A la Une Plan de relance

Les principales propositions des organisations professionnelles

En attendant de découvrir le plan de relance général pour l’automobile qu’Emmanuel Macron présentera mardi, voilà la synthèse des propositions faites par les principales organisations professionnelles, classées métier par métier (commerce VN/VO, équipementiers, distributeurs-stockistes, réparateurs multimarque, spécialistes/pneumaticiens, experts, carrossiers, contrôleurs techniques, déconstructeurs, détaillants en carburants, loueurs LCD/LLD).

Elles sont toutes sur le pont depuis le début du confinement. Attentives dans un premier temps à accompagner leurs adhérents dans la compréhension et la mise en place parfois complexes des aides déployées, les organisations professionnelles travaillent aussi à faire entendre les besoins, transversaux ou spécifiques, des acteurs de l’après-vente dans le cadre d’une relance réussi.

Objectif : obtenir les meilleures conditions pour qu’un maximum d’entreprises amortisse le coup et les coûts de ce confinement et se relance victorieusement dans la durée. Des entreprises qui n’ont pas toutes vécu le confinement de la même façon, selon qu’elles soient par exemple liées au VI/VUL qui n’a pas chuté de plus de 50% pendant le confinement, au VP avec ses -80%, aux pièces de réemploi à -95% ou à l’éducation routière au triste record de -100% (non évoquée dans ces pages car extérieure à l’après-vente).

Le tout, en tenant compte de problématiques variées selon qu’on soit petite entreprise de services automobiles (plus de 95% de la filière comptent moins de 11 salariés) ou plus grosses (moins de 5% du total) sans oublier les géants industriels (constructeurs, équipementiers et sous-traitants) qui font l’offre VN.

Cette crise, inédite en ce qu’elle cumule chute de l’offre ET chute de la demande en bousculant des métiers variés aux problématiques différentes et même parfois contradictoires, rend particulièrement complexe l’équation réussie d’une relance profitable à toute la chaîne de l’automobile…

Rappel des mesures générales demandées au nom de tous les métiers des services…

Avant d’accéder aux mesures spécifiques à chacun des 11 métiers (voir liens ci-dessous), voici un rappel préalable des mesures générales et transversales qui concernent tous les métiers liés par l’activité après-vente :

  • Toutes les organisations plaident ainsi pour une prorogation des mesures d’urgence (prêts garantis par l’État, activités partielles, fonds de solidarité…) et ce, au moins jusqu’à l’automne 2020, parfois même jusqu’à la fin de l’année pour le chômage partiel (CFEA/ANEA), à tout le moins dégressif les mois à venir et non pas interrompu en juin (FNA). La Feda demande même que les prêts garantis puissent se rembourser en dix ans et non 5 comme actuellement. Objectif général : laisser le plus de temps possible aux entreprises pour se reconstruire en lissant au mieux le contrecoup du confinement et d’une reprise nécessairement lente.
  • Beaucoup demandent que les reports de charges soient, partiellement ou totalement, convertis en exonération pure et dure au moins pour les deux mois de confinement.
  • Toutes demandent évidemment que les administrations “collectrices” (Urssaf, Impôts, etc.) soient sensibilisées pour qu’elles ne “présentent pas les factures” de façon brutale et exigible sans négociations d’étalement si besoin.
  • Toutes plaident pour l’accompagnement du gouvernement en EPI (Équipement de Protection Individuelle) et autres process sanitaires essentiels à la restauration de la confiance. Le CNPA et la Feda notamment ont déployé des moyens de distribution de ces dispositifs sanitaires à destination des divers métiers de l’après-vente avec, respectivement, l’appui logistique de PHE et AAG .
  • Beaucoup s’inquiètent de la formation, de l’employabilité des apprentis et par extension, de la capacité des entreprises à recruter et garder leurs salariés. La réforme en cours de la formation est donc pointée du doigt, en ce qu’elle limite l’enveloppe disponible pour l’entreprise, donc la capacité de former beaucoup de salariés et impose des avances de formation remboursées postérieurement. A l’heure même où les trésoreries sont affaiblies et les besoins de formation, essentiels à la relance, notamment celles qui concerne l’accélération de la digitalisation induite par l’expérience du confinement, le CNPA et la FNA notamment insistent sur la nécessité de revoir au moins provisoirement l’actuel dispositif.
  • La chaîne équipementiers-distributeurs-réparateurs ayant la pièce en commun, on retrouve à la Fiev, à la Feda, au CNPA et à la FNA notamment des demandes similaires, notamment sur un accompagnement consumériste du contrôle technique et de certaines prestations d’entretien réparation concernant l’environnement et la sécurité. Nous les avons laissées dans chaque métier malgré leur récurrence car cette convergence des propositions est non seulement légitime à chaque niveau, mais se renforce ainsi collégialement.
  • En outre, nous n’avons retenu ci-après que les propositions-phares qui soutiennent l’activité services des entreprises telles qu’elles sont entrées dans la crise et telles qu’elles veulent en sortir, sans donc lister les nombreuses propositions qui doivent permettre leurs mutations vers les nouvelles mobilités.
    Cette lettre à un Père Noël plutôt vert que toutes les organisations professionnelles ont faite est certes sincère. Elle a aussi pour vertu de “colorer” leurs demandes de ces préoccupations environnementales et autres aspirations consuméristes aux nouvelles mobilités afin de ne pas froisser les diverses sensibilités à la fois gouvernementales et électoralistes. Sachez qu’il existe ainsi énormément de propositions telles celles intégrant des approches multimodales (voitures, vélos, trottinettes et autres autopartages, bornes de recharge présentes dans beaucoup de métiers divers…) ou le soutien aux startups et autres évolutions digitales propres à encourager les mobilités complémentaires et/ou alternatives.
    Vous retrouverez certainement ces mesures générales, saupoudrées dans la version définitive du très complexe plan de relance de l’ensemble du secteur automobile encore en cours d’élaboration qui sera donc officialisé mardi…

N.B. : Cette synthèse des propositions que les organisations patronales du secteur défendent a été faite avant les derniers arbitrages gouvernementaux encore en cours. Ne soyez donc pas surpris d’en voir certaines passer à la trappe, d’autres apparaître bien que non citées ici ou d’autres encore, être amendées suite à la volonté de construire un plan de relance coordonné tenant compte à la fois de l’amont industriel et de l’aval des services.

  1. Distributeurs VN/VO (CNPA & FNA)
  2. Equipementiers (FIEV)
  3. Distributeurs-stockistes (FEDA)
  4. Réparateurs multimarques (CNPA & FNA/APAM)
  5. Spécialistes/pneumaticiens (SPP/APAM)
  6. Experts (ANEA)
  7. Carrossiers (CNPA, FFC-Réparateurs et FNA)
  8. Contrôleurs techniques (CNPA & FNA/APAM)
  9. Déconstructeurs (CNPA & FNA)
  10. Détaillants en carburants (CNPA & FNA)
  11. Loueurs LCD/LLD (CNPA)

1 commentaire concernant “Les principales propositions des organisations professionnelles”

  1. Toutes ces demandes sont particulièrement motivées si l’on considère que chaque unité économique, chaque entreprise, tente de se remettre en ordre de marche. Les mesures d’accompagnement au rang desquelles, en premier lieu le chômage partiel, ont eues pour objectif de sauvegarder la pérennité des emplois dans l’attente d’un retour de l’activité. Mais, ce but ultime ne peut être atteint que si la consommation retrouve ses niveaux passés et c’est bien la le noeud du problème. Dès lors que l’on commence à évoquer le fait que c’est le moment d’inciter les Français à tendre vers de nouvelles mobilités, on condamne d’office à une disparition pure et simple une partie des structures… et des salariés. Les tensions induites par le confinement et la fermeture administrative de nos entreprises risquent, et on le constate avec le montant global des sommes épargnées par les Français en deux mois, d’avoir un impact fort sur le niveau général de consommation. D’avoir aussi un impact fort sur un déplacement des habitudes de consommation vers l’électrique si d’aventure le gouvernement, comme il semble le laisser entendre, favorise ce mode de déplacement. S’il est aujourd’hui devenu évident de changer notre « logiciel de pensée », faire abstraction du parc actuel et des stocks VN serait mettre à feu une seconde bombe, en contradiction avec l’état tant antérieur qu’actuel des marchés du secteur automobile. Brûler les étapes pourrait ainsi sonner le glas d’un nombre terrible de petites et moyennes entreprises.

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