Allo Mécano (suite) : quand Axa survend le service à ses agents généraux

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Un document interne d’Axa destiné à promouvoir le service Allo Mécano auprès de ses agents généraux prétendait avant l’été que… 40% desdits devis “expertisés” auraient été revus à la baisse ! Depuis, Axa est revenu plus sagement à 20% et notre enquête a conclu à 10%… Manière de pousser les agents à faire la promotion intense d’Allo Mécano auprès de leurs clients ? Alors que la FNAA attend un rendez-vous avec Axa fixé à début septembre, le CNPA vient de saisir la DGCCRF sur le même sujet…

AXA allo mecano

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Une info venue de nos lecteurs-correspondants!Ce qu’il y a de certain, avec le dérangeant service Allo Mécano, c’est que la base statistique sur laquelle s’appuie Axa pour justifier de sa pertinence est tout sauf évidente. Et constante, encore moins. Et plus les semaines passent, moins elle l’est ! En effet, un document interne à Axa que nous nous sommes procuré, diffusé avant l’été et vraisemblablement destiné à ses agents généraux, avance que «dans 40% des cas, le mécanicien [d’Axa Assistance] a estimé le devis non conforme et l’a renégocié à la baisse (avec une économie moyenne de 30%»). Mazette…

40%, voilà une proportion autrement plus importante que celle avancée par l’assureur la semaine dernière. En effet, dans une récente émission “Votre Auto” sur la station de radio RMC, Eric Lemaire, directeur de la Communication et de la Responsabilité Entreprise Axa France, affirmait que 20% des intermédiations déjà réalisées ont débouché sur une baisse du coût de la prestation. Mais une rapide enquête de notre part auprès de l’un des experts de la cellule “Allo Mécano” avait ensuite fait apparaître que seulement 10% des devis analysés étaient finalement réellement suspects. Encore quelques jours, et le pourcentage tombera encore ?

Base de 140 devis

L’information nous manquait, en revanche, sur le nombre exact de devis analysés puisque Axa n’en avait annoncé jusqu’ici que «plusieurs dizaines» passés au crible par la plantureuse cellule de 15 personnes dédiées à Allo Mécano. Cela nous avait déjà permis de souligner que la base statistique apparaissait peu fiable : 10% de quelques dizaines de devis, a fortiori parmi ceux qui posaient théoriquement problème, ne permettant pas, et de loin, de lancer un nouveau service sur une assise crédible. Le document interne d’Axa, que nous reproduisons ci-dessus, achève de nous en convaincre : en précisant par écrit cette base de «140 devis analysés», ce qui correspond certes aux « plusieurs dizaines » annoncées, Axa confirme que tout pourcentage déduit, quel qu’il soit, n’a d’autre valeur que l’effet qu’il pourrait provoquer sur les consommateurs informés…

On aurait aimé voir l’assureur souligner que 140 devis analysés en un an prouvent surtout une chose : la faible réceptivité des consommateurs et donc, la faible légitimité du service. Pourtant, c’est bien sur la foi de ces 140 devis qu’Axa a écrit à ses agents avoir permis, durant la période-test du service en 2014, de revoir à la baisse 40% des devis et pour la bagatelle de… -30% en moyenne ! On imagine aisément comment et en toute bonne foi, l’information a été répercutée vers les clients assurés cités dans ce document.

Le CNPA saisit la DGCCRF

En attendant de voir la démarche Allo Mécano éclaircie à l’occasion de la prochaine rencontre avec les dirigeants d’Axa demandée et obtenue par la FNAA,  le CNPA n’a pas hésité, de son côté, à saisir directement la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sans passer par la case «négociations». «Ce type d’initiative est la preuve qu’après avoir tenté de faire main basse sur le marché de la réparation-collision, les assureurs veulent maintenant s’attaquer à toute la réparation automobile», souligne l’organisation professionnelle dans son bulletin «Info Adhérents» (voir ci-dessous). Et l’article du syndicat de poursuivre :

«le CNPA a décidé d’agir, et saisit la DGCCRF sur une demande d’examen :

  • des critères objectifs et justifiés sur lesquels Axa se fonde pour effectuer des comparaisons ;
  • et, quant à l’existence d’une tentative d’administration pure et simple des prix.

