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Patrick Cholton (FFC) : «donner la priorité au monde du transport»

Plutôt disert depuis le début de la crise sanitaire, Patrick Cholton, président de la FFC appelle aujourd’hui le gouvernement donner la priorité au secteur du VI et du TRM, vital en cette période de crise sanitaire. Et à donner aussi les moyens aux chefs d’entreprise de reprendre au plus vite l’activité pour ne pas enrayer la belle dynamique enregistrée jusqu’ici…

Patrick Cholton, président de la FFC et de Solutrans

Patrick Cholton, président de la FFC et de Solutrans

Sur le front auprès de ses adhérents depuis le début de la crise sanitaire, Patrick Cholton, président de la FFC, prend la parole pour que les pouvoir publics prennent la pleine mesure du caractère vital du monde du TRM.

«Que ce soit pour livrer les hôpitaux mais aussi les supermarchés et tous les commerces de proximité, les chauffeurs restent sur la route en cette période de confinement afin que les soignants puissent soigner, et que les français puissent manger», rappelle-t-il. Et d’ajouter : «avant le confinement, le TRM représentait 88% des volumes de marchandise transportés ; depuis le début de la crise sanitaire, ce chiffre est passé à 98%…»

Et d’apporter tout son soutien aux professions de transporteurs et de chauffeurs-livreurs : « nous avons demandé à tous nos adhérents à ce qu’ils leurs réservent le meilleur accueil lors des livraisons», explique Patrick Cholton. Par ailleurs, la FFC a fait diffuser une vingtaine de spots en soutien à la filière transport.

Le président de la FFC espère que la période actuelle, aussi dramatique soit-elle, permettra au camion de sortir de cette crise avec une meilleure image tant auprès de la classe politique que du grand public. Mais il entend bien profiter des 2e Rencontres de la filière camion, le 17 novembre prochain, et de la prochaine édition de Solutrans en 2021 (voir encadré) pour mettre définitivement le VI sur le devant de la scène…

Reprendre au plus vite…

S’il considère que la sortie de crise devrait d’abord s’opérer au niveau national, il tient à souligner les multiples problématiques auxquelles les chefs du monde du transport et de la carrosserie industrielle vont être confrontés. «Aujourd’hui, environ la moitiés des entreprises du secteur sont encore en activité, mais chacun s’est structuré depuis trois semaines et nombreux sont les chefs d’entreprises à souhaiter vouloir reprendre au plus vite», explique le président de la FFC. En outre, les trésoreries ne sont pas exsangues, les organismes mobilisé comme la BPI -ou les banques en général- jouant le jeu.

Cependant les salariés ont peur, et les dirigeants ne sont pas rassurés non plus. Quid de leur responsabilité en effet si l’un de leurs collaborateurs venait à être contaminé durant son travail ? La filière, comme beaucoup d’autres, manque cruellement de masques : constructeurs de VI, carrossiers constructeurs et équipementiers ne peuvent de ce fait garantir la protection de leurs salariés. «J’ai adressé un courrier la semaine dernière au Premier ministre ainsi qu’à 5 ministère (NdlR : dont le ministère de l’Economie, celui des Transports et celui du Travail) afin de mettre en place une plateforme où les TPE pourraient s’approvisionner en masques, gants, EPI et gel hydroalcoolique».

A noter également : le président de la FFC a demandé dans ce courrier à ce qu’un conseiller dédié à la filière soit nommé afin que les informations du secteur soit remontées en temps réel au gouvernement.

… et s’approvisionner au plus tôt

La question de l’approvisionnement va aussi inévitablement se poser : alors que la crise de 2008-2009 avait vu les entreprises touchées de plein fouet avec un arrêt net des prises de commandes, les stocks des entreprises de la filière étaient d’un an… La crise actuelle voit certes un net recul des prises de commandes aussi (de l’ordre de -80% selon Patrick Cholton), mais les carnets de commandes témoignaient jusqu’à un passé très récent de l’excellente dynamique du secteur du VI et de la carrosserie industrielle.

Mais les stocks ne représentent plus aujourd’hui que deux ou trois mois d’activité. «La Chine se relève doucement et les premiers approvisionnements n’arriveront pas avant juin-juillet», avertit le président de l’organisation professionnelle. Il ne faudrait pas qu’à l’activité partielle de trop nombreuses entreprises françaises succède un chômage technique faute d’approvisionnement en matières premières…

Solutrans pas en danger

Si les événements se sont annulés les uns après les autres pour le premier semestre 2020, la question se devait d’être posée au président de la FFC, organisation professionnelle propriétaire du salon Solutrans. L’édition 2021 est certes encore loin, mais plus de 50 % de la surface est d’ores et déjà vendue. «Durant la première quinzaine de confinement pas moins de deux constructeurs VI ont réservé leur emplacement pour la prochaine édition», précise Patrick Cholton. Le président de la FFC voit d’ailleurs dans le salon 2021 l’occasion de mettre en avant une filière vertueuse, humaine. «Jamais un événement de ce type n’aura une tel importance pour toute la filière», estime-t-il. Et faire de l’événement plus qu’un ‘simple’ salon : un véritable carrefour international du véhicule industriel et utilitaire…

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