Les femmes, avenir d’Autobacs !

C’est encore trop rare dans le monde de l’après-vente pour ne pas être souligné : c’est une femme qui reprend les rênes de la filiale française d’Autobacs. Dans ses objectifs commerciaux, elle tentera de rendre les centres plus attractifs pour la gent féminine…

Toshio Kitamura et Agnès Darnac qui lui succède au poste de directeur général d’Autobacs France.

Le 17 novembre 2015, Toshio Kitamura, directeur général d’Autobacs France, a présenté officiellement son successeur. Il s’agit d’Agnès Darnac, jusque-là secrétaire générale administration et finances du groupe.

Arrivé en France en 2010, suite au début de la récession de 2008, T. Kitamura a maintenu le cap de l’entreprise dans un contexte tourmenté et particulièrement concurrentiel. En 2011, notamment, les résultats d’exploitation étaient rétablis, même si l’enseigne allait affronter de nouvelles difficultés par la suite. En tout état de cause, l’actuel directeur général laisse sa place avec un bilan 2015 positif puisque Autobacs a renoué cette année avec les bénéfices.

C’est donc A. Darnac qui prend en main la direction générale dès le 1er décembre 2015. Après des études à l’EM Strasbourg et un DESCF en poche, elle a entamé une carrière de 10 ans chez PriceWaterhouse avant de rejoindre Bang & Olufsen. C’est en 2011 qu’elle entre chez Autobacs avant d’être nommée à son poste actuel en 2012.

Action plus que représentation

La nouvelle dirigeante veut insuffler un vent nouveau à l’enseigne nippone. Du reste, sa nomination n’est pas fortuite, car «les Japonais sont plus dans l’action que dans la représentation et, justement, je suis dans l’action et le collectif», assène-t-elle. Pour cela, A. Darnac veut aller à la rencontre des automobilistes féminines. Si le credo n’est pas nouveau –dès le début de la «nouvelle distribution», les femmes étaient l’un des enjeux de croissance–, il n’a jamais réellement été correctement exploité, ni même spécifiquement mis en place. Seuls nombres de MRA ont réussi dans ce domaine en créant un véritable climat de confiance avec les consommatrices.

Autobacs veut donc conquérir ce marché car «nous n’avons que 10% de femmes dans notre clientèle, alors que l’automobile est utilisée à parité entre les femmes et les hommes», assure la DG. Et pour cela, il faut que l’enseigne soit en mesure de redonner confiance à une clientèle dont on abuse de la méconnaissance technique.

Un champ miné

Mais il faut aussi réorganiser les centres et, pour la dirigeante, plus particulièrement les zones d’attente. Pour cela, A. Darnac n’exclut pas d’installer des téléviseurs avec dessins animés pour les enfants, tablettes tactiles, jeux, etc. Selon elle, il faut aussi revoir la signalétique interne, car ses remarques s’appuient aussi sur une enquête BVA réalisée dans cette perspective et qui souligne que la plupart des femmes ne vont pas spontanément au fond des grandes surfaces pour automobiles. Pourquoi ? Parce qu’elles entrent dans l’inconnu, «comme si c’était un champ miné !». Il faut donc «aider les femmes à gagner leur indépendance dans l’entretien automobile», estime A. Darnac.

Pour établir un climat de confiance, il faut aussi que le personnel soit proportionnel à la situation. Or, dans les Autobacs, s’il y 22% de femmes en magasin, il y en a zéro en atelier. La féminisation plus sensible des équipes commerciales et techniques est donc dans l’air du temps. Et surtout pour la partie technique, où il y a beaucoup de places à prendre (à bon entendeur…).

«Ce n’est pas un challenge de rupture, mais bien un ingrédient de l’ADN d’origine ; ce qui sera bon pour la clientèle féminine sera d’autant plus profitable pour les clients masculins», poursuit-elle.

Autobacs absent d’Internet !

Encore faut-il toucher une clientèle de proximité très diversifiée. Or, avec seulement 11 magasins implantés principalement en Île-de-France, Autobacs doit sortir du lot pour s’octroyer des parts de marché. C’est pour cela qu’il n’est pas exclu d’ouvrir d’autres points de vente pour un meilleur maillage, peut-être avec des surfaces plus réduites, même si une dizaine de baies de service seraient toujours dans les plans.

Mais il y a aussi un autre problème à résoudre : celui de la présence de l’enseigne sur Internet. En effet, Autobacs ne dispose pas d’un site où l’on peut s’informer, réserver ses prestations et commander des pièces. Pour le moment, si les magasins font en moyenne 85% de vente de produits pour 15% de prestation (dont la révision constructeur), le réseau n’exclut pas non plus de devenir partenaire de montage pour d’autres, seulement si l’origine de la pièce à monter est parfaitement identifiée. Peut-être un autre moyen d’augmenter sensiblement un CA global qui se monte aujourd’hui à 70 M€ pour 450 personnes…

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