Enquête sectorielle sur l’après-vente: La FNAA s’alerte sur les marges et la MO

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La FNAA (Fédération Nationale des Artisans de l’Automobile) a bien sûr elle aussi réagi à l’avis définitif de l’Autorité de la concurrence (ADLC). Sans surprise, elle a accueilli favorablement les 5 points que l’ADLC a identifiés comme freins à la concurrence dans l’après-vente en saluant «le travail d’analyse et de compréhension des mécanismes concurrentiels qui structurent la rechange et la réparation traditionnelles», a-t-elle expliqué en préambule de son communiqué.

Sur le point n°1 qui a déclenché la colère des constructeurs (voir «les constructeurs vers un nouveau recours») et qui traite du lourd dossier de la fin du monopole des pièces de carrosserie, la FNAA se dit satisfaite «de voir l’ADLC considérer que le monopole des pièces captives ne présente pas de justification suffisante pour prétendre perdurer». Elle valide dans la foulée le scénario d’ouverture progressive du marché pour«permettre à la filière industrielle de s’organiser», constructeurs, équipementiers… et réparateurs compris.

Attention aux marges !
Car la FNAA n’est pas dupe des dangers et risques induits par les conclusions de l’ADLC. Elle craint que les réparateurs-carrossiers ne paient les pots cassés de cette inévitable libéralisation. Elle espère que la progressivité de l’ouverture du marché puisse ainsi «permettre aux artisans de la réparation-collision, eux aussi, de gérer progressivement le nécessaire rééquilibrage entre la baisse de chiffre d’affaires induite par la baisse attendue des pièces de carrosserie et celle concomitante de leur marge calculée en pourcentage de la valeur des dites pièces».

On comprend son inquiétude et son raisonnement. Actuellement, les pièces de carrosserie concèdent très souvent des marges faibles aux réparateurs. Pourquoi effectivement les constructeurs donneraient-ils une marge «normale» sur des pièces quasiment introuvables ailleurs que chez eux alors qu’ils peuvent, sans être concurrencés, s’en adjuger un maximum ? Si le marché s’ouvre à la concurrence, les fournisseurs de pièces hériteront de cette situation au détriment des réparateurs qui verront non seulement cette faible marge probablement perdurer, mais sur des pièces qui, concurrencées, baisseront de 10 à 30% selon les cas, dégradant du coup la marge relative au prix…

CQFD : les carrossiers, déjà asphyxiés par la pression sur leurs taux horaires, n’ont effectivement pas besoin de perdre à terme le peu d’oxygène que leur insuffle la marge actuelle sur les pièces de carrosserie. «La FNAA considère que les artisans-carrossiers ne peuvent être la variable d’ajustement de la fin d’un monopole sur des pièces dont le taux de marge est déjà notoirement inférieur à celui des pièces concurrencées, les constructeurs profitant de leur monopole pour en fixer unilatéralement le taux à leur propre avantage et à celui de leurs réseaux distributeurs.»

La FNAA, qui pour l’instant est la seule à dénoncer ce danger pour les carrossiers, n’a pas l’intention de lâcher le morceau : «si la préconisation de l’ADLC est retenue par le législateur, [elle] sera d’une grande vigilance pour qu’advienne un rééquilibrage harmonieux entre baisse de CA et préservation des marges

Danger sur la main d’œuvre
Ce n’est pas le seul motif d’inquiétude qu’inspire l’avis de l’ADLC à la FNAA. Elle avait déjà trouvé, dans les conclusions provisoires de mars dernier, que l’Autorité accordait trop de bons points aux assureurs et à leur capacité à obtenir des taux de main d’œuvre en carrosserie «très inférieurs aux taux horaires pratiqués sur les autres segments de l’entretien-réparation». Elle s’en est émue auprès de l’Autorité qui n’en a pas tenu compte, réitérant son émerveillement pour le résultat des assureurs. «Elle oublie que ce résultat est le fruit de constantes attitudes flirtant avec l’abus de position dominante», s’agacent en chœur Gérard Polo et Serge Valet, respectivement président de la FNAA et président de la branche carrosserie, qui précisent avec malice qu’un tel oubli «est un comble pour l’Autorité dite de la concurrence»…

Et tous deux s’inquiètent de l’impact que pourrait avoir, auprès d’un législateur avant tout soucieux du pouvoir d’achat du consommateur, un tel « faux exemple » que celui des assureurs sur la maîtrise de la main d’œuvre, exemple d’autant plus dangereux que la même ADLC note au détour de ses 200 pages que les taux de main d’œuvre ont déjà augmenté de 44% entre 2000 et 2011.

