Après-vente: la face cachée du eCall…

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Le 8 septembre, la Commission européenne a adopté un texte visant à rendre obligatoire sur toutes les voitures neuves, d’ici à 2015, un système baptisé eCall qui préviendra automatiquement les secours en cas d’accident. Mais elle n’a rien précisé sur le risque avéré que ce système communicant fait peser sur une concurrence équilibrée en après-vente…

Juillet_2012_logo ecallLe eCall (Emergency Call, soit appel d’urgence) est indiscutable dans sa philosophie. D’une valeur estimée à moins de 100 euros par voiture, il appellera automatiquement les secours en cas d’accident, en transmettant les données géographiques du véhicule. Il pourra aussi être déclenché manuellement. Cette évidente bonne intention pourrait sauver, estime la Commission, «plusieurs centaines de vies en Europe chaque année et [limiter] la gravité des blessures et des traumatismes dans des dizaines de milliers de cas».

Mais le eCall a aussi une face sombre que beaucoup d’intervenants de la rechange indépendante dénoncent depuis plusieurs années : ils craignent que ce système soit également utilisé par les constructeurs pour «privatiser» l’après-vente des véhicules concernés.

Des risques certains
Certes, la Commission européenne a d’ores et déjà identifié des risques pour la vie privée : elle précise donc que le eCall ne doit pas permettre «de suivre les véhicules car tant qu’un accident ne le déclenche pas, il reste en mode veille et n’envoie pas de signal».  Mais elle ne dit en revanche rien sur d’autres utilisations que pourraient proposer les constructeurs à la faveur de ce système communicant, à commencer par une connexion directe du véhicule et de son propriétaire sur le seul réseau après-vente du constructeur.

Car une fois le système communicant installé, difficile de résister à sa dimension «service». L’ordinateur de bord détecte un code défaut inopiné ? une alerte dépassée de révision ? Un problème de pneumatiques ? Une panne avérée ou même seulement probable ? Il n’a plus qu’à proposer au conducteur de prévenir le réseau constructeur de l’avarie, voire à le faire automatiquement si on l’a programmé pour cela. Concessionnaires et agents auraient alors un joli coup d’avance pour organiser la captation de la prestation.

Les nécessaires réponses de la Commission
Dans ce cas, l’enjeu serait de taille car son contexte technologique, légal et concurrentiel serait particulièrement complexe. S’agira-t-il d’un système de communication «propriétaire» ou ouvert, donc accessible à d’autres acteurs ? Et s’il est accessible, comment l’offre alternative des acteurs indépendants de la rechange et de la réparation pourra-t-elle «s’infiltrer» à armes égales dans la communication entre le véhicule et le réseau d’entretien ? Tous les paramètres requis (infos techniques, codes défauts, etc.) seront-il disponibles ?

Autant de questions que posent  la FNAA, la Feda, la Figiefa et l’AESRA (Association Européenne des Services et de la Réparation Automobile) à la Commission européenne depuis de longs mois. Et qui vont nécessiter des réponses claires…

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