Le détournement de clientèle qui pourrait découler de cette offre serait une faute ! »

En attendant, les réparateurs auront déjà compris qu’une base statistique de 10% de 140 devis –14 devis réellement discutables, donc, traités en un an par une cellule de 15 personnes !– ne semble suffisante que pour une chose : justifier un rappel d’Axa à la raison, sinon un rappel à l’ordre…

 

CNPA Allo Mécano DGCCRF

La note interne transmise par le CNPA à ses adhérents

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2 Commentaires concernant “Allo Mécano (suite) : quand Axa survend le service à ses agents généraux”

  1. Ah qu’Il est loin le temps où les Agents Généraux AXA étaient considérés comme de vrais partenaires de la Compagnie… C’était le temps des grands patrons Assureurs tel que l’a été Claude BEBEAR. Et pourtant, ce dernier était loin d’être un philanthrope, mais il nous connaissait toutes et tous et savait parfaitement de quoi était capable son réseau de professionnels.
    C’était le temps où nous apprenions encore les fondamentaux de l’assurance, l’analyse des risques et celle des sinistres. Mes Chers Amis, sachez que tout ceci a définitivement disparu des formations initiales (et suivantes…) des Agents Généraux, avec la Complicité des syndicats professionnels des compagnies et de la FFSA.

    Tous les réseaux ont subi une effarante mutation. Il fallait que les Agents Généraux deviennent des « vendeurs », vendeurs de contrats inventés par des spécialistes financiers dépourvus de la moindre connaissance assurancielle. Pour eux aussi et notamment les actuaires, la formation s’est totalement transformée pour se plier à la seule volonté de cette nouvelle race de dirigeants. Pour ces derniers, soyez-en sûrs, le seul souci est bien leur rémunération (et éventuellement celle de l’actionnaire à qui il faut faire une promesse de rendement supérieure des vilains voisins concurrents…) ! Mais sans que nous le sachions ou du moins que ceci ne soit sur la place publique, tous se retrouvent allègrement dans les conseils d’administrations des concurrents avec de beaux « jetons de présence ». J’adore le terme si délicat…

    Même les mutuelles n’y sont plus. Leurs salariés ne sont plus formés qu’aux « conventions », ces véritables escroqueries de bandits de grand chemin, petits règlements entre amis à l’encontre même des textes législatifs en vigueur.

    Il est vrai que quand les primes encaissées étaient allègrement placées en bourse avec des rendements faramineux, on était moins enclin à aller gratter ailleurs.
    Mais aujourd’hui que tout ceci est derrière nous et ce depuis les années 95-98. Tout est bon pour tenter d’aller chercher quelques points supplémentaires de rentabilité sur le dos des acteurs sous-traitants… et du client.
    Voilà pourquoi aujourd’hui, suite à un taux important de remplacement des Agents Généraux depuis le début des années 2000, papy-boom oblige, celles et ceux qui les ont remplacé et n’ont pas connu et ne connaissent toujours pas les rouages complets de l’assurance, subissent benoîtement une communication interne des compagnies à leur intention remplie de mensonges et d’inepties.
    Et pour AXA, faut-il enfin vous préciser que tout est fait pour pouvoir nous comparer à « LA Bancassurance concurrente de taille similaire » qu’est le Crédit Agricole… Voilà où en sont les décideurs actuels d’AXA et à quoi en sont réduits les nouveaux Agents Généraux… ainsi que l’ensemble des sous-traitants dont vous faites partie.
    Et comme cet ensemble disparate n’a aucune passerelle de communication, n’est que très peu ou mal ou pas représentée, toutes ces compagnies ont et continueront à avoir beau jeu pour que perdurent leurs belles petites affaires selon leurs règles.

    A moins que ?

  2. Il y a ici, bien sûr, une asymétrie d’information: le garagiste connaît plus de détails sur le coût d’une future réparation. C’est lui qui a vu la voiture; il peut d’ailleurs imposer plus de réparations que nécessaire.

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