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Formation : confiner, mais sans confiner la formation

Même si l’activité se poursuit dans certains ateliers et chez certains distributeurs, reste que le volume d’affaires actuel dans la filière des services de l’automobile est en berne depuis le début des mesures de confinement. Aussi, pour que l’après-confinement soit propice à une relance effective, il faut continuer de veiller à ce que les professionnels du secteur soient formés et bien formés, raison pour laquelle les forces vives de la filière se mobilisent.

L’activité automobile a beau être en forte baisse depuis l’entrée en vigueur du confinement, cela ne veut pas dire que ses professionnels doivent mettre de côté la formation. C’est même un enjeu pour toute la filière des services de l’automobile, car il s’agit de ne pas se retrouver encore plus dépourvu de compétences au moment de reprendre l’activité pleinement qu’avant l’apparition du Covid-19.

Le CNPA ne s’en cache pas : «l’enjeu est de maintenir les ressources, humaines et financières, qui permettent et permettront à toutes les entreprises de la Branche -500 000 actifs- de surmonter la crise et de redémarrer dans les meilleures conditions possibles».

Certes, depuis le 16 mars dernier, l’accueil du public en formation au sein des centres de formation des Apprentis (CFA) et des organismes de formation dédiés aux métiers de la branche est suspendu. Mais les partenaires sociaux de cette dernière ont invité unanimement, par délibération paritaire n°4-20 du 24 mars 2020, l’ensemble des parties prenantes de la branche dans leurs champs respectifs de compétences (ANFA, CFA ʺpilotes et associésʺ, GNFA, OPCO Mobilités) à se mobiliser pour que l’activité de formation soit maintenue par le déploiement de solutions de formation à distance. Il faut «que soit évitée au maximum toute rupture de parcours de formation ou d’apprentissage», précise le CNPA.

Encourager les classes virtuelles

Tous ces acteurs ont donc mis en place, pour assurer à distance une continuité pédagogique, des plateformes de formation à distance ou d’e-learning (Moodle, Electude, Ypareo ou Netoffice) pour certains CFA, ainsi que des classes virtuelles pour les CFA et le GNFA.

Celles-ci on néanmoins nécessité la transformation de modules initialement conçus pour de la formation présentielle. «Il s’agit de créer un environnement d’enseignement dans lequel les participants peuvent interagir, communiquer, partager des supports et les commenter entre stagiaires avec le formateur, le tout de manière digitale et à distance», selon le CNPA.

Le GNFA relève d’ailleurs que cela concerne près de 1 200 jeunes en contrats de professionnalisation préparant les certifications de qualification professionnelle de vendeur automobile confirmé, d’attaché commercial automobile et de réceptionnaire après-vente. L’ANFA, de son côté, va prochainement mettre en place une plateforme collaborative et numérique de ressources présentant l’ensemble des outils accessibles aux établissements de formation, CFA et lycées professionnels préparant aux métiers des services de l’automobile et pouvant servir des enseignements technologiques.

Un catalogue de formations à distance proposé

Par ailleurs, un catalogue de formations à distance avec une trentaine de modules accessibles aux formateurs et enseignants de ces établissements est disponible et 650 formateurs y sont déjà inscrits.

Enfin, l’ANFA organise des webinaires sur les fondamentaux de la formation à distance, sur le suivi des jeunes, sur l’évaluation de leurs travaux à destination des CFA Réseaux, Pilotes ou Associés et met à disposition de ces derniers d’une hotline avec la société Stratice. Selon une étude réalisée par cette mêle ANFA auprès de 200 CFA, réseaux ou hors réseaux, 100% de ces établissements assurent une continuité pédagogique dans le domaine de l’apprentissage et 60% dans le cadre des contrats de professionnalisation.

L’OPCO Mobilités se mobilise également pour déployer massivement des modalités de formation à distance. «En effet, ce dernier assure, outre le financement des CFA –même fermés– au titre du ʺcoût-contratʺ déterminé par la branche des Services de l’automobile, une mission d’accompagnement auprès des organismes de formation et CFA de la branche en leur mettant à disposition sur son site internet un modèle d’attestation d’assiduité précisant l’atteinte d’un ou de plusieurs objectif(s) pédagogique(s) et, ce afin de faciliter la prise en charge des formations à distance », souligne le CNPA.

Plus particulièrement, les CFA de la branche des services de l’automobile, dont le GARAC et l’Institut national du cycle moteur (INCM), font le nécessaire pour maintenir une proximité avec les jeunes au travers d’un suivi régulier, par SMS ou téléphone, des différentes informations actualisées et conseils disponibles sur leurs sites web respectifs et les réseaux sociaux.

Une enquête nationale lancée par le Ministère du Travail

Afin de mesurer la situation à laquelle font face les établissements et organismes de formation actuellement et estimer leurs besoins dans ce contexte, le Ministère du Travail va diligenter une enquête nationale.

«Cette enquête, à laquelle le CNPA et ses organisations patronales et paritaires vont participer, va permettre de disposer d’un état des lieux de la situation des organismes de formation et des CFA, d’identifier les mesures prises pour traverser cette crise et proposer aux apprenants les meilleures solutions possibles, explique l’organisation professionnelle présidée par Francis Bartholomé. Elle permettra également d’identifier les leviers à activer pour préparer l’après-crise, dans le cadre du « Plan R3 » qu’a lancé le CNPA.»

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