Eco-Entretien : la Feda souhaite structurer la filière

La Feda met en place des structures et des outils afin que la filière indépendante s’attèle à éco-diagnostiquer et éco-entretenir les millions de véhicules Diesel en souffrance…

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La Feda est investie d’une mission. Parce que l’éco-diagnostic et, en aval, l’éco-entretien, ont été portés par la fédération depuis 2010 jusqu’à obtenir un trophée d’argent aux Grands Prix Internationaux de l’Innovation Automobile lors de l’édition 2013 du salon Equip Auto, et parce que l’éco-diagnostic est désormais inscrit dans le marbre de la loi depuis le 17 août dernier et la promulgation de la Loi sur la Transition Energétique (il sera intégré aux futurs contrôles techniques à compter du 1er janvier 2017), l’organisation professionnelle déclare aujourd’hui avoir une responsabilité envers les pouvoirs publics. «Le travail accompli sous l’ère de mon prédécesseur, Michel Vilatte, qui a porté ce projet, est déjà colossal ; mais il faut aujourd’hui structurer toute la filière après-vente indépendante pour pouvoir répondre à cette demande et c’est pourquoi nous avons mis en place une véritable chaîne de compétence technique», explique Alain Landec, président de la Feda.

Des « clubs » très pros

La Feda a mis donc en place un plan de campagne à la stratégie résolument offensive, articulé autour d’un club de prescripteurs rassemblant des distributeurs, et d’un club d’utilisateurs composé de réparateurs. Le premier, composé de distributeurs dont les membres auront obligation de se former au protocole de l’éco-diagnostic, de respecter la charte, d’animer le club utilisateurs et de recruter des réparateurs éligibles pour faire vivre ce dernier, les former et fournir tous les outils en matière de communication (avec notamment le pack utilisateur), de financement, etc.

En aval, le club des utilisateurs sera constitué de professionnels de l’entretien-réparation. Ils devront répondre eux aussi à un cahier des charges assez strict puisqu’ils devront obtenir la certification auprès de l’organisme Ecocert, suivre un programme de formation (1 à 2 journées), dont les contours doivent encore être précisés, n’utiliser que du matériel et des produits d’entretien homologués et bien sûr respecter le processus de l’éco-diagnostic pour un éco-entretien efficient et professionnel.

Le lancement officiel des clubs prescripteurs et utilisateurs est prévu sur Equip Auto le jeudi 15 octobre à 14h30 (hall 5 salles 520 A et B), dans le cadre d’une convention dédiée et ayant pour thème «Le mode d’emploi d’une révolution technologique qui va dynamiser la filière Après-Vente».

Énorme réservoir d’entrées atelier

Partie prenante du développement de l’éco-entretien depuis ses débuts, Jacques Rifflart, ex-patron de Genelec à Arras, a compilé sur plusieurs années les résultats de diagnostics de véhicules diesels passés dans les ateliers « pilotes » du projet (20 000 relevés). Et les chiffres sont éloquents puisqu’il avance que «plus de 70% du parc Diesel est en souffrance». Autrement dit, des moteurs dont les performances -au premier sens du terme, mais aussi en matière de consommation et donc d’émissions de polluants- ne correspondent plus aux données d’origine du constructeur. En effet, une photographie du parc roulant montre que si les diesels Euro 5 et 6 (45% du parc) ne posent pas de problème de pollution, ce sont les 55% constitués de véhicules âgés (Euro 3 et 4) sur lesquels il convient aujourd’hui d’intervenir. Et les principales causes de dysfonctionnement concernent l’encrassement de l’admission (51%), les injecteurs (46%), l’échappement (37%) ainsi que la vanne EGR (36%).
Selon la Feda, le besoin en éco-entretien du parc roulant Diesel en France pourrait générer quelque 4 millions d’entrées atelier par an !

Du volume… et de la marge !

Le concept est donc «impliquant» pour le professionnel : formation, certification, respect d’un process strict, matériels de garage et produits spécifiques… Mais le jeu en vaut la chandelle selon Jacques Rifflart. Les retours d’expérience des réparateurs « affiliés » à Genelec ont en effet permis de calculer que cette initiative peut générer pour l’atelier un surplus de marge nette non négligeable. «Sur la base 4,9 entrées-atelier quotidiennes, précise Jacques Rifflart, dont 25% passent à l’éco-diagnostic et en tenant compte d’un taux de main d’œuvre qui s’établit à 47 € environ, un réparateur est capable de dégager 850 € de marge nette avec cette prestation.» Soit environ +10 K€ par an… à périmètre de clientèle identique ! En effet, non seulement aucune prospection commerciale n’a été faite par ces sites pilotes, mais de surcroît «les chiffres ne prennent pas en compte l’inévitable impact que va avoir le futur contrôle technique intégrant l’analyse des 5 gaz», ajoute Alain Landec.

Aussi le «ticket d’entrée», annoncé pour 236 € mensuels et comprenant le coût de la certification Ecocert et l’amortissement des matériels et du logiciel, doit davantage être perçu par les pros comme un investissement. A priori très rapidement rentabilisé.

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