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GiPA 5 pays : France à -77%, Italie et Espagne à -96%, Allemagne à… -44%

Selon le GiPA qui déploie un baromètre d’activité dans 10 pays dont 8 en Europe continentale (5 détaillés ici), les ateliers italiens et espagnols, en avance de quelques jours de confinement sur la France et le Royaume-uni, sont au fond du trou. Seule la disciplinée Allemagne surnage. Reste à évaluer l’état d’esprit des consommateurs, que le GiPA va interroger pour comprendre leurs projets estivaux, donc les kilomètres qu’ils feront en plus ou en moins, clés d’une compréhension des mécanisme d’une relance très attendue…

Eric Devos, DG du GiPA.

Eric Devos, DG du GiPA.

Deux premiers constats : hormis l’Allemagne qui fait une nouvelle fois figure de bon élève (confinements ciblés + activité économique largement maintenue), les 5 autres pays européens majeurs de l’après-vente ont tous plongé en eaux profondes.

C’est encore l’Allemagne qui gagne

«Même si la France et le Royaume-Uni s’en sortent un peu mieux que l’Italie ou l’Espagne qui sont proches de l’arrêt d’activité complet, seule l’Allemagne tire son épingle du jeu», souligne Eric Devos, DG du GiPA international. Si donc la moyenne des ateliers ouverts dans ces 5 pays atteint 51%, c’est uniquement grâce à cette légendaire discipline mâtinée de pragmatisme qui caractérise nos voisins germaniques. Leurs ateliers sont ouverts… à 100% !

Ces études étant gratuites pour les adhérents GiPA et payantes pour les autres qui souhaitent travailler leur business plan de relance, il ne nous donnera logiquement pas plus de chiffres que ceux présentés ci-dessus. En sachant que la même étude, actualisée à un rythme quinzomadaire, est aussi disponible pour la Russie, la Pologne, le Portugal, le Mexique et le Brésil. L’échantillon comprend environ 5 130 professionnels. La Chine n’y est pas car déjà en phase de déconfinement.

Italie et Espagne presque à l’arrêt

Pour nous aider toutefois à mieux comprendre les variations d’un pays à l’autre, Eric Devos a bien voulu nous donner les chiffres d’activité (chiffre d’affaires) relevés dans le “G5” européen auprès des spécialistes du pneu (en se souvenant que ce chiffre ne concerne que les entrées-ateliers VL et VUL, donc PL et autres exclus).

Ce qui peut vouloir dire que les -96% affichés par les pneumaticiens italiens qui entraient en confinement le 9 mars, comme par les Espagnols (15 mars) présupposent d’encore plus tristes performances françaises (16 mars) et anglaises (23 mars) en ces deux semaines 15 et 16 (du 6 au 19 avril) qui s’achèvent. Les mêmes causes produisent les mêmes effets…

«Ces chiffres sont une photographie de ce que constatent les pros ouverts durant la semaine 14 (NdlR : incluant les vraies ouvertures comme ceux juste disponibles pour les urgences)», rappelle Eric Devos. Comprendre que ces seuls chiffres ne permettent pas de savoir ce qu’il s’est passé avant ladite semaine, ni ne présupposent de ce que constateront les prochaines analyses comparées des semaines à venir. Une certitude toutefois : «ces baromètres d’activité se fondent sur une méthodologie similaire dans chaque pays, avec des échantillons robustes et comparables», souligne-t-il.

La question des kilomètres perdus

Il a bien voulu évoquer avec nous les hypothèses sur lesquelles le GiPA travaille pour ébaucher des scenarii crédibles de reprise d’activité. Pour la France, le GiPA travaille toujours sur un déconfinement au 17 mai. Mais Eric Devos ne veut pas s’avancer tant qu’il n’aura pas fini d’interroger les échantillons consommateurs. Car une partie substantielle de l’avenir immédiat des ateliers après-vente en France -comme ailleurs dans le monde- dépendra essentiellement de leurs projets d’été, si été déconfiné il y a vraiment.

Ce sont toujours les mêmes questions, déjà évoquées dans notre précédent article (voir «Etude GiPA France : déjà 626 M€ perdus par les ateliers de réparation auto…»). Notamment ces fameux kilomètres perdus d’ici la fin de l’année et synonymes, dans des proportions qu’il reste donc à affiner, de la dimension d’un possible rattrapage partiel au moins d’ici fin 2020.

Bien sûr, reviendront vite les prestations prévues mais différées par le confinement. Comme les défaillances mécaniques constatées après deux mois de quasi-immobilité. «Les contrôles techniques différés amèneront aussi leur lot d’obligations de réparation», ajoute Eric Devos.

Mais les réponses précises dépendront aussi de l’analyse fine des projets estivaux des consommateurs-automobilistes. «On peut imaginer que les Français et les autres citoyens européens se retrouveront face aux mêmes questions, évoque Eric Devos. Reprendre les transports en commun ou jouer la sécurité en privilégiant la voiture retrouvée ? Partir en vacances en train, en avion, voire en covoiturage ou là encore, dans la sécurité sanitaire d’une voiture personnelle ? Et d’ailleurs partir où : à l’étranger ou, prudemment dans son pays, pour mieux retrouver les familles et les amis privés de contact pendant de longues semaines ? Et surtout, avec quels moyens financiers et avec quelles perspectives d’emploi ?

Parier sur l’inertie du marché

Et il y en a des variables à mieux maîtriser. Dans le seul milieu de l’après-vente, la question du pouvoir d’achat est déjà prégnante, des constructeurs jusqu’au plus petit des garages. Sans même évoquer les pros qui craignent un dépôt de bilan et son possible cortège de licenciements (voir «30% des réparateurs estiment leur entreprise en danger au-delà du mois de mai»), on parle de bonus et de primes gelées, d’augmentations de salaires à oublier… On chuchote même de possibles réductions de salaires. Et hormis les secteurs de l’agroalimentaire ou de la pharmacie, l’ensemble de l’économie, donc des automobilistes, est logée à la même enseigne…

Voilà pourquoi Eric Devos et son GiPA attendent que le consommateur se soit prononcé avant de jouer les devins. Mais s’il veut avant tout s’appuyer sur des chiffres fiables et cohérents, il ne se départit pas d’un relatif optimiste. «C’est certes la première fois que les marchés après-vente dévissent aussi violemment et aussi simultanément. Mais ces marchés ont certains facteurs spécifiques, avec une forte inertie. Beaucoup de secteurs ne peuvent pas compter sur cette chance incroyable !»

Comme d’habitude, nous vous tiendrons au courant…

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