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Activité, approvisionnement, mesures barrières : Vroomly fait la lumière sur le 11 mai

Afin de donner à ses clients garagistes quelques clefs pour envisager le déconfinement progressif du 11 mai prochain et la reprise qui va avec, Vroomly avait réuni, lors d’une visioconférence, des représentants du GiPA, d’IDLP et du CNPA afin de faire le point sur les attentes en matière d’activité, d’approvisionnement et sur les exigences sanitaires nécessaires.

« A six jours de la date du 11 mai, à laquelle doit débuter le déconfinement, nous constatons que les chiffres d’ouvertures de points de vente augmentent : 6 ateliers sur 10 sont actuellement ouverts à l’accueil client », explique Xavier Pacilly, directeur général de GiPA France. Invité à donner quelques clefs pour envisager la reprise d’activité à venir lors d’une visioconférence organisée par le comparateur de garages Vroomly, qui avait réuni plus de 150 garages à cette occasion, l’homme a toutefois rappelé à quel point les semaines passées furent difficiles pour tout le secteur de la réparation automobile.

Une partie du CA perdu en réalité reportée

« Depuis le début du confinement, les garages ont rencontré de nombreux soucis et la perte d’activité, dans le secteur, s’est élevée à environ 80% du chiffre d’affaires, explique Xavier Pacilly. Chaque semaine, c’est une perte de 1,2 à 1,8% de leur CA annuel qui part en fumée, ce qui équivaudra, sur l’année, à 15% de chiffre d’affaires annuel théorique. » Mais le dirigeant du célèbre institut d’études spécialisé dans l’automobile se montre toutefois optimiste : « une partie de ce chiffre d’affaires sera en réalité reporté parce que les échéances d’entretien qui devaient avoir lieu durant les mois de confinement vont être déplacées ».

Le GiPA a en effet calculé que «si 5% du chiffre d’affaires annuel sera forcément perdu, puisque les véhicules auront moins roulé, le rattrapage des 10% restant sur ces 15% dépendra de la confiance des clients et des solutions mises en place par les réparateurs pour les accueillir, que ce soit au niveau sanitaire ou au niveau des services, comme l’extension des plages horaires d’accueil, par exemple». Xavier Pacilly estime également que «les automobilistes ont besoin de revenir au garage même s’ils sont inquiets, aussi les réparateurs vont devoir les rassurer en leur prouvant qu’ils peuvent apporter des services supplémentaires adaptés à la situation, comme un service de jockey, entre autres».

La voiture comme bulle de protection

Selon le GiPA, les mesures sanitaires prises par les garages vont avoir un rôle important pour convaincre le client de revenir dès que possible «car beaucoup d’automobilistes craignent de laisser quelqu’un d’autre qu’eux et leurs proches entrer dans le véhicule : la voiture va remplir, à court terme, un rôle d’enveloppe protectrice pour éviter les risques de contamination». Et de la décontamination, il va en falloir car les Français ne vont pas se ruer sur des véhicules neufs. «Les ventes VN du premier quadrimestre 2020 ont reculé de 48% et les automobilistes vont conserver leurs véhicules, occasionnant un vieillissement du parc favorable à la rechange et notamment à l’après-vente indépendante», précise Xavier Pacilly.

Sollicitée par Vroomly lors de cette visioconférence, Delphine Lamy, responsable QSE au CNPA, est venue appuyer le discours du GiPA concernant l’attention portée à la prise en charge du véhicule en termes sanitaires. «Tous les points de contact dans le véhicule devront être désinfectés et un lavage des mains devra être pratiqué avant et après la prise en charge, souligne-t-elle. Même si la facturation de la prestation reste un point discuté mais non encore tranché au sein de la branche des services de l’automobile.» Et pour le paiement, «là encore, il devra se faire par carte bancaire et sur une machine désinfectée avant et après règlement».

Rassurer aussi les collaborateurs

Mais rassurer le client passera d’abord par rassurer les collaborateurs et, en cela, Delphine Lamy a rappelé les précautions à prendre sur le lieu de travail pour éviter toute contamination. «Il y a cinq mesures principales à prendre, précise-t-elle. D’abord, informer les employés et réorganiser le temps de travail sur la base des conseils prodigués dans le guide de bonnes pratiques récemment édité par IRP Auto, tout en prenant soin d’appliquer les mesures du protocole de déconfinement établi par la Direction générale du travail (DGT). Ensuite, mettre à jour le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Puis, se procurer les équipements de protection individuelle (EPI). Aussi, sécuriser les espaces de travail et réorganiser le parcours client. Enfin, procéder à un nettoyage méthodique des locaux.»

