Défaillances d’entreprises : moins grave que quand c’était pire ?

Les derniers résultats des défaillances d’entreprises en cours de procédure (*) recensées par la Banque de France sont les bienvenus : Après un début d’année tristement record en la matière, le commerce et la réparation auto ont connu en mai leur moins mauvais mois depuis 2009. Mais une statistique mensuelle ne fait pas le printemps…

Webstat_MonGraphique-1-620

L’indicateur Banque de France des défaillances mensuelles en commerce et réparation depuis 2009. Il montre les difficultés endémiques depuis 2014, mais se ponctue au moins sur un mois de mai 2015 sinon rassurant, au moins satisfaisant…

Il y avait longtemps qu’il n’y avait eu “que” 846 défaillances d’entreprises (*) simultanées chez les seuls acteurs du commerce et de la réparation auto. Aussi triste demeure-t-il, ce chiffre de mai dernier, le plus récent publié par la banque de France, apparaît presque comme une bonne nouvelle. Il a au moins le mérite de mettre un terme provisoire à l’inquiétante tendance des quatre premiers mois de l’année qui ne décrochaient pas d’un minimum de 1 200 défaillances en cours en même temps, dont une vilaine poussée à 1 325 en mars dernier. Un mauvais mois de mars qui venait ainsi d’effacer le record précédent de 1 315 entreprises en danger jusqu’alors détenu par février 2014, qui était pourtant venu couronner 24 mois d’aggravation régulière….

Rester prudent…

Pourquoi ce mois de mai est-il donc rassérénant ? Parce qu’il a le mérite, depuis le début de la crise financière, d’afficher en la matière le moins mauvais résultat mensuel du secteur.

Comme la courbe publiée par la Banque de France le montre ci-dessus, c’est la meilleure performance enregistrée depuis janvier 2009. Le baromètre Altares du 2ème trimestre 2015 sur les défaillances d’entreprises en France vient lui aussi de souligner l’accalmie en relevant que «le nombre de cessation de paiement a reculé de -9 % pour s’établir sous les 2 900 (NdlR: tous secteurs compris), volume comparable à celui du début de crise. La tendance est très marquée dans le commerce et la réparation automobile (- 15 %)».

Tant mieux. Mais aussi bienvenu soit-il, ce résultat ne fait pas encore le printemps d’un secteur malmené conjoncturellement, mais aussi structurellement. Il ne faut pas oublier non plus que ce mois de mai est statistiquement incertain : dévasté par les ponts et congés, il n’a peut-être pas pu tout comptabiliser. Il faudra prudemment attendre les résultats de juin et même quelques mois supplémentaires pour savoir si les entreprises du commerce et la réparation auto ont vraiment mangé leur pain noir et si les plus fragilisées d’entre elles sont vraiment moins nombreuses.

Car à écouter les organisations professionnelles, le moral des ménages aussi bas que le chômage reste haut et les noirs nuages financiers qui s’accumulent maintenant en Chine, le bout du tunnel n’est hélas pas certain…

(*) Ces chiffres mensuelles ne traduisent pas les disparitions d’entreprises et ne sont pas cumulatifs. Ils comptabilisent les entreprises qui, en même temps sur chaque mois, entrent en difficulté, le sont toujours ou en sortent par le bas ou par le haut. Ne pas confondre la notion de défaillance et la notion de cessation : un jugement d’ouverture de procédure de défaillance (dépôt de bilan d’une entreprise inscrite dans le cadre d’une procédure judiciaire) ne se conclut pas forcément par une liquidation…

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


*

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (Pas encore de votes)
Loading...

À propos de l'auteur