Recyclage : vers des (sur)lendemains qui chantent ?

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Réunis en congrès à Wolfsburg, siège de Volkswagen, pour les 50 ans de leur branche professionnelle, les recycleurs du CNPA ont surtout évoqué l’avenir de leur métier, qui s’annonce toujours plus encadré mais qui va, surtout, devenir de plus en plus indispensable dans un secteur des services de l’automobile où la notion d’économie circulaire n’est, finalement, que très récente.

CNPA Recycleurs Wolfsburg

La soirée de gala au musée Phaeno, à deux pas de l’usine Volkswagen et de l’Autostadt, a été l’occasion pour les recycleurs du CNPA de se remémorer ses 50 ans d’existence avec les patrons d’entreprises adhérentes depuis l’origine de la branche.

50 ans. C’est l’âge de la branche recycleurs du CNPA, créée en 1965 lorsque l’on parlait encore de “casses auto” et que le terme aujourd’hui officiel de centre VHU n’existait pas encore, et de loin. Pour l’occasion, c’est à Wolfsburg que son président, Patrick Poincelet, et toute l’équipe de permanents et d’élus de la branche, ont choisi d’emmener leurs adhérents.

Quelque 150 d’entre eux ont donc répondu à l’appel de l’organisation professionnelle pour passer trois jours, du 20 au 22 juin, dans la ville de Volkswagen, celle qui ne respire que par et pour le constructeur allemand : Wolfsburg. Entre le petit salon installé par les exposants partenaires de l’événement et les conférences programmées chaque après-midi, les participants ont eu droit à des visites de l’immense usine Volkswagen ainsi que de l’Autostadt, véritable parc de loisirs consacré à l’histoire de l’automobile et aux différentes marques du groupe (Audi, Porsche, Skoda, Seat, Lamborghini, Bugatti, etc.).

Christian Klingler en “guest star”

Jacques Rivoal, patron de Volkswagen Group France, avait fait le déplacement également à Wolfsburg, lui qui a contribué à faire de ce congrès en terre allemande une réalité, afin de réaffirmer le soutien du constructeur à la filière du recyclage. «Nous sommes le seul constructeur à avoir développé un véritable cadre de partenariat avec le métier de recycleur, ceci notamment grâce à Constantin Voluntaru», a-t-il souligné. Ce dernier, responsable environnement et véhicules hors d’usage pour Volkswagen France, était évidemment présent et, compte tenu de son expérience de près de trente ans dans le domaine, a été invité à mettre en perspective le chemin parcouru par la filière depuis ces dernières décennies.

Mais la cerise sur le gâteau de ce cinquantième anniversaire n’était autre que la présence de l’archi-demandé Christian Klingler, responsable vente et marketing du groupe, n°3 mondial de Volkswagen. Et celui-ci a accordé une tribune de 30 minutes au public de recycleurs présent ! Et notamment fait le point sur le programme Think Blue du constructeur, lancé il y a quatre ans et aujourd’hui étendu à 30 pays à travers plus de 50 projets, comme la production d’électricité en propre pour l’usine VW du Brésil. «Nous nous efforçons également d’augmenter la part des pièces recyclables dans nos véhicules : ainsi la e-Golf compte 947 kg de matériaux recyclables», a souligné Christian Klingler.

Des tendances VHU mal assurées

Le congrès a été ensuite l’occasion d’un petit bilan du traitement VHU (véhicules hors d’usage) entre 2013 et 2014. Alors que la tendance 2013 était à -7,8% de VHU pris en charge (PEC) par rapport à l’année précédente, les premiers chiffres de 2014 porteraient ces PEC à 1,4 million, ce que Eric Lecointre, coordinateur du secteur déchets automobiles et de moyens de transport hors d’usage à l’Ademe, a jugé «un peu étonnant». Pour ne pas dire plus, ce que Patrick Poincelet, lui, n’a pas hésité à faire : «un tel volume est rigoureusement et matériellement impossible car cela porterait la hausse de 2013 à 2014 à 15% !», volume que le parc automobile n’est pas en mesure de fournir pour l’instant, ni les centres VHU d’encaisser. Une telle hausse, les professionnels du métier l’auraient forcément ressentie au cours de l’année passée…

Forcément, les tendances sont à prendre avec des pincettes car le contrôle des déclarations par les organismes de certification n’a pas encore été arrêté. Sachant que la filière tire 45% de ses volumes de VHU des particuliers pour seulement 18,5% issus des assureurs, cela explique aussi la difficulté d’établir, à ce moment de l’année, les chiffres définitifs de 2014. Toutefois, les PEC VHU des assurances augmentent. Quoi qu’il en soit, les transferts de carcasses continuent de profiter majoritairement aux broyeurs français, puisque 87,9% des volumes leurs sont dévolus.

Les 95% encore lointains

En ce qui concerne le taux de réutilisation et de recyclage, celui-ci n’a que peu progressé entre 2013 et 2014. Il y a deux ans, il s’élevait à 84,8% et, en 2014, il n’a atteint que le taux de 85,2%. Quant au taux de réutilisation et de valorisation, évalué à 88,6% en 2013, il n’a pu atteindre que 89,3% l’an dernier… C’est, évidemment, bien en deçà des 95% que la Commission Européenne avait fixés comme objectif pour l’année 2015. Un chiffre ambitieux qui ne sera pas atteint cette année, ni même l’an prochain, mais qui n’empêche visiblement pas la Commission de proposer, d’ici la fin de l’année, un nouveau paquet de l’économie circulaire, plus ambitieux que celui qu’elle a été contrainte d’abandonner début 2015.

Car, comme le suggérait la directive 2000/53/CE VHU relative aux véhicules en fin de vie, la filière VHU est l’une des cinq composantes de l’économie circulaire selon la Commission. Raison de plus pour montrer des gages de progression et d’évolution dans la gestion de la filière en France, chose à laquelle celle-ci s’emploie puisqu’un véritable parcours professionnel a été créé afin de former les présentes et futures mains du secteur. Ainsi, la licence OMSA parcours “Recyclage et valorisation des véhicules” a vu le jour, de même qu’un Certificat de qualification professionnelle (CQP) de “démonteur automobile”. Et, selon Patrick Poincelet, le nombre d’inscrits, certes encore modeste -moins d’une dizaine- a largement augmenté par rapport à l’an dernier. Signe que la profession sait se montrer attractive, «y compris auprès des jeunes femmes», a souligné le président de la branche.

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