Stations-service: pourquoi il faut sauver le pompiste rural…

Etranglées par des marges n’excédant pas 1 à 2 centimes par litre et submergées par des mises en conformité toujours plus exigeantes et coûteuses, les petites stations-service de proximité sont en situation de survie précaire. Mais il n’y a pas urgence qu’en leur nom : leur destin engage aussi celui de tout le tissu économique et social qu’elles irriguent.  «Les 60% de Français qui ne peuvent se passer de leurs automobiles pour travailler et s’approvisionner sont justement ceux des 97% de communes françaises de moins de 2 000 habitants (soit 35 000 communes) qui sont très majoritairement alimentées par ces seules « petites » stations et leurs 20 000 emplois», explique Aliou Sow, secrétaire général de la fédération des artisans auto.

En l’occurrence, l’argument de la F.N.AA, qui qualifie ces stations de «véritable service d’utilité publique», a un poids certain : dans ces zones, souligne-t-elle, «les stations-service constituent même parfois, au-delà du ravitaillement vital en carburants, le dernier commerce assurant la cohésion de la communauté».

C’est ce que la fédération des artisans automobiles est allée ré-expliquer le 30 août dernier au ministère de l’Economie. A l’ordre du jour : évoquer cette dramatique situation des détaillants en carburants, souligner l’impact inévitable qu’aurait la disparition des stations-service traditionnelles sur le paysage économique et social si rien n’est rapidement entrepris tout particulièrement dans les zones rurales et bien sûr, apporter des propositions pour endiguer ce naufrage rural et suburbain de la distribution de carburants en France.

Il faut de l’argent et un projet
Première urgence : « recapitaliser » le CPDC (Comité Professionnel de la Distribution de Carburants) qui a effectivement vocation à octroyer des aides pour le développement et la mise aux normes des stations-service. Mais il est débordé par la situation : «son budget a subi des baisses drastiques (-25% sur un an, -45% sur deux ans) qui l’empêchent de soutenir la profession», constate la F.N.AA. Résultat : un stock de… 2 400 dossiers en attente, une dotation pour 2012 (3,55 millions d’euros) déjà quasiment épuisée et un délai de 3 ans en moyenne pour instruire un dossier. «Pour toutes ces raisons, le CPDC ne permet de répondre, au mieux, qu’à 35% des besoins du secteur», alerte la fédération qui chiffre le besoin financier réel à 10 fois plus que l’actuel budget du CPDC. Soit une enveloppe de 35 millions d’euros supplémentaires sur trois ans.

Parallèlement, la F.N.AA souhaite inscrire cette aide au CPDC dans un plus vaste Contrat d’Avenir (voir « la FNAA demande au gouvernement un contrat d’avenir pour les détaillants« ) qui, sur le modèle de celui qui accompagne les débitants de tabacs, permettra de réunir toutes les parties prenantes (dont d’ailleurs les maires que la F.N.AA appelle à se mobiliser) pour pérenniser la présence des stations-service partout en France…

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La rédaction