter Aufèvre, qui estime que « rester ouvert permet à chacun de pouvoir faire réparer son véhicule quand il peut encore aller travailler, ou qu’il est réquisitionné ! Une infirmière, un médecin, une ambulance, les pompiers… Ils font comment s’ils sont en panne ? Il y a des obligations à ne pas pas bloquer un pays en laissant aller travailler les personnes utiles à la nation dans cette crise sanitaire. Voila pourquoi certains garages restent ouvert pour aider les personnes qui travaillent à continuer de travailler ». A voir les positions contraires de certains groupes de concessions, de centres auto ou de garages indépendants, la question n’apparaît pas encore tranchée entre professionnels.

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