CSIAM VI : l’horizon continue de s’assombrir

Le deuxième quadrimestre met en lumière un très net ralentissement des immatriculations de VI de plus 5t. Et ce n’est vraisemblablement pas demain qu’elles vont repartir à la hausse…

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Pas de surprise : les chiffres révélés par la branche VI de la CSIAM pour le deuxième quadrimestre de l’année viennent confirmer les impressions de début d’année. L’exercice promet d’être « sportif » pour les constructeurs de camions ! En effet, avec seulement 24 113 unités immatriculées à fin août depuis le début de l’année, les volumes accusent un recul de 9,4% par rapport à la même période en 2013. Cette baisse tient pour une très large part dans le recul très sensible des immatriculations de tracteurs (-11,9%), avec 12 720 immatriculations entre janvier et fin août 2014, contre 14 435 un an plus tôt. Le segment des porteurs de plus de 5 tonnes limite quant à lui sa chute (-6,5% quand même), avec 11 393 immatriculations contre 12 182 l’an passé sur la même période. Et encore, les premiers mois de l’année 2014 ont été bons car concernant des commandes en toute fin d’année dernière…

Par ailleurs, il convient de préciser que cette « résistance » des porteurs sur un marché déprimé est, elle aussi, «essentiellement technique» selon Jean-Noël Thénault, président de la CSIAM VI et président de Volvo Trucks pour la France : les ventes de tracteurs ayant explosé durant les derniers mois de 2013, ils reculent très significativement aujourd’hui, ce qui a moins été le cas des porteurs, où le phénomène d’anticipation sur l’arrivée d’Euro 6 n’a pas été fort car beaucoup de porteurs sont en compte propre. Une population de clients qui préfèrent faire durer le produit plutôt qu’investir en période de faible visibilité économique. Et d’ajouter : «au sein du segment des porteurs, la distribution se porte relativement bien, ce qui n’est pas le cas des porteurs dédiés au secteur du bâtiment !»

Les VUL de 3,5 à 5t continuent quant à eux de plonger, avec des immatriculations en chute libre, avec -27% de janvier à fin août 2014 par rapport à la même période en 2013. Un exercice qui n’était déjà pas bon…

Vers une volumétrie durablement revue à la baisse ?

Le président de la branche VI de la CSIAM s’est livré sur son analyse des prochains exercices : «lorsque l’on voit l’absence de croissance, l’absence d’investissements, une rentabilité des transporteurs mise à mal par les taxes et les changements de réglementation, on voit bien qu’ils ont, de concert avec leurs clients chargeurs, optimisé considérablement le chargement de leurs véhicules. Ils utilisent mieux leur(s) véhicule(s). Et à l’heure où les tonnes transportées reculent, on ne se dirige vraisemblablement pas vers des volumes d’immatriculation d’avant crise, et ce pour un moment. Le taux de renouvellement des véhicules est en train de changer». La tendance de fond serait donc à des volumes de vente durablement revus à la baisse. Du moins pour ce qui concerne le marché français…

Car les constructeurs estiment le marché européen globalement stable en volume (avec environ 270 000 immatriculations par an). Ils notent en revanche de grandes disparités dans l’espace comme dans le temps : les traditionnels marchés porteurs que sont l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont repris des couleurs, tandis que l’Espagne et surtout l’Italie affichent des baisses inquiétantes. De même, si la Russie tirait les volumes il y a encore 3 ou 4 ans, les immatriculations se sont effondrées depuis. Mais la Pologne a pris le relais, et devient l’un des marchés les plus importants en volume sur le continent.

Les réseaux en première ligne

Face à ces changements, les constructeurs ont bien sûr redimensionné leur outil industriel. Le problème aujourd’hui est que «ce sont les réseaux qui subissent de plein fouet le contexte économique», déclarent Stéphane Chandon, directeur produit chez Iveco, ainsi que Samuel Cablant, directeur marketing chez DAF. Aussi, les constructeurs tentent-ils de fidéliser encore davantage leurs clients transporteurs pour développer leur activité après-vente, plus cruciale que jamais en matière de rentabilité.

Une activité qui ne profite visiblement pas des contre-performances enregistrées en matière de ventes de VN : Jacques Bruneel, président de la branche PL au CNPA, annonce en effet une baisse sensible de la fréquentation des ateliers d’entretien-réparation PL, comprise entre 5 et 10%. Une baisse qui perdure depuis 4 quadrimestres consécutifs…

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