Journée SRA : le véhicule autonome, c’est pour demain !

«Véhicules connectés d’aujourd’hui à demain» : c’est sous ce thème que SRA organisait son congrès annuel le 5 décembre dernier. Sujet transversal où les notions de technologie, de responsabilité juridique, de stratégies industrielle et mercantile (et donc de concurrence)… ont été abordées.

Journee SRA

Effet de mode ou enjeux importants, bon nombre de questions se posent aujourd’hui autour du thème du véhicule connecté. Et, par extension, celui du véhicule autonome. En effet, face aux évolutions technologiques et aux perspectives qu’elles ouvrent, certains imaginent déjà que la voiture sera autonome à plus ou moins brève échéance et d’autres que la voiture sera un véritable salon où l’on pourra vaquer sans retenue à de multiples occupations.

Quelle sera la place et où se positionnera la responsabilité de l’être humain dans ces voitures ? Quelles informations lui seront transmises lesquelles seront captées pour être exploitées par la suite ? Autant de questions importantes qui, sans remettre en question la sécurité que tous ces systèmes embarqués peuvent indéniablement apporter, ont été abordées durant cette journée SRA du 5 décembre dernier. Dans ce cadre, le constructeur Volvo Cars s’est fixé comme objectif qu’il n’y aura plus aucun mort ni blessé grave dans ses véhicules d’ici 2020, grâce à leurs multiples systèmes sécuritaires : le City Safety générique de toutes les fonctions de freinage automatique, les radars situés à l’arrière détectent l’éventualité d’un impact, etc. Et le Suédois mène des recherches sur des détecteurs d’état du conducteur pour concevoir des voitures qui apprennent à connaître la personne au volant !

La «cyber auto» arrive

Chez Renault la préoccupation repose davantage sur la collecte d’informations et apporter des services connectés (BtoB et BtoC). Des données collectées à la fois techniques, sur le véhicule, la conduite, le lieu et… bon nombre de choses qui pourront venir distraire le conducteur et lui éviter l’ennui, durant les heures qu’il passera dans les embouteillages ! Car bien évidement, au nom de la sécurité, le constructeur assure que ces informations et les fonctions ne seront plus accessibles ni donc actives dès que le véhicule roulera…

En attendant, certains équipements sont déjà installés et d’autres arrivent tel le R-Link et ses évolutions comme le R & Go, une application multimédia pour Smartphone/tablette, le Media Nav, avec une tablette tactile où s’ouvre de multiples univers : infos véhicule, réglages, téléphonie, multimédia, navigation, cartographie et autres applications diverses. Bref, tout ce qu’il faut pour distraire le conducteur !

Quant aux données collectées via un boîtier, tout sera retenu sur la conduite de l’automobiliste ; l’utilisation du véhicule comme le nombre de coups de frein, d’accélérations, le régime moteur, la consommation, ou sa localisation, pourront être finement auscultés. Cet ensemble de données pourra ainsi être exploité par les assureurs pour établir des tarifs «personnalisés». Mais pas seulement : en retour de ces infos collectées, des messages seront envoyés au conducteur, par exemple pour l’inviter à passer à la concession la plus proche en cas de dépassement du kilométrage pour une révision… L’enjeu pour les réseaux d’après-vente est donc ici évident : la mise à disposition (ou pas…) desdites infos permettant d’orienter le client vers leurs ateliers !

La Google Car en pole position

Bref, le champ d’application est tellement large que comme l’explique Franck Cazenave, auteur du livre  »Google –relever les nouveaux défis du géant du Web », la voiture connectée aujourd’hui, semble s’orienter de façon inévitable vers le véhicule autonome (voir à ce titre l’article consacré à cet ouvrage, «ANALYSE – Véhicule connecté : Google  »googlisera » l’auto !». Et de toute évidence elle n’appartiendra plus au constructeur. Un géant comme Google a les moyens de réussir la  »robomobile ». Et il décline :

  • Les capteurs (caméras vidéos, radars, …) se déploient chez l’ensemble des constructeurs avec des baisses de prix très fortes (Euro Ncap).
  • 25 Google Cars circulent sur les routes américaines. Fin 2013, elles avaient déjà parcouru 1 million de kilomètres, et potentiellement peuvent en réaliser 3 à 5 millions par an.
  • Avec Google Maps et Waze, Google dispose d’une communauté de dizaine de millions de conducteurs qui transmettent, en temps réel, des informations sur le trafic routier.
  • Avec Android Auto, Google va augmenter sa base de conducteurs et pouvoir accéder à des informations des capteurs comme les caméras pour enrichir Google Maps.
  • Google préempte les technologies pour la conduite autonome avec le rachat de 8 start-up spécialisées en robotique et Deep Mind pour l’IA (intelligence artificielle).

Selon lui, la voiture autonome est un enjeu majeur de notre société. Les 4 piliers de son impact se résument ainsi : la réduction des accidents de la route, l’autonomie des personnes âgées, celle de ceux à mobilité réduite et un temps retrouvé sans avoir à conduire.

In fine, un automobiliste n’aura tout simplement plus qu’à bien se conduire…

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À propos de l'auteur

Jérémie Morvan