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30% des réparateurs estiment leur entreprise en danger au-delà du mois de mai

Selon une enquête diligentée par Alliance Automotive Group (AAG) auprès de 830 garages, carrosseries et fast-fitters clients du groupement, 30% des réparateurs estiment leur activité en danger si le confinement se prolonge au-delà du mois de mai, alors que, dans le même temps, moins de la moitié d’entre eux ont saisi les bouées de sauvetage qui leur sont accordées, à savoir un Prêt garanti par l’Etat (PGE) et/ou à une aide du Fonds de solidarité…

Considérant disposer d’un panel représentatif de réparateurs parmi sa clientèle, qu’ils soient garagistes et carrossiers sous enseigne de l’un de ses réseaux ou non, ou qu’ils soient agents de marque voire fast-fitters, Alliance Automotive Group a sondé 830 d’entre eux, tous issus de sa base clients, entre le 8 et le 10 avril. Objectif : les questionner sur la façon dont ils vivent la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19 et surtout, comment ils envisagent l’après-confinement.

Et s’ils sont 30,2% à estimer leur entreprise en danger de faillite si le confinement se prolonge au-delà du mois de mai, au lieu de s’arrêter le 11 comme le laissait entendre l’allocution du Président de la République, Emmanuel Macron, le 13 avril dernier, ils sont aussi 48,07% de plus à juger que la pérennité de leur activité est en question si les mesures de restriction de circulation se prolongent encore deux ou trois mois. Seuls 21,74% des professionnels sondés par AAG affirment être en mesure de tenir bon quelle que soit l’issue du confinement…

Des aides pas encore sollicitées… ou qui ne le seront pas !

Paradoxalement, l’enquête du groupement révèle que plus de la moitié des entrepreneurs sondés (54,3%) n’ont toujours pas sollicité l’une des principales aides mises à leur disposition, qu’il s’agisse du Prêt garanti par l’État (PGE) et/ou d’une aide du Fonds de solidarité. Si 26,69% des réparateurs du panel pensent le faire dans les prochaines semaines, 27,7% d’entre eux affirment carrément vouloir s’en passer ! Un choix en dépit du bon sens ou une décision sérieusement motivée ? L’enquête ne le précise pas. Mais nous l’avons constaté en écoutant les professionnels réparateurs : ils ont souvent peur du “retour d’élastique”. Différer les charges et emprunter, c’est bien. Mais l’absence de visibilité sur le retour des exigences fiscales et sociales de l’État comme des banques les rend souvent très prudents…

Toujours est-il que seuls 9,9% des professionnels interrogés ont mobilisé les deux dispositifs en date du 10 avril. Bien entendu, pour les plus petites entreprises, procéder aux démarches administratives parfois complexes qu’exige l’obtention du PGE ou d’une aide du Fonds de solidarité peut relever d’un vrai parcours du combattant, raison pour laquelle AAG rappelle qu’il a mis en place une hotline téléphonique pour accompagner les réparateurs dans leurs démarches administratives, pour qu’ils bénéficient des aides de l’État et des collectivités territoriales.

Une reprise d’activité progressive et avec des mesures barrières claires

Pour ce qui est de la reprise d’activité post-confinement, il y a les optimistes –29,11% des sondés– qui tablent sur un afflux massif de clients jusqu’à l’été pour remédier aux pannes que leurs véhicules auraient pu connaître à la suite de leur immobilisation forcée ou pour rattraper une éventuelle défaillance identifiée au contrôle technique. Mais il y a aussi ceux, peut-être plus lucides, en tout cas plus fatalistes, qui imaginent une reprise progressive d’ici la rentrée de septembre (42,87% des sondés), plus nombreux donc que ceux qui considèrent que leur activité va reprendre normalement une fois le confinement terminé (28,02%).

Mais puisqu’il ne pourra pas y avoir de reprise d’activité digne de confiance sans mise en œuvre de mesures barrière et de précautions pour limiter tout rebond de l’épidémie de coronavirus, les réparateurs aussi devront mettre leur établissement en conformité avec les attentes sanitaires de leurs clients.

Ils ne sont pourtant que 57,97% de réparateurs à envisager de communiquer sur les mesures qu’ils auront prises envers leurs clients, qu’il s’agisse de communication sur le lieu de vente, de SMS ou de campagnes d’emailings. Une précaution de plus, pourtant, afin de s’assurer que les automobilistes pourront revenir faire entretenir leur véhicule en toute quiétude.

