Quand les élections régionales viennent au secours des stations-service!

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Si l’enveloppe de 12,5 millions d’€ promise par le Président de la République pour sauvegarder les stations-service dans les zones rurales ne peut être que la bienvenue pour le secteur, elle intervient bien tard, bien opportunément à trois mois d’élections régionales annoncées désastreuses pour le PS et surtout, dans un cadre qui ne répond pas à tous les besoins des détaillants de carburants…

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12,5 millions d’€. C’est, parmi 21 mesures destinées à la ruralité, la part allouée au secteur des stations-service dans une enveloppe globale de 500 millions d’€ promise aux zones rurales par le Président de la République lors d’un déplacement à Vesoul lundi 14 septembre. Cette somme doit permettre de soutenir la mobilité des personnes dans les territoires en préservant les stations-service indépendantes. En parallèle, le Président a également annoncé l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques tous les 50 km.

Éviter le coup de pompe… électoral ?

Ce budget de 12,5 millions sera piloté dans le cadre du Fisac (Fonds d’Intervention pour les Services, l’Artisanat et le Commerce), lequel doit traiter l’ensemble des dossiers de financement qui avaient été déposés auprès du CPDC (Comité Professionnel de la Distribution de Carburant) et qui sont toujours en attente, suite à la dissolution de cet organisme…

Pourquoi aujourd’hui un tel coup de pouce à la mobilité en zone rurale et en si “grande pompe” ? Parce qu’à trois mois des élections régionales qui s’annoncent désastreuses pour la majorité socialiste et peut-être même fructueuses pour le Front National, la redynamisation de nos provinces qui se sentent oubliées et délaissées à soudainement le vent en poupe. En même temps que la très médiatique volonté de ne plus voir en 2017 un habitant à plus d’une demi-heure d’un service d’urgence (une promesse de 2012 déjà réaffirmée en mars 2013) voilà donc François Hollande qui se penche aussi sur la pourtant ancienne problématique de la survie précaires de centaines de petites stations-service rurales, là où justement, la voiture n’a aucune alternative crédible en transports collectifs…

Des paroles aux actes

Il en aura donc fallu du temps avant que le Gouvernement, pourtant maintes et maintes fois alerté des problèmes rencontrés par les professionnels du secteur, ne se penche réellement sur la situation. Cette aide -ou plutôt cette annonce d’aide…- vient en effet près de deux ans et demi après que la FNAA ait massivement alerté la presse nationale en mai 2013. Elle chiffrait alors à 1 600 le nombre de stations-service qui pouvaient rapidement disparaître faute d’aide au financement. Parmi elles, 871 stations essentiellement rurales, dites « stations-clés » (les ultimes points de distribution de carburant avant désertification), étaient déjà menacées de mort imminente, rendant potentiellement problématique l’accès au carburant pour 4 millions de Français. La FNAA le soulignait d’ailleurs déjà à l’Élysée dans une rencontre en juin 2013, puis en juin dernier encore dans une lettre ouverte au même président de la République, avec l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF)…

Cette décision d’allouer plus de 12 millions d’euros à la gestion de cette problématique intervint aussi de longs mois après l’arrêt du financement du CPDC, organisme initialement en charge des demandes d’aides au financement des stations-service pour leur très coûteuses mises aux normes environnementales et/ou aides à la fermeture. Des longs mois durant lesquels le gouvernement n’a pas semblé particulièrement pressé de corrigerun système bancal voyant le Fisac reprendre les dossiers déposés devant le CPDC. Bancal car sur les quelque 2 200 dossiers de demandes d’aide parfois en attente depuis 209, plusieurs volets ne peuvent plus être pris en charge par ledit Fisac, comme les aides à la fermeture des stations et les aides sociales accordées aux professionnels ne relevant pas du RSI.

Aussi n’est-il pas vraiment surprenant non plus de voir le CNPA réagir en restant dans l’expectative malgré cette décision : au-delà de l’«effet d’annonce» si cher à nos politiques, l’organisation professionnelle a déclaré dans un communiqué diffusé le lendemain de ce déplacement présidentiel à Vesoul attendre maintenant des actes. Si l’organisation professionnelle reconnaît qu’il s’agit «d’une première avancée significative pour la profession, cet effort budgétaire devant permettre de sauvegarder un maillage territorial indispensable à la mobilité des Français», le CNPA indique également que «cette solution mérite d’être précisée puisque près de la moitié des dossiers qui avaient été déposés au CPDC ne pourront être traités».

A suivre donc…

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