Pneus usagés – Aliapur : valorisation et éco-contribution

Après une année record en termes de collecte, Aliapur entend intensifier la valorisation matière des pneus et maintenir la pression sur les fraudeurs à l’éco-contribution…

Crédit photo : ALIAPUR

Crédit photo : ALIAPUR

Mardi dernier, Aliapur a dévoilé son rapport d’activité pour 2015. Une année qui aura été synonyme de records pour l’organisme en charge de la collecte de et de la valorisation des pneumatiques usagés. En effet, avec 320 378 tonnes de pneus collectés – soit plus que les objectifs initiaux d’Aliapur (la commande initiale des metteurs sur le marché s’élevait en effet à 316 142 tonnes)-, toutes les catégories de pneus collectés ont progressé en volume. Ce tonnage représente l’équivalent de 42,3 millions de pneus tourisme. Du jamais vu ! Quelque 130 000 opérations de collecte sur l’année par les 29 collecteurs agréés auprès de 40 000 points de vente ont été nécessaires… Et pour l’année en cours, l’objectif assigné à l’organisme par ses actionnaires manufacturiers est la collecte de 330 000 tonnes de pneus !

Autre actualité de l’organisme en 2015 : un audit de la Cour des Comptes. Si quantité d’éco-organismes ont été audités en l’année dernière, Aliapur, bien que société privée encore à ce jour (elle fonctionne sans argent public et ne sera juridiquement apparenté à un éco-organisme qu’à compter du 1er janvier 2020), a elle aussi subi les enquêtes fouillées des hauts fonctionnaires. Et à la différence de certaines autres filières, la Cour des Comptes n’a pu que constater la transparence et la solidité du fonctionnement de l’entreprise. Un satisfecit…

La valorisation matière s’intensifie…

En matière de valorisation, 2015 restera également comme une année charnière : celle ou la valorisation matière des pneus usagés a dépassé la moitié des tonnages collectés. Car si la valorisation énergétique a représenté 43,53% des volumes de collecte, la combustion des pneus dans les cimenteries (plus de 170 000 tonnes livrés par Aliapur en 2015) permet aussi une valorisation matière ! Comment ? La combustion du pneumatique n’élimine en fait que le carbone présent dans l’enveloppe (pour une valorisation énergétique), mais le fer, la silice, le souffre ou encore le zinc –toutes ces matières inorganiques entrant dans la composition du pneu- restent présents dans le clinker, qui est un des composés du ciment. En fait, la combustion en cimenterie de pneus usagés génère une valorisation matière à hauteur de 23,75%. Et devient de fait une voie de valorisation mixte énergétique et matière…

Résultat : la voie de valorisation matière a atteint 56% en 2015. «Nous avons dépassé l’objectif que l’État nous avait assigné : parvenir à utiliser 50% des volumes collectés par une valorisation matière, se réjouit Hervé Domas, directeur général d’Aliapur. Mais nous allons aller plus loin et ambitionnons de parvenir à une valorisation matière représentant 60% des pneus usagés collectés.»

Autre sujet de satisfaction : le produit «Aglostic». Élaboré en partenariat avec une société de Nouvelle-Calédonie, Aedes, Aglostic est en fait un procédé de filtre-bouchon installé dans les gouttières d’habitation qui empêche les moustiques d’y pondre leurs larves. «Ce partenariat nous a permis non seulement de trouver un débouché aussi nouveau qu’utile à un problème de santé publique (NdlR : le système empêche la prolifération des vecteurs de virus comme le zika, la dengue ou le chikungunya), mais il nous a totalement fait repensé notre modèle : il faut associer le plus en amont possible nos compétences en R&D et celles d’industriels en matière de conception et de fabrication pour garantir de vrais débouchés commerciaux», explique le directeur général.

… de même que la chasse aux fraudeurs à l’éco-contribution !

Elle fut lente à se mettre en place, mais la chaine est désormais lancée… Le nouveau décret 2015-1003 paru au Journal Officiel le 18 août «relatif à la gestion des déchets de pneumatiques» pour se substituer au décret fondateur de la filière datant de 2002, vient encadrer un peu plus la collecte des pneus usagés. Et grave définitivement dans le marbre de la loi, au travers de son arrêté d’application, le principe de sanction financière pour tout metteur sur le marché de pneumatiques qui ne se serait pas acquitté de l’éco-contribution. La suite allait rapidement venir, avec notamment deux fraudeurs ‘pincés’ par le Ministère de l’Écologie en début d’année. D’autres condamnations pécuniaires «particulièrement dissuasives» devraient venir selon l’organisme de collecte, car ce ne serait pas moins de 20 000 tonnes de pneus qui annuellement, débarqueraient sur le marché. Outre un évident problème écologique, les metteurs sur le marché de ces pneus génèrent aussi une concurrence déloyale vis-vis de ceux qui s’acquittent de cette taxe (NdlR : 1,25€ pour un pneu VL, 9,10€ pour un pneu PL) et participent de ce fait au financement de la filière de collecte et de valorisation.

Pour lutter contre ces agissements, «facilités par l’internationalisation du marché et sa digitalisation notamment, qui rend les contrôles toujours plus difficiles» selon Serge Bonnel, président directeur général d’Aliapur, l’éco-organisme milite pour l’introduction d’une ligne séparée sur la facture d’achat des pneus mentionnant l’acquittement de l’éco-contribution. Une transparence utile, pour plus d’équité et une meilleure information du consommateur…

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La rédaction