Huiles usagées : vers une autre crise de la collecte ?

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A l’approche des grands départs en vacances, les grands medias nationaux s’en sont fait l’écho cette semaine : la facture de l’automobiliste pour la vidange de son véhicule va prochainement augmenter en raison d’une nouvelle taxe concernant la collecte de son huile usagée.

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Mardi dernier, nos confrères du Parisien, relayés dans la foulée par ceux du Figaro, ont annoncé une future hausse du prix d’une vidange pour leur véhicule. En cause : la collecte des huiles usagées dans les garages -jusqu’ici gratuite- va devenir payante pour les professionnels d’ici la fin du mois de juillet et la promulgation d’un arrêté ministériel en ce sens. Par effet domino, ces mêmes professionnels vont donc devoir répercuter ce coût sur la facture de leurs clients automobilistes…

Rien de bien méchant, la hausse moyenne annoncée étant de 70 centimes pour une vidange correspondant à 5 litres d’huile. Reste que cette annonce ne participe pas vraiment à la détente des relations entre les professionnels de l’entretien-réparation et des automobilistes pour qui l’entretien auto est plus que jamais scruté pour tenter d’en contenir la hausse.

Une crise qui ne date pas d’hier

Petit retour en arrière. Dès février dernier, le CNPA alertait les professionnels sur la survie de la cinquantaine de sociétés agréées pour la collecte des huiles, ne pouvant plus couvrir les coûts du ramassage avec la vente des huiles régénérées car la valorisation des huiles usagées coûtait plus cher que les produits neufs du fait de la dégringolade du prix du pétrole. L’organisation professionnelle annonçait en outre avoir saisi le ministère de l’Écologie sur le sujet pour demander à ce que la filière puisse facturer cette collecte, comme cela est pratiqué dans d’autres pays de l’Union européenne. Faute de quoi, certaines des entreprises spécialisées dans le ramassage pourraient ne pas survivre au-delà du premier trimestre 2016…

L’équilibre de la filière est en effet plus que précaire : en quinze mois, le prix de la tonne d’huile usagée que paient les régénérateurs aux collecteurs a été divisée par trois, passant de 211,20 € en janvier 2015 à 75,42 € en avril dernier selon Le Parisien… Plus vraiment rentable, au point que les collecteurs, soit ne passent plus dans les garages, soit facturent la collecte sous la mention de «prestations annexes» (NdlR : en attendant la promulgation du futur arrêté, la collecte payante est en théorie interdite), allant même jusqu’à «imposer des contrats avec des engagements d’un an minimum», révèle dans les colonnes du quotidien Estelle Boucly, chargée de mission environnement à la FNAA !

Pros et consommateurs «pris en otage»

Vue du côté du consommateur, la future mesure a également de quoi surprendre : les huiles sont en effet d’ores et déjà taxées par l’État au travers de la TGAP, ou taxe générale sur les activités polluantes. Si l’argent rentre dans les caisses de l’État, son affectation semble quant à elle aussi transparente que de l’huile usagée… Toujours est-il que, fin juillet, l’automobiliste sera taxé à deux reprises : lors de l’achat de son huile, et lors de sa vidange.

Du côté des garagistes, en attendant la fin du mois de juillet et une facturation qui deviendra donc légale pour les entreprises agréées, certains se retrouvent avec un stock de déchets sur les bras, soit parce qu’ils refusent de payer soit parce que les collecteurs refusent purement et simplement de venir ramasser leur huile usagée. Les conteneurs se remplissent dangereusement d’autant que les départs en vacances approchent…

Va-t-on assister à un « remake » de 2010, année de la désormais fameuse «crise de la collecte des pneumatiques usagés» où les professionnels voyaient les vieux « boudins » s’entasser dans leur garage ? Au-delà des problèmes très pratiques de « gestion » de ces vieux pneus, un autre problème se posait en matière de santé publique et d’environnement. Aujourd’hui, le risque est au moins aussi important sur le plan environnemental. Car des professionnels pourraient être tentés de se débarrasser de l’huile non collectée. Or, ces déchets s’avèrent particulièrement polluants, un petit litre d’huile pouvant contaminer une étendue d’eau jusqu’à 1 000 m² !

Une réunion doit être organisée au ministère de l’Écologie et du Développement Durable à la rentrée avec les parties prenantes de la filière. Soit lorsque l’arrêté sera officiellement entré en vigueur…

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3 Commentaires concernant “Huiles usagées : vers une autre crise de la collecte ?”

  1. ils n’ont qu’à augmenter la tgap comme ça on paye qu’une fois sinon on va remettre les huiles noires dans un bidon et la rendre au client, mais le vrais problème c’est toujours l’état voyou qui ne reversent pas la tgap aux recycleurs

  2. Hors de question de payer!!!
    Pour 2000 litres les sociétés nous réclament 300 € pour collecter ce qui représente 0,15 € du litre huile.
    On va finir par se chauffer avec ces déchets, qui de toute façon finissent en partie incinérés !

  3. une taxe pour les produits polluants propres et une pour les sales. A quand la taxe sur la connerie? il y aurait de quoi remplir les caisses!!!!!!!!!!!!

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