Ce qui signifie, pour la vie de l’équipe de collaborateurs du garage, de proscrire les contacts, de réorganiser les pauses déjeuner, de mettre des marquages au sol dans les vestiaires afin de maintenir une distanciation sociale que la branche des services de l’auto a fixé à 2 mètres entre chaque personne. «En outre, il est important de rappeler que le protocole de déconfinement de la DGT recommande d’éviter les croisements entre personnes, d’établir un espace individuel réservé de 4 m² par salarié, ainsi que l’individualisation des postes de travail et des outils, sans quoi il faudra s’astreindre à une désinfection des surfaces», explique Delphine Lamy.

Des EPI et des produits dédiés

Par ailleurs, la responsable QSE du CNPA a rappelé aux participants à la visioconférence l’importance de créer un sens unique de circulation dans l’atelier et la création d’un parcours client à l’accueil du garage. «Sans oublier la nécessité d’aérer les locaux deux fois par jour et de laisser les portes ouvertes pour éviter à quiconque de devoir poser ses mains sur les poignées.» Côté clients, d’ailleurs, Delphine Lamy a insisté sur la nécessité de fonctionner uniquement par prise de rendez-vous et l’importance de n’accueillir qu’un seul client à la fois au comptoir.

Et pour les EPI et produits à utiliser, alors ? Se munir, bien entendu, de masques, de gants, se désinfecter les mains au gel hydroalcoolique ou avec du savon avant et après l’intervention, ainsi que nettoyer les parties communes tous les jours, le matériel collectif après chaque utilisation et le matériel individuel une fois par jour. «Il convient d’user de produits tensioactifs (savon, dégraissants, détergents, détachants) pour le nettoyage des parties les moins à risques de contact et d’utiliser de l’eau de javel ou des produits de nettoyage virucides ou désinfectants pour les surfaces présentant des risques plus importants.»

Quid de l’approvisionnement ?

Avant le passage au stade 3 de l’épidémie d Covid-19, l’une des grandes questions qui agitait le secteur de l’après-vente, face à la suspension de la production des usines en Chine et en Italie, était celle de l’approvisionnement en pièces et de la disponibilité, à moyen terme, des références nécessaires à l’entretien du parc roulant. Un point sur lequel Vroomly a tenu à faire réagir Fabrice Godefroy, dirigeant du groupe IDLP et directeur général du groupement de distribution Alternative Autoparts. Celui-ci a rappelé qu’en tant qu’activité essentielle à la poursuite de la vie de la nation, l’après-vente automobile avait pu garder ses établissements ouverts et qu’en dépit d’une baisse de 80% du chiffre d’affaires au début du déconfinement, l’activité début mai s’établissait entre 40 et 50% du CA habituel.

Surtout, Fabrice Godefroy s’est montré optimiste quant à la capacité de la filière à assurer la maintenance des véhicules. «Je suis optimiste car les deux mois d’immobilisation vont engendrer des problèmes techniques sur bon nombre d’équipements, à commencer par les batteries, qui se déchargent à force de ne pas rouler, explique-t-il. Et surtout, le stock est là : nous disposons habituellement d’une profondeur de gamme de trois mois sur nos plateformes et, la plupart du temps, les équipementiers nous ont livré des références que nous n’avons pas encore pu vendre, nous avons donc eu le temps de les stocker et pourrons répondre aux besoins rapidement, d’autant que la plupart des distributeurs ont rouvert.»

Du côté d’IDLP même, la tendance est à l’optimisme. «Nous n’avons aucun problème d’approvisionnement pour lers 288 000 références de notre plateforme nationale de Fresnes (94) et nous avons commencé à réorganiser nos livraisons habituelles, à raison de 4 fois par jour, alors que nous avions réduit la logistique à 1 livraison quotidienne, explique Fabrice Godefroy. Nous sommes, de plus, passés à la livraison sans contact et, dès le 11 mai, nous aurons mis en place des sas, des panneaux vitrés à chaque comptoir et mis à disposition de nos clients pro du gel hydroalcoolique.»

Des pratiques que de nombreux acteurs de la distribution ont déjà commencé à mettre en place également. De quoi redémarrer l’activité plus sereinement pour l’ensemble des collaborateurs du secteur.

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