Après-vente : la grande peur de la baisse des prix

Les équipementiers sont quelques uns à le reconnaître : depuis plusieurs années, les augmentations de tarifs ont compensé, en valeur, le recul lent et régulier des volumes de pièces vendues.

Tel est «prix» qui croyait prendre…
Ces augmentations de tarifs régulières ont eu plusieurs origines. Certaines pièces sont devenues plus complexes en cumulant des fonctions jusqu’alors séparées (disques avec roulement intégré, pièces avec capteurs intégrés, etc.) ; d’autres ont été plus sensibles à l’augmentation du prix des matières premières (batteries, catalyseurs…) et d’autres, enfin… ont tout bonnement augmenté pour des raisons, disons, plus pragmatiquement financières (comme par exemple les pièces de carrosserie)…

Ces bonnes ou moins bonnes raisons de pousser le curseur des tarifs ont en tout cas eu la vertu de masquer, depuis plusieurs années, une réalité structurelle du marché de l’après-vente : le recul du volume des entrées-atelier qui baisse lentement depuis 2005 et a même dévissé sous les 40 millions par an en 2009 sans vraiment remonter en 2010 et 2011.

Inévitablement, le volume global des ventes de pièces en a pâti ; mais les augmentations de tarifs ont pu maintenir, bon an mal an, un semblant de progression ou de stagnation.

Retour brutal sur terre
Mais en matière de pièces auto comme en matière de capitalisation boursière, les arbres ne grimpent pas indéfiniment jusqu’au ciel. Le retour de la crise a de nouveau ralenti l’activité économique en général et celle des ateliers en particulier. Et les équipementiers savent que l’élasticité des tarifs ne servira plus de variable d’ajustement en 2012 : l’élastique est trop tendu, depuis trop longtemps. Sur fond d’une guerre des prix qu’ils craignent inévitables, ils s’attendent même à voir les tarifs dévisser.

En réalité, ces tarifs ne feront que revenir à une valeur «normale» qui rejoindra le marché «normal». Mais le retour sur terre lié à ce réajustement risque d’être spectaculaire et du coup, brutal. Résultat probable : l’année va possiblement paraître très difficile alors même qu’elle ne s’annonce, elle aussi, que «normale» ou en tout cas bien moins préoccupante que n’a été la triste année 2009.

Si ce « réajustement » tarifaire s’avère dans ce climat général déjà trop pessimiste, on risque d’ajouter une peur irraisonnée aux tensions structurelles du marché. On a bien besoin de ça…

2 commentaires concernant “Après-vente : la grande peur de la baisse des prix”

  1. En réponse à Mr GOURDAIN,la baisse des prix des pièces n’est pas la bonne solution: notre parc client n’évolue pas, donc le marché de la réparation reste identique, voire en diminution. Comme le parc de véhicule vieillit, les réparations carrosseries seront plus faible.

  2. La baisse du prix des pieces, je trouve ça bien. Cela devrait faire baisser le montant du pied de facture. Bonne chose pour nos clients et pour nous, en nous permettant de faire plus de volume, et donc d’augmenter nos entrées-atelier…

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