GPL: la filière tire la sonnette d’alarme…

-80%: c’est le recul des ventes de véhicules GPL sur les dix premiers mois de l’année… Un effondrement qui coïncide avec l’arrêt le 1er janvier dernier du bonus écologique de 2 000 € à l’achat de ce type de véhicule. « Lorsqu’il se vendait 5 à 6 000 véhicules mensuellement en 2010, certes une année record où 75 000 unités ont été écoulées, les volumes ont été ramenés à une trentaine de véhicules par mois« , déplore Joël Pedessac, directeur général du Comité Français du Butane et du Propane (CFBP). Résultat : malgré une introduction de l’offre GPL qui date déjà de 1995, le parc roulant français atteint péniblement les 180 000 unités. En comparaison, le parc italien compte 1,7 million de véhicules ; la Pologne, 2,3 millions, et l’Allemagne 500 000… Au total, le marché des véhicules GPL progresse en Europe de 8,5%. Au niveau mondial, la hausse, portée par des marchés dynamiques tels ceux de la Turquie (1er marché mondial), du Japon, des Etats-Unis ou de la Russie, atteint 6,5%!

Les propositions du CFBP
Au niveau français, cette situation apparaît d’autant plus ubuesque que le bonus continue de concerner les marchés essence et Diesel, des marchés par définition matures et qui n’ont pas besoin d’aide fiscale. « Une aide n’a de justification que lorsque le marché n’existe pas, ce qui n’est pas le cas des véhicules essence et Diesel, relève Joël Pedessac ; Pourquoi dès lors accorder un bonus écologique aux véhicules essence ou Diesel émettant moins de 130 g de CO2/km et pas aux véhicules GPL dont il est nécessaire de soutenir les ventes ? » Nécessaire en effet, car le GPL entre pleinement dans le cadre de la politique actuelle de la Commission européenne qui vise à développer le mix énergétique pour atteindre, à l’horizon 2030, 40% d’énergies alternatives, dont 10% de véhicules fonctionnant au GPL…

Afin de relancer le marché, le CFBP entend donc soumettre une série de propositions aux pouvoirs publics, dont la mesure-phare est de ne plus accorder de bonus écologique qu’aux seules énergies alternatives. « Sur la base d’un bonus de 400€ pour les véhicules émettant moins de 130 g de CO2/km et fonctionnant au GPL donc, mais aussi au GNV et à l’E85, de même que les véhicules hybrides et électriques, en maintenant le malus d’une part, et le super bonus de 5 000 € pour les véhicules émettant moins de 50 g de CO2/km d’autre part, la balance budgétaire parviendrait à l’équilibre sur au moins deux exercices», précise J. Pedessac. Soit peu ou prou la période où entrera en vigueur la future norme Euro VI, qui mettra l’accent sur les particules et les oxydes d’azote, et sera particulièrement contraignante (et donc coûteuse) quant à la dépollution des véhicules Diesel…
Jérémie Morvan

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