2010-2015: la guerre de l’après-vente est annoncée!

Une étude d’ICDP, qui projette différentes variables jusqu’en 2015 (évolution des ventes VN, évolution du parc, évolution des entrées après-vente, etc.), constate plusieurs faits marquants qui tous convergent vers une évidence: la guerre de l’après-vente va se durcir entre réseaux de marque et réparateurs indépendants.

P1010116.JPGLors d’un CDA (Club de la Distribution Automobile) ouvert exceptionnellement à la presse le 21 octobre dernier, la Feda a réuni des intervenants et des études autour d’un thème ambitieux: «l’après-vente automobile: nouveaux enjeux et contribution à l’économie nationale». Deux tables rondes et divers thèmes ont permis de cerner avec pertinence les grandes problématiques légales et concurrentielles de l’après-vente (nous y reviendrons) et de «projeter» son évolution à l’horizon 2015. C’est donc une étude d’ICDP qui s’exerçait au délicat jeu de la prospective. Avec des chiffres à la fois crédibles et probablement réalistes.

Parc stable et vieillissant
Globalement, ICDP prédit que tous les indicateurs vont stagner ou refluer entre 2010 et 2015. A commencer par les ventes VN. Elles finiront cette année à plus ou moins 2,1 millions d’immatriculations et devraient reculer jusqu’à 1,8 million en 2013 pour ne redépasser 2 millions qu’en 2015.
Pendant ce temps, le parc total français passera de 36,6 millions de véhicules circulant en 2009 à seulement 37,2 millions en 2015, confirmant une durable quasi-stagnation. Une stabilité qui cache deux évolutions déjà amorcées: la part des véhicules Diesel passera en 5 ans de 61% à 69%; celle des véhicules de moins de 10 ans reculera de 67% à 63%. Le vieillissement du parc (artificiellement interrompu par les primes à la casse de 2010) va donc se poursuivre: son âge moyen atteindra 8,6 ans en 2015 (contre 8,2 ans en 2009).

Baisse du kilométrage
Une bonne nouvelle au moins: l’étude confirme que l’espacement des périodes d’entretien semble arrivé à son maximum. Entre 2010 et 2015, le kilométrage moyen entre deux révisions se stabilisera durablement, aux alentours des 26000 km. Il pourrait même légèrement régresser, sous l’impulsion des préconisations croissantes conseillant une visite tous les «X km ou tous les ans/tous les 2 ans», comme le pressent Michel Vilatte, président de la Feda, qui commentait cette étude (photo).
Reste que parallèlement, le kilométrage moyen continuera, lui, à baisser pour tutoyer en 2015 les 10000 km par an en moyenne (environ 7000 pour l’essence et 13000 pour le Diesel), contre 13500 environ cette année. Rien à attendre non plus côté réparation pure et dure. Car les nouvelles ne sont pas bonnes -d’un point de vue professionnel- côté fiabilité des véhicules: le nombre de pannes pourrait chuter de 40% durant les 5 prochaines années!

Recul des entrées-atelier …
Résultat: ICDP prédit un recul annoncé du nombre d’entrées-atelier (VN et VUL, garantie, carrosserie, entretien et réparation confondus). Selon ICDP, la France en enregistrait 60,9 millions en 2000 et seulement 56,7 millions en 2008. En 2015, les acteurs français de l’entretien-réparation ne s’en disputeront plus que 47,3 millions par an…

…et contre-attaque inévitable des constructeurs
Morale de l’étude sur laquelle nous reviendrons en détail? Les réseaux de concessionnaires ne seront pas à la fête. Non seulement leurs ventes VN seront faibles dans les années à venir, mais ils subiront en outre une baisse du mix durable. Peu d’espoir de ce côté-là pour redorer leur marge opérationnelle actuellement négative (-3%).
La solution incontournable: remplir leurs ateliers. Ou du moins, les «re-remplir». Car le taux de couverture de leurs frais fixes par l’après-vente, qui atteignait environ 100% en 2000, n’est plus que de 70% aujourd’hui. Les ventes VN ne s’annonçant pas susceptibles de redresser considérablement les rentabilités des réseaux de marque, ils seront non seulement soutenus par les constructeurs rester à flot, mais encouragés à reconquérir des parts de marché en entretien-réparation. Le tout, dans le cadre d’un réglementation européenne peu complice car a priori favorable au renforcement des concurrents indépendants.
On l’aura compris: la concurrence va s’accroître et se durcir durablement…

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