Pièces de réemploi: la révolution en marche

Le 27 septembre dernier, la branche des recycleurs du CNPA et l’organisme de certification SGS présentaient la 5ème version du référentiel propre aux recycleurs et baptisé « Traitement et valorisation des VHU et de leurs composants » (Qualicert), contrôlable chez les centres VHU agréés depuis le 1er octobre.

Pourquoi une nouvelle version? « Initialement, la certification de service de notre profession –qui date de 1995, avait été élaborée afin de répondre aux objectifs environnementaux inscrits dans la directive européenne du 18 septembre 2000 relative au traitement des véhicules en fin de vie, rappelle Patrick Poincelet, président national de la branche des Recycleurs au CNPA. Mais le cadre réglementaire a changé et le décret du 12 avril 2009, relatif aux véhicules endommagés, a engendré une véritable révolution culturelle en permettant à un expert de chiffrer le coût des réparations en se basant sur le prix de pièces de réemploi et non plus seulement sur la base des tarifs des pièces neuves. Il nous fallait donc intégrer la pièce de réemploi dans notre certification de service…« 

Rassurer
Car les assureurs, bien conscients de la possible baisse du coût des sinistres, se sont très tôt penchés sur cette pièce de réemploi. En effectuant des tests, ils ont pu réaliser de substantielles économies pour eux et pour leurs assurés. Quant aux constructeurs, ils ne peuvent trouver grand-chose à y redire dans la mesure où, sans la vente de pièces de réemploi de leurs véhicules en fin de vie, ils seraient dans l’incapacité de remplir les ambitieux objectifs imposés par Bruxelles de taux de recyclabilité de 95%…

Au-delà, la pièce de réemploi doit répondre à trois besoins actuels : la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs, la protection de l’environnement et de l’emploi en France (car la déconstruction des véhicules français en fin de vie n’est pas –pour l’heure du moins– délocalisable rappelle le président).

Aussi, afin de redorer l’image de la profession et devenir des partenaires de confiance sur ce nouveau marché –que ce soit vis-à-vis des assureurs comme des consommateurs–, les recycleurs ont donc souhaité intégrer la pièce de réemploi dans la nouvelle version de la certification de service. Pour ce faire il fallait agir sur trois points: « d’abord, assurer la traçabilité des pièces de réemploi proposées, explique Patrick Poincelet; ensuite, assurer une qualité minimum des produits mis sur le marché; enfin, proposer des services associés quasi-identiques à ceux des pièces de rechange neuves. »

Bientôt les pièces mécaniques…
Pour l’heure, le dispositif ne concerne « que » 38 organes de robe des véhicules: capot, calandre, pare-choc hayon, ailes, rétroviseurs, feux, portes, etc. Soit des pièces intéressant prioritairement les donneurs d’ordre dans le cadre de la réparation-collision. Des pièces qui seront commercialisées 50% maximum de leurs homologues vendues neuves. Mais ce n’est qu’une étape, qui doit servir selon le président de « tremplin » au lancement prochain de la pièce mécanique de réemploi: « si nous ne voulons pas polémiquer et vendre des pièces dites « de sécurité’ »(NdlR : il n’existe aucune définition du terme « pièces de sécurité » d’un véhicule et les centres agréés VHU pourraient donc vendre tout type de pièces de réemploi…), nous ne nous interdisons pas de planifier la vente prochaine de pièces mécaniques pour l’entretien-réparation des véhicules« . Et Patrick Poincelet de rappeler à juste titre que « le parc roulant français a 8,45 ans d’âge moyen et 75% de ce parc est composé de véhicules de plus de 6 ans ; nous avons toute légitimité pour proposer une alternative aux pièces neuves…« 

Le président national de la branche des Recycleurs estime ce marché à actuellement 1 milliard d’€. « Nous espérons doubler ce chiffre dans deux ans », précise-t-il. Ambitieux mais réalisable, d’autant que la branche présentera à l’occasion d’Equip Auto son volet informatique (Gloabal PRE), afin d’assurer traçabilité et consolidation des stocks de pièces recyclées. De quoi prédire un avenir d’autant plus radieux à ce business que Patrick Poincelet prédit d’ores et déjà une pénurie sur certains organes…
Jérémie Morvan

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