4 commentaires concernant “30% des réparateurs estiment leur entreprise en danger au-delà du mois de mai”

  1. Bonjour,
    Garagiste poids lourds, nous avons tenté un redémarrage de l’activité ce jour
    Les problèmes sont beaucoup plus complexes qu’on ne le pense : obligation de laisser les portes fermées, faire déposer les véhicules la veille, désinfecter les clés pour la première étape.
    A savoir qu’il n’y a pas plus sale qu’une cabine de poids lourds ou autre engins de TP, les marchepieds, les poignées de portières, les volant, les sièges , les tapis de sol, les freins d’échappement, les leviers de vitesses et autres commandes. Si l’on doit respecter les mesures de précautions, il nous faut du matériel de protection : à ce jour, impossible d’avoir des masques (et commandés depuis le 14 mars) des visières toujours en attente, des protège-volants, levier de vitesses, siège, tapis, poignées de portières, freins d’échappement, et autres accessoires. Quant aux gants, nous en avons un peu, mais il va en falloir une quantité astronomiques, car il faut les changer à chaque fois. Sans compter le problème de protection lors de dépannage. Le nettoyage et désinfection après livaison du véhicule.
    Tout cela sans compter la bêtise de nombreuses personnes qui n’en n’ont rien à faire et font comme ils ont envie, (ce n’est pas nouveau, mais ça continue avec le COVID 19).
    Reste aussi le problème des pièces détachées, qui ne sont pas livrées car il n’y a pas de transport.
    Tout cela engendre beaucoup de frais supplémentaires, que nous allons être obligé de répercuter sur le montant de nos prestations.
    Il est très complexe de travailler dans un tel contexte. Travailler : ok, mais un bon nombre d’entreprises vont être dans le rouge, et se faire payer sera encore plus compliqué que d’habitude. L’excuse du COVID sera parfaite pour certains habitués du principe.
    Donc dans ces conditions je ne vois pas une situation saine à venir avant bien longtemps. Il va falloir changer les mentalités et ça ne va pas se faire avant longtemps j’en ai peur.

  2. Lorsque la panne survient, toutes les pièces deviennent urgentes, quelque soit la catégorie socio-professionnelle à laquelle vous appartenez.
    En l’occurrence, le service auquel vous faites référence consiste à être dépanné sur des pièces destinées à des véhicules prioritaires ou assimilés comme tels (VP de médecins, d’infirmières, …).
    Dans l’absolu, c’est un service qui concerne moins de 5% des véhicules du parc global, mais vous avez raison de le signaler, c’est bien le seul fait d’arme d’AAG qui mérite d’être cité.

    L.CHARVERS

  3. C’est une enquête qui a juste le mérite d’exister, 830 sondés sur l’ensemble de la filière réparation c’est aussi représentatif et aussi instructif qu’une enquête sur le taux d’équipement en Gyropodes, chez les séniors …
    Il est malgré tout bon de rappeler que le groupement AAG a été le premier à décréter la fermeture de l’ensemble de ses plateformes et de ses magasins en filiale, avec pour unique conséquence de laisser orphelin les distributeurs indépendants et l’ensemble des réparateurs, y compris les adhérents des réseaux (Garages et Carrosseries).
    Alors que le gouvernement exhortait les professionnels du secteur de la réparation et de la maintenance automobile, à maintenir un niveau de service cohérent avec le besoin de mobilité, et cela pour l’ensemble de nos concitoyens et plus particulièrement pour le personnel soignant et ceux qui demeurent dans des zones rurales dépourvues de commerces de première nécessité.
    En même temps, AAG encourageait à l’aide de très belles vidéos dignes des meilleures réalisations de Marc Dorcel, débordantes de judicieux conseils, à envisager l’après Covid-19 en recourant à des financements avec des taux d’usuriers et à profiter du temps libre pour ranger vos garages Messieurs, car il faut bien le dire c’est quand même un peu le bordel chez certains.
    Heureusement qu’au milieu de cette confusion, certains ont su garder la tête froide en assurant un niveau de service exceptionnel, je pense bien évidemment à quelques plateformes et équipementiers (elles et ils se reconnaitront), aux transporteurs, aux distributeurs et aux réparateurs, aussi je tiens à tous les remercier sincèrement pour cet engagement sans faille.
    Nous sommes en guerre parait-il ? Assurément, la première ligne est composée de commandos d’élite, du Professeur à l’aide-soignant(e), la deuxième ligne est moins savante, moins glorieuse mais elle aura permis à tous, de la prairie aux rayons en passant par le transport, de remplir vos réfrigérateurs, d’utiliser vos véhicules et de subvenir aux besoins élémentaires voire indispensables, de la vie courante.
    Et enfin, il y a les Généraux dont le centre de commandement est très éloigné de la zone de combat, celui d’AAG est au fond du couloir, il se concentre sur la stratégie et l’analyse … Grand bien lui fasse.

    L.CHARVERS

    • Note de la rédaction: Vous conviendrez que AAG a certes fermé le mardi 17 mars, mais il a aussi déployé un dispositif dès le jeudi suivant permettant de livrer les pièces urgentes et d’effectuer les réparations urgentes…

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