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Stations-service : vers une perte de 50 % des profits d’ici à 2035

Colombus Consulting vient de publier une nouvelle étude sur la mobilité électrique. Elle étudie l’impact sur l’avenir des stations-service à horizon 2050. La baisse de la consommation de carburant est inéluctable.

La décarbonation des transports va logiquement entraîner une diminution des ventes de carburants fossiles, surtout que les politiques publiques programment l’arrêt des ventes de véhicules neufs 100% thermiques en 2040. À cela s’ajoute dès à présent la réglementation sur les émissions de CO2, l’aide à l’achat, les primes à la conversion pour les véhicules électriques particuliers, etc. De nouvelles stations-service traditionnelles vont inévitablement fermer, alors que c’est déjà le cas pour les trois quarts du parc (de 7,5 stations/100 km² en 1980 à 2 stations/100 km² en 2016).

La grande distribution, qui a pris le relais, représente aujourd’hui la moitié du parc avec une part de marché qui est passé de 13 % en 1980 à 63 % en 2020. « Certaines stations-service en zone rurale sont déjà en difficulté financière en raison des faibles volumes de carburants vendus, explique Gaël Gautier, consultant senior Énergie pour Colombus Consulting. Ce service de proximité est pourtant indispensable à la mobilité des habitants, dépendants de leur véhicule. Dans ce contexte, la qualité de service pourrait se dégrader dans certaines zones rurales et entrainer l’apparition de zones blanches sans l’intervention des collectivités locales ».

Les stations-service veulent répondre aux besoins

Dans le contexte à venir, la grande distribution devrait elle aussi souffrir de la baisse de la consommation de carburant avec une chute estimée jusqu’à -48 % d’ici à 2035.

« Les services liés à la mobilité électrique deviennent alors des leviers de différenciation et de plus en plus d’enseignes mettent à disposition des bornes de recharge pour fidéliser leur clientèle et attirer de nouveaux consommateurs », précise François Hemono, consultant senior Énergie pour Colombus Consulting. Le réseau autoroutier doit donc s’adapter pour répondre aux besoins de mobilité sur de longues distances. Pour cela, différents modes de recharge peuvent être imaginés : une recharge rapide (environ 15 min) à coût plus élevé, pour les usagers les plus pressés, et une recharge plus lente (environ 60 min), à tarif réduit, qui pourrait servir de produit d’appel pour les services et commerces sur place.

Comme la recharge des véhicules électriques nécessite 6 fois plus de temps (sur une borne 50 kW), les sites vont évoluer et se décentraliser pour investir en priorité les emplacements de stationnement de longue durée : lieux de loisirs et de vie, lieux touristiques, etc. « D’après nos estimations, nous devons tendre vers une décentralisation et une meilleure répartition des réseaux de recharge sur le territoire. Des expérimentations sur de nouveaux modes de recharge sont également en cours : remorques de recharge, recharge par induction, etc. », conclut Simon Issard, manager chez Colombus Consulting et co-auteur de l’étude.

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