Reprise de Fog: Autovision, pourquoi?

Autovision a un projet industriel pour Fog, c’est indéniable. Surtout à une époque où contrôle, pré et post-contrôle techniques jouent un rôle croissant dans la vie des ateliers et donc, dans la définition des matériels de garage de demain…

Centre_Autovision.jpgQui aurait pu raisonnablement croire que Fog allait disparaître, comme le faisaient craindre des concurrents logiquement opportunistes pour en capter les clients inquiets ou de possibles repreneurs (voir «Fog, laissez-le vivre!») qui, eux, avaient intérêt à noircir un tableau déjà suffisamment sombre pour mieux négocier la reprise? La fin de l’entreprise aurait créé un vide difficilement acceptable pour la plupart de ses acteurs (distributeurs, fabricants, fournisseurs…). Une évidente communion d’intérêt imposait à tous qu’une solution pérenne soit trouvée.

Nouvel organigramme
Fin donc des spéculations et des mauvaises rumeurs: depuis hier, Autovision (contrôle technique, notre photo) et « Le Monde de l’Automobile » (dont le P-dg Jacob Abbou détient aussi Coprosa, éditeur de presse professionnelle) ont «emporté l’affaire» devant le tribunal de Commerce, remettant le fabricant octogénaire dans le sens de la piste. On ne sait pas pour combien de centaines de milliers d’euros l’affaire a été conclue.
Dominique_Fourleignie.jpgMais le nouvel organigramme, lui, est connu. Jacob Abbou prend la direction de Fog. Bernard Bourrier (patron d’Autovision) préside un nouveau conseil de surveillance. Dominique Fourleignie, directeur général d’Autovision (photo ci-contre) et ancien patron de Bem Muller (devenu Actia-Muller), prend logiquement en charge le redéploiement industriel et commercial de la marque. Jonathan Habersztrau, jeune ingénieur diplômé de HEC, prend les commandes de l’usine de Briare dans le Loiret et Jacques Eliezer, ancien directeur financier de JVC Professional Europe, assure le suivi des affaires financières.Reste à connaître les modalités d’un inévitable et très prochain plan social (80 emplois menacés sur 250 collaborateurs) sur lequel nous reviendrons…

Autovision: assise industrielle
Autovision (voir «Autovision prêt pour la réglementation de 2010»), trouve dans l’affaire une assise industrielle. L’occasion d’y faire développer des produits parfaitement adaptés au marché du contrôle comme d’ailleurs à celui de l’équipement de garage. En intégrant par exemple, dès la conception, les futures et nécessaires développements qu’exige déjà l’électronique omniprésente des véhicules.

Le beau marché du pré et post-contrôle
Bien sûr, Autovision met dans l’escarcelle ses 930 de centres et leurs besoins, présents et à venir, en équipements. Certes, le fait même qu’Autovision détienne Fog ne favorise pas les débouchés pour du matériel de contrôle pur et dur: les autres réseaux de contrôle technique écumeront toutes les solutions alternatives du marché avant de venir se fournir auprès de la filiale de leur concurrent.
Mais là n’est sûrement pas l’enjeu pour Autovision. Car à l’opposé, la «carte Autovision» peut donner une extraordinaire légitimité aux productions du nouveau Fog auprès des réparateurs et des têtes de réseaux.
Car les repreneurs n’ont sûrement pas oublié que le pré-contrôle représente jusqu’à 10% du CA d’un atelier d’entretien-réparation, faisant du contrôle technique l’un des premiers pourvoyeurs d’activité des réparateurs. Et le post-contrôle vient quasiment doubler la mise. En 2008 en effet, un peu moins de 4,4 millions de véhicules ont été soumis à contre-visites, soit un petit 10% des 47 millions d’entrées-ateliers que les 40000 réparateurs français se partagent en France.
C’est là que la reprise de Fog peut donc prendre tout son sens: qui mieux qu’un spécialiste du contrôle technique peut en effet produire un matériel parfaitement adapté à presque 20% de l’activité d’un réparateur?

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