Voiture communicante : Audi, BMW et Daimler rachètent la division cartographie de Nokia

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Pour contrer Google, une entente inédite de trois constructeurs allemands vient de mettre la main sur Here, la filiale du fabricant de téléphones finlandais spécialisée dans la cartographie et la géolocalisation…

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Dans le domaine stratégique de la voiture communicante, les grandes manœuvres se poursuivent. Après notre article soulignant la volonté des constructeurs de limiter, voire empêcher, l’accès aux données conducteur aux nouveaux acteurs sur le marché que sont les entreprises spécialisées dans l’IT (Google, Apple et Microsoft en tête), voici une preuve supplémentaire de cette opposition de plus en plus frontale dans la quête du contrôle des big data. Trois constructeurs allemands, Audi, BMW et Daimler, féroces concurrents sur le marché des véhicules premium, ont rangé les couteaux pour s’associer dans le rachat de Here, la filiale de Nokia spécialisée dans la cartographie et la géolocalisation. Elle fournit ses solutions dans près de 200 pays (et 50 langues).

Coûteuse voiture communicante…

Here, issue du rachat de l’Américain Navteq en 2008 par le groupe de télécoms scandinave, serait cédé dans le courant du premier trimestre de l’année prochaine, le temps que cette opération obtienne l’aval des autorités de la concurrence. Si aucun montant n’a été formulé, une dépêche Reuters datant du 21 juillet dernier indique que les négociations tournaient alors autour de quelque 2,5 milliards d’€ ! De son côté, le Finlandais se sépare de sa filiale afin de financer le (très) coûteux rachat de son concurrent Alcatel-Lucent. Cette opération, approuvée le 24 juillet dernier par la Commission européenne, doit en effet s’élever à quelque 15,6 milliards d’€…

S’affranchir de «l’ogre» Google

Pourquoi un tel investissement de la part de cet insolite consortium d’outre-Rhin ? En fait, cette alliance est tout sauf improbable, car l’objectif est rien moins que se passer des services d’un Google et consorts, ces géants de l’informatique et du web devenus quasi-incontournables dans un monde de mobilité toujours plus connecté. Présent dans la grande majorité des smartphones (selon GiPA, en 2014, 66% des Français possédaient un smartphone et 65% d’entre eux l’utilisaient pour la navigation), le géant américain mise en effet sur son service phare, Google Maps, comme porte d’entrée vers une cible de consommateurs nouvelle pour lui : les automobilistes.

Pour empêcher cela et conserver la main sur les données telles la géolocalisation des véhicules et, ce faisant, la kyrielle de leviers commerciaux (dont bien entendu l’après-vente) qu’il est possible d’actionner grâce au géomarketing, les constructeurs souhaitent donc développer leur  »propre » solution pour s’affranchir de l’ogre Google.

Le consortium ainsi formé, dont les trois parties détiendront une part égale dans l’entreprise, indique dans un communiqué conjoint que ce rachat va permettre à Here d’assurer l’avenir de ses solutions et services, et que l’entreprise demeurera une plateforme indépendante et ouverte pour d’autres clients potentiels, qu’ils soient constructeurs d’automobiles ou non. Cette notion d’indépendance apparaît centrale, ce que souligne sans ambages Dieter Zetsche, président du conseil d’administration de Mercedes, dans ce même communiqué : «Par ce rachat conjoint de Here, nous voulons sécuriser l’indépendance de ce service capital pour tous les constructeurs d’automobiles, les fournisseurs et les clients d’autres secteurs d’activité»…

Cette opération est également une étape importante pour les constructeurs mentionnés dans le développement des véhicules autonomes : disposer en effet d’un système fiable de cartographie en temps réel est une condition sine qua non au développement d’une telle technologie.

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