Equip Auto – Point S et Mobivia créent une alliance d’achat commune !

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Point S, le réseau d’indépendants du pneumatique (et de l’entretien), et Mobivia, maison mère des enseignes Norauto, Midas, Carter Cash et du belge Auto 5 ont annoncé, hier, leur projet de création d’une société commune pour négocier leurs achats à l’international ! Une réponse à une concentration galopante dans le paysage des équipementiers mondiaux et un levier de poids pour accompagner le développement des deux groupes dans leur stratégie mondiale.

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Christophe Rollet, directeur général de Point S, et Christophe RIbault, président du directoire de Mobivia, ont scellé la naissance de la joint venture destinée aux achats des deux groupes à l’international.

Ils vont trouver à qui parler ! “Ils”, ce sont les équipementiers et fournisseurs de pièces, d’accessoires et les manufacturiers dont la concentration effrénée, tendance forte de ces dernières années, complique de plus en plus sérieusement les rapports de force pour les réseaux de réparation à l’heure de négocier leurs achats. “Qui”, c’est l’alliance d’achat commune que sont en train de monter les groupes Point S et Mobivia. Une véritable coentreprise, mais plus souple qu’une lourde centrale d’achat, que les patrons des deux groupes, Christophe Rollet (Point S) et Christophe Ribault (Mobivia), ont officialisé hier sur le salon Equip Auto.

Cette structure commune dédiée aux achats se présente, en effet, comme une joint venture indépendante détenue à parité par les deux groupes, qui possèderont donc chacun 50% du capital. La gouvernance sera mixte et la présidence, tournante, avec un mandat de deux ans que chacun des deux dirigeants occuperont à tour de rôle. L’entité aura donc le mandat du référencement et de la négociation des conditions d’achat auprès des fournisseurs. Mais l’indépendance des politiques commerciales et des stratégies de développement des sociétés de Point S et de Mobivia, quels que soient les pays couverts, sera préservée.

Cette joint venture, qui n’a pas encore de nom puisque son dépôt est en cours au registre du commerce et devrait être validé fin novembre, marque une véritable alliance stratégique internationale entre les deux groupes et devrait peser lourd : « environ un milliard d’euros de budget achat » selon Christophe Ribault, président du directoire de Mobivia, maison mère des enseignes Norauto (succursales et franchise), Midas, Carter Cash, Auto 5 en Belgique et des sociétés Bythjul.com et Synchro Diffusion.

Arme de négociation massive

Car les deux groupes, eux aussi, ont pris un poids considérable depuis plusieurs années. Point S pèse aujourd’hui plus de 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires, réunit plus de 13 000 collaborateurs dans ses quelque 3 300 centres indépendants répartis dans 28 pays, jusqu’aux Etats-Unis et au Canada quand, en 2005, le groupe ne comptait “que” 1 100 sites dans 9 pays…

La puissance de feu de Mobivia est encore plus forte, avec plus de 1,76 milliards d’euros de chiffre d’affaires, malgré un effectif légèrement inférieur –environ 11 000 collaborateurs répartis dans 6 activités et 13 entreprises– une couverture géographique moindre (16 pays) et plus de 1 300 points de vente. « Peu d’acteurs du paysage de l’entretien automobile peuvent s’appuyer sur plus de 4 600 sites dans le monde et cela parle aux fournisseurs », se félicite Christophe Rollet, directeur général de Point S.

Sauf que chacun des deux groupes excelle là où l’autre est moins fort, et inversement. En effet, le chiffre d’affaires pneumatiques de Point S représente 75% de son CA total quand la pièce et les accessoires n’en pèsent « que » 25%. Du côté de Mobivia, en revanche, c’est la pièce et les accessoires qui comptent pour 75% du chiffre d’affaires total, quand l’activité pneumatique n’en représente que 25%. D’où une synergie évidente : « nous affichons une réelle complémentarité dans le mix produits », confirme Christophe Ribault.

Combattre le feu par le feu

Et puisque dans le pneu –où les cinq manufacturiers de rang 1 que sont Bridgestone, Continental, Goodyear, Michelin et Pirelli pèsent plus de 50% du marché– comme dans la pièce, où certaines familles de produits sont dominées par un nombre réduit d’acteurs (la batterie, par exemple, avec trois fabricants se disputant plus de la moitié des volumes), l’essentiel du business est entre les mains de quelques équipementiers bien identifiés, il fallait absolument aux deux groupes la capacité de répondre au poids croissant de ces fournisseurs.

D’autant que, dans le cas du pneumatique, ces fournisseurs sont également actifs dans la distribution, disposant eux-mêmes de réseaux (Euromaster pour Michelin, BestDrive et EuroTyre pour Continental, First Stop pour Bridgestone, Vulco pour Goodyear Dunlop) ou de sites Internet BtoB (du professionnel au professionnel) ou BtoC (du professionnel au consommateur) pour aller chercher le client en direct, interférant d’autant plus avec les réseaux indépendants et perturbant d’autant plus leur pouvoir de négociation.

Indépendance préservée

Une fois de plus, que les adhérents indépendants de l’une ou l’autre des enseignes des deux groupes se rassurent : « l’indépendance financière des deux groupes reste préservée », affirme Christophe Rollet. Et leurs valeurs également. « Mobivia reste une société avec un actionnariat familial qui lui assure une stabilité », confirme Christophe Ribault, « et Point S ne changera pas son identité de réseau d’indépendants fédérés actionnaires de la société », précise Christophe Rollet, ce qui est important pour éviter que des investisseurs extérieurs n’investissent l’un ou l’autre des deux groupes, selon les deux hommes.

Cette alliance d’achat est également un levier de soutien à la croissance mondiale des deux groupes, et à la compétitivité des centres de chaque enseigne sur leurs marchés respectifs. « C’est avant tout l’alliance d’entreprises de cultures proches », résume Christophe Ribault. La porte n’est pas fermée à un troisième acteur à l’avenir, mais il faudra sans doute partager les valeurs des deux groupes pour espérer l’ouvrir vraiment. En attendant, l’activité de la joint venture va rapidement débuter, car les deux dirigeants entendent lancer les négociations avec les fournisseurs en décembre prochain, et les boucler en début d’année 2016.

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