Bref : la FNAA s’inquiète que les conclusions de l’ADLC n’annoncent une offensive consumériste contre la main d’œuvre. Ce qui semble effectivement possible. Et probablement aussi injuste que malvenu (voir «la main d’œuvre en danger?»)…

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SCHULZ Laure 12a21, 12A21 11.9999

La FNAA (fédération Nationale des Artisans de l’Automobile) a bien sûr, elle aussi réagi à l’avis définitif de l’Autorité de la concurrence (ADLC). Sans surprise elle a accueilli favorablement les 5 points que l’ADLC a identifiés comme freins à la concurrence dans l’après-vente en saluant «le travail d’analyse et de compréhension des mécanismes concurrentiels qui structurent la rechange et la réparation traditionnelles», a-t-elle expliqué en préambule de son communiqué.

Sur le point n°1 qui a déclenché la colère des constructeurs (voir «les constructeurs vers un nouveau recours») et qui traite du lourd dossier de la fin du monopole des pièces de carrosserie, la FNAA se dit satisfaite «de voir l’ADLC considérer que le monopole des pièces captives ne présente pas de justification suffisante pour prétendre perdurer». et valide e scénario d’ouverture progressive du marché pour«permettre à la filière industrielle de s’organiser», constructeurs compris… et réparateurs.

Attentions aux marges!

Mais la FNAA n’est toutefois pas dupe des dangers et risques induits par les conclusions de l’ADLC. Elle craint que les réparateurs-carrossiers ne paient les pots cassés de cette inévitable libéralisation. Elle espère ainsi que la progressivité de l’ouverture du marché puisse «permettre aux artisans de la réparation-collision, eux aussi, de gérer progressivement le nécessaire rééquilibrage entre la baisse de chiffre d’affaires induite par la baisse attendue des pièces de carrosserie et celle concomitante de leur marge calculée en pourcentage de la valeur des dites pièces».

On comprend son inquiétude et son raisonnement. Actuellement, les pièces de carrosserie concèdent très souvent des marges faibles aux réparateurs. Pourquoi effectivement les constructeurs donneraient-ils une marge «normale» sur des pièces quasiment introuvables ailleurs que chez eux alors qu’ils peuvent, sans être concurrencé, s’en adjuger un maximum?

Si le marché s’ouvre à la concurrence, les fournisseurs de pièces hériteront de cette situation au détriment des réparateurs qui verront non seulement cette faible marge probablement perdurer, mais sur des pièces qui, concurrencées, baisseront de 10 à 30% selon les cas, dégradant du coup la marge relative au prix…

CQFD : les carrossiers, déjà asphyxiés par la pression sur leurs taux horaires, n’ont effectivement pas besoin de perdre à terme le peu d’oxygène que leur insuffle la marge actuelle sur les pièces de carrosserie. «La F.N.AA considère que les artisans-carrossiers ne peuvent être la variable d’ajustement de la fin d’un monopole sur des pièces dont le taux de marge est déjà notoirement inférieur à celui des pièces concurrencées, les constructeurs profitant de leur monopole pour en fixer unilatéralement le taux à leur propre avantage et à celui de leurs réseaux distributeurs.»

La F.N.AA, qui pour l’instant est la seule à dénoncer ce danger pour les carrossiers n’a pas l’intention de lâcher le morceau: «si la préconisation de l’ADLC est retenue par le législateur, [elle] sera d’une grande vigilance pour qu’advienne un rééquilibrage harmonieux entre baisse de CA et préservation des marges.»

Danger sur la main d’œuvre

Ce n’est pas le seul motif d’inquiétude qu’inspire l’avis de l’ADLC à la FNAA. Elle avait déjà trouvé, dans les conclusions provisoires de mars dernier, que l’Autorité accordait trop de bon point aux assureurs et à leur capacité à obtenir des taux de main d’œuvre en carrosserie «très inférieurs aux taux horaires pratiqués sur les autres segments de l’entretien-réparation». Elle s’en est émue auprès de l’Autorité qui n’en a pas tenu compte, réitérant son émerveillement pour le résultat des assureurs. «Elle oublie que ce résultat est le fruit de constantes attitudes flirtant avec l’abus de position dominante», s’agacent en chœur Gérard Polo et Serge Valet, respectivement président de la FNAA et président de la branche carrosserie, qui précisent avec malice qu’un tel oubli «est un comble pour l’Autorité dite de la concurrence»…

Et tout d’eux s’inquiète de l’impact que pourrait avoir auprès d’un législateur avant tout souscieux du pouvoir d’achat du consommateur un tel «faux exemple» sur la maîtrise de la main d’œuvre, exemple d’autant plus dangereux que la même ADLC note au détour de ses 200 pages que les taux de main d’œuvre ont déjà augmenté de 44% entre 2000 et 2011.

Bref la FNNA s’inquiète que les conclusions de l’ADLC n’annonce une offensive consumériste contre la maind’œuvre. Ce qui semble effectivement possible. Et probablement malvenu (voir «la main d’œuvre en danger?)

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À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

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