Equip Auto 2009: bilan globalement positif !

91 160 visiteurs, soit un recul de seulement 15% sur 2007 (106 000 entrées). Bousculé bien malgré lui par les turbulences de la crise financière et menacé un temps par la psychose très française de la pandémie grippale, le Salon vient de boucler son édition 2009 sur un bilan suffisamment rassurant pour qu’il puisse regarder 2011 avec sérénité…

EQUIP_bilan.JPGEquip Auto revient des enfers. Menaces pandémiques, crainte d’annulation, peur de sous-fréquentation: on s’étonnait presque, le 13 octobre dernier, qu’il ait pu réussir à ouvrir. Mais aussi fragilisé qu’il ait pu paraître ces longs derniers mois, le salon a finalement fait preuve d’une sacré constitution.
Et son visitorat aussi. Certes clairsemé, ce dernier aura suffisamment irrigué ses allées, ses stands et les carnets de commandes des exposants pour que, passée une première journée en demi-teinte, les sourires reviennent.

Miracle…
Dès le 2ème jour, la tendance se traçait. De stands en stands, les exposants échangeaient leurs informations. On a commencé par se féliciter du nombre et de la qualité des visiteurs étrangers: oui, ils sont venus. On a continué en constatant que les clients importants étaient eux aussi au rendez-vous. Enfin, on a commencé à comparer les CA engrangés jour après jour avec ceux de l’édition 2007: oui, les clients sont bel et bien venus avec leurs chéquiers. Heures après heures, jour après jour, la faiblesse annoncée s’est transformée en business inespéré.

Et un petit miracle s’est produit. Les visiteurs absents ont finalement permis aux présents d’être mieux reçus, mieux traités par des exposants moins bousculés et moins stressés par les traditionnelles cohues. Les clients, ceux qui ont bravé virus et sinistrose, ne sont pas venus pour flâner mais bel et bien pour acheter .

Petit à petit, on a fini par moins voir ces zones trop vides et ces halls fermés que la crise à disséminé de façon parfois trop visible dans ce parc des expositions de villepinte devenu trop vaste.
Et un slogan s’est répandu pour ne plus se démentir: moins de quantité, mais plus de qualité. Entendez: moins de temps perdu, plus de revenus…

Naissance d’un nouveau format ?

Bien sûr, on a moins ri, moins fait la fête. La nocturne de vendredi n’a pas été un franc succès, surtout de l’avis de ceux qui se souviennent des anciennes éditions, quand les bouchons sautaient par centaines et que les clients devenaient des amis en s’éternisant bruyamment sur des stands transformés en réunion de famille.

Mais finalement, la crise a peut-être révélé ce que deviennent inéluctablement les Salons professionnels en général et Equip auto en particulier: des salons d’affaires où le nombre des visiteurs individuels s’efface derrière les acheteurs grands comptes, moins nombreux mais tellement plus importants; moins festifs mais tellement plus lucratifs.

C’est peut-être, c’est sûrement le nouveau format d’Equip Auto que l’on a vu naître dans les douleurs de la crise et de sa crise. Il faudra bien finir par oublier le bon vieux temps pour regarder devant. Il y aura dorénavant moins de mètres carrés. Les stands seront dorénavant moins arrogants, moins dispendieux. Plus efficaces aussi. Et plus rentables encore.

En réussissant à redonner le sourire à ses exposants, Equip Auto a réussi un sacré et impossible triplé. Au pire moment de son histoire, il a su être une parenthèse dans la crise. Il a su redonner confiance à ceux qui n’auraient pas parié un euro sur son avenir. Et même à faire regretter aux absents de ne pas être venus, condamnés à errer dans les allées à la recherche de clients déjà invités ailleurs. Ils auront bien sûr du mal à le reconnaître. En tout cas, plus de mal que n’ont eu les exposants initialement sceptiques à reconnaître que l’édition 2009 a été finalement bonne…

Beaucoup de remises en question nécessaires

Bien sûr tout n’est pas résolu. Villepinte, cette machine à facturer et à augmenter, est définitivement trop chère. Dans ses mètres carrés, peut-être. Mais en temps de restrictions budgétaires, dans ses mesquineries, surtout: pas facile de calmer un exposant qui paie 104€ une prise IP qui aurait coûté 10€ dans la plus petite des quincailleries. Pas facile d’excuser le prix exorbitant des parkings quand il y en a tellement de vides. Pas facile de subir les tarifs des sous-traitants, qui s’excusent en expliquant qu’eux-mêmes sont “rackettés” par le parc des expositions.

On ne plus faire contre mauvaise fortune, beaux coups. Villepinte aussi va devoir apprendre à faire une croix sur le bon vieux temps. Au risque sinon de voir ceux des temps nouveaux faire une croix sur lui.

Mais les abus de Villepinte ne doivent pas occulter les mauvaises habitudes d’Equip Auto lui-même. Son actionnariat continue d’espérer de la bête ce qu’elle ne peut plus guère donner. Il va falloir, là aussi, se remettre en question. Le nouveau président de la Fiev Claude Cham, interviewé par plusieurs journalistes dans le cadre d’Equip Auto, a expliqué que ce Salon doit exister et qu’il va élargir le cercle des discussions pour imaginer un avenir solide et pérenne à Equip Auto.

C’est bien de l’avoir dit. Maintenant, il va falloir le faire. Les paroles s’envolent parfois, mais leur souvenir reste…

Enfin, surtout, il va falloir aussi que les composantes de la rechange, équipementiers et distributeurs en tête, se pardonnent les mauvais coups, les positions dominantes, la LME et les petits conflits d’intérêt. Il est presque ridicule, voire inconvenant, que des groupements organisent leurs propres salons peu de temps avant Equip auto pour s’abstenir ensuite d’y venir. Il est tout aussi inconvenant qu’un groupement organise une soirée avec ses clients équipementiers et qu’une poignée distributeurs-adhérents seulement se sente obligée de venir. La crise financière pourrait au moins avoir le mérite d’éteindre la crise «égonomique» qui égratigne les relations et abime les nécessaires solidarités.

A quand les États Généraux de l’après-vente?

En début d’année, les constructeurs ont su, eux, organiser de flamboyants États Généraux pour parler d’une seule voix et décrocher subsides et soutiens. On attend toujours les États Généraux de l’après-vente. Plus utiles que ceux qui se sont perdus, en des temps là aussi révolus, dans les sables de Marrakech. Plus urgemment constructifs aussi.

Car il va falloir se dire une bonne fois pour toutes que la somme des trop visibles intérêts particuliers, en temps de crise surtout, préserve moins que jamais l’intérêt général de tout un secteur. Et que la rechange, toute la rechange, a plus que jamais besoin de se retrouver, au moins dans “son” Salon.

Les doutes qui ont abusivement menacé Equip Auto 2009 sont finalement les symptômes d’une maladie plus grave qu’il faudra rapidement soigner : la dangereuse déliquescence de l’identité commune de la rechange automobile. Une identité commune qui va du plus puissant des équipementiers jusqu’au plus petit des MRA. Une identité commune qui est, finalement, bien plus en danger qu’Equip auto…

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La rédaction