Enquête sectorielle sur l’après-vente: la colère de la « Fiev du lundi noir »

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Communiqué de la Fiev

Lundi 8 octobre après-midi, en plein Mondial de l’Automobile, l’onde de choc a atteint la Fiev d’autant plus violemment que son stand est à quelques encablures seulement de l’espace CCFA, épicentre du phénomène. C’est là que se tenait une conférence de presse « réactionnelle » aux conclusions de l’Autorité de la concurrence (ADLC) et commune au CCFA, au CNPA et à la SCIAM (constructeurs, distributeurs et importateurs d’automobiles). Une conférence de presse durant laquelle les trois organisations professionnelles perdaient toute mesure en dénonçant leurs petits camarades fournisseurs d’une très inattendue et vilaine façon.

Mauvais camarades
Qu’on en juge : comme le feraient de sales gamins pris en flagrant délit et trahissant leurs camarades pour se faire lâcher l’oreille, ils ont ainsi montré du doigt les «ententes entre équipementiers révélées depuis 16 mois par les enquêtes de concurrence de toutes les autorités sauf de l’Autorité française de la concurrence» (voir aussi « Les constructeurs vers un nouveau recours« ). En qualifiant ces ententes de « vrais problèmes de concurrences non instruits« . On peut difficilement faire moins solidaire…

Le coup a été rude, même s’il a pu être inspiré par les velléités connues de la Fiev (et mal digérées par les constructeurs) pour la fin du monopole des pièces de carrosserie (voir nos articles sur le sujet). Et si on n’avait pas encore bien compris pourquoi la Fiev n’était pas associée comme elle aurait pu et dû l’être à cette réponse médiatique commune et réputée venant de toute «la filière automobile à l’Autorité de la concurrence», l’explication est arrivée d’elle-même…

Linge sale en famille
Du coup, le Mondial a pris des allures de conseil de famille autour de ce que d’aucuns qualifiaient de diffamation. On ne peut à la fois défendre une filière nécessairement solidaire entre constructeurs et équipementiers et, au premier coup de tabac, essayer d’orienter la foudre vers les sous-traitants… sans risquer de s’attirer celle de ces derniers.

A la Fiev, on ne souhaitait évidemment pas commenter, fidèles à cette tradition de discrétion et de dignité industrielles qui préside, depuis la nuit des temps automobiles, au statut de fournisseurs en Cour près les rois-constructeurs. Une tradition que ces derniers savent il est vrai entretenir par la seule force tranquille de leurs puissants carnets de commandes : il est des sceptres souverains qui savent inspirer terreur et respect…

Communiqué cinglant
Pourtant il y a eu exception à cette règle. Le ton et le contenu du communiqué que la Fiev produisait au lendemain de cette « trahison » en dit long sur les règlements de compte, eux aussi discrets et dignes, qui se sont déroulés dans la chaleur moites des stands transformés en autant de rings.

La Fiev s’est ainsi félicitée des recommandations de l’ADLC ouvrant possibilité aux équipementiers «de commercialiser plus librement les pièces de rechange en général» et proposant une «plus grande facilité d’accès, pour les opérateurs indépendants, aux informations techniques nécessaires à l’entretien et à la réparation des véhicules».

Elle confirmait son quasi-crime de lèse-majesté constructeur en réaffirmant même son souhait «de voir adopter une clause de réparation immédiate et sans contrepartie au profit des seuls équipementiers qui développent et produisent des pièces d’origine ou de qualité équivalente». On ne peut guère faire plus hérétique aux dogmes monopolistiques des constructeurs…

La fédération des fournisseurs aurait-elle réaffirmé aussi vertement sa position si la veille, les constructeurs n’avaient ainsi mis leurs vassaux en fâcheuse et humiliante posture ? On ne le saura jamais. En tout cas et pour bien montrer qu’elle souhaitait relever l’affront de la veille, la Fiev a conclu son lapidaire communiqué en n’estimant pas «avoir à s’exprimer sur la méthodologie utilisée pour la conduite des travaux [NDLR : de l’Autorité, terrain sur lequel se sont essayé sans grand succès les constructeurs] et ne s’associe donc d’aucune manière à quelque déclaration que ce soit sur ces sujets». Suivez son regard noir…

Tous nos articles depuis le début de l’enquête sectorielle de l’ADLC

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