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La MAIF déplore le retard à l’allumage des autres assureurs

Quelques semaines après avoir fait les frais de l’ire de ses confrères assureurs et mutualistes lorsqu’elle a choisi de rembourser à ses sociétaires une partie de leurs primes d’assurance auto pendant le confinement, la MAIF riposte à son tour, reprochant à ses homologues d’avoir réagi trop tard pour agir envers leurs assurés, entreprises comme particuliers, portant ainsi un sérieux préjudice à l’image du secteur de l’assurance tout entier. Depuis leurs ateliers, les carrossiers doivent s’en amuser…

C’était il y a quelques semaines à peine : la MAIF, qui réalise une grande partie de ses revenus dans l’assurance automobile, avait annoncé rembourser 100 millions d’euros à ses assurés, issus des primes annuelles, disant prendre acte de la chute du nombre d’accidents durant le confinement. Pour la peine, les autres grands acteurs de l’assurance auto –pourtant bénéficiaires de la situation née de ce confinement pour ce qui est de l’activité automobile– lui étaient tombé dessus à bras raccourcis, l’accusant à mots à peine voilés de faire cavalier seul avec cette action.

La réponse du berger à la bergère

L’argument de la MAIF avait pourtant été repris par des associations de consommateurs, comme l’UFC Que Choisir, pour exiger que tout le secteur agisse de même, mais la Fédération française de l’Assurance (FFA) avait souligné qu’il était trop tôt pour faire de tels calculs. Et du côté des entreprises, bien évidemment, la question de la prise en charge des pertes d’exploitation dues aux fermetures obligatoires du 15 mars au 11 mai, était régulièrement revenue au visage des compagnies et mutuelles d’assureurs ces dernières semaines…

Aujourd’hui, quatre semaines après la levée du confinement, la MAIF dégaine à son tour et vise ses homologues pour avoir manqué de réagir alors que l’image du secteur de l’assurance tout entier pouvait encore éviter d’être égratignée. «Nous avons beaucoup perdu collectivement à ne pas réagir plus tôt, plus et plus fort, a estimé Pascal Demurger, directeur général de la mutuelle dans un entretien au magazine Le Point. Au final, le coût pour les assureurs ne sera pas moindre que s’ils avaient consenti des gestes plus tôt. La seule différence, c’est que le secteur va subir une perte de crédibilité et d’image relativement forte.»

Une réaction des assureurs tardive… et un brin forcée

Depuis, les assureurs, poussés par le gouvernement, ont tout de même consenti à des efforts financiers à hauteur de 1,75 milliard d’euros, lesquels comprennent notamment une contribution de 400 millions au fonds de soutien mis en place par l’État pour les petites entreprises. S’y ajoute 1,5 milliard d’euros d’investissements dans les PME, les ETI et la santé promis par le secteur. Ainsi Pascal Demurer reconnaît-il que «le secteur de l’assurance est en train de contribuer beaucoup plus fortement que ce qu’il prévoyait de faire en début de crise», mais déplore cependant le «décalage» entre son groupe et ses concurrents.

Trop tard pour bien faire ?

Alors que le métier d’assureur est parfois caricaturé comme l’art d’ouvrir son parapluie quand il fait beau et de le refermer lorsqu’il pleut, le secteur de l’assurance n’a pas su réagir à temps pour éviter la pluie de critiques qu’il subit désormais. « Fallait-il attendre la fin de l’année pour faire notre geste [envers nos assurés] ?», s’interroge le directeur général de la MAIF, qui estime qu’il «était de notre responsabilité d’être solidaires et de faire un geste tout de suite étant donné l’ampleur de la crise».

D’autant que la reprise de la circulation à la suite du confinement a fait repartir à la hausse les chiffres de la sinistralité, qui vont naturellement faire bondir les coûts subis par les compagnies et mutuelles d’assurance… De quoi freiner toute nouvelle initiative allant dans le sens de celle de la MAIF.

3 commentaires concernant “La MAIF déplore le retard à l’allumage des autres assureurs”

  1. Chômage partiel envisagé par la Maif mais apparemment ils ont abandonné l’idée.

    A première vue aucune assurance ne l’a appliqué.

    Suis pas un fan des assurances mais faut pas non plus lancer de fausses rumeurs.

  2. la MAIF un leurre pour communiquer alors qu’elle a profité du système du chomage partiel à l’inverse des autres assureurs

  3. La bonne et les mauvaises assurances, le nouveau sketch des inconnus…

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La